Une nécessité - la promotion des femmes dans les domaines techniques

Par L'équipe | 27 février 2007

Pour citer cet article : L'équipe, “Une nécessité - la promotion des femmes dans les domaines techniques”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 27 février 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/129, consulté le 18 juillet 2019
iewiinarticle.pngLes femmes rattrapent largement depuis demi siècle leur capital scolaire. Nous les retrouvons parfois plus nombreuses que les hommes dans les salles de cours. Mais est-ce que leur accès est libre et égal dans tous les domaines? EUWIIN travaille pour une meilleure distribution des chances et la reconnaissance des femmes par leur talent et leur capacité créative. 

Si vous faites l’expérience d’entrer dans une bibliothèque, endroit autrefois interdite aux femmes, vous pourrez constater que le nombre de représentantes de ce genre n’est guère moindre que celui des hommes : les femmes rattrapent largement depuis demi siècle leur capital scolaire. Ce n’est pas qu’avec des applaudissements que ces droits ont été obtenus, mais la renonciation aux corsets et aux robes à jupon ont eu leurs propres coûts. Après des années de protestations dans les rues, de négociations et de travail législatif, est-ce que les femmes sont véritablement les égales des hommes ?

Pour donner une réponse à cette question, l’exemple le plus parlant est peut être celui lié à la présence des femmes sur les bancs des universités, parfois plus nombreuses que les hommes. A première vue, l’égalité des droits est réellement respectée. Mais cette avalanche de femmes diplômées accroît la compétition et réduit aussi leurs chances à l’embauche. Il ne faut pas non plus ignorer que leur présence est majoritaire dans des domaines plutôt « soft », ou si on veut « essentiellement féminins », comme les sciences sociales ou humaines.

Si les hommes sont de plus en plus nombreux à faire la vaisselle, ce basculement s’est-il fait à l’avantage des femmes ? La hiérarchisation des rôles n'était pas seulement confinée au foyer, mais aussi à tout aspect de la vie sociale, qui restent en certains cas, il faut le dire, encore dominés par le sexe "fort". En apparence, les femmes ne seront pas assez douées pour occuper certaines fonctions, en particulier politiques, ou pour faire le travail des hommes dans les domaines techniques. Le ministre français de l’Education et de la Recherche l’avait bien souligné en 2005, quand dans le comité de direction du CNRS, comptant 21 membres, il avait nommé qu’une seule femme. Oui, il faut leur donner leur place aux femmes, mais il y a des limites !

Revenant au domaine de l’éducation, une initiative intéressante a été lancée en 1998 avec le GIIN qui se propose d’aider les femmes innovatrices à se perfectionner, à voir leurs inventions officiellement reconnues, à participer à des rendez-vous d’affaires et les introduisant dans des entreprises qui cherchent ce type de personnel. Le Global Inventors and Innovators Network, une association ayant le but de promouvoir, à côté des efforts de la London Metropolitan University, les initiatives des femmes dans les domaines de l’invention et de l’innovation a fait ses preuves. Depuis 2002, cette association a une branche européenne, European Women Inventors and Innovators Network (EUWIIN)

Le nombre des femmes travaillant dans les domaines techniques, dits « hard », est assez restreint : environ 30% du total des chercheurs par pays, selon les études faites par l’OCDE. Il est vrai qu’elles font des progrès pour réduire l’écart entre les genres, mais leur promotion dans des postes de pouvoir est moins fréquente que pour les hommes. En plus, pour l’espace européen, les chercheuses ne sont pas présentes à plus de 17% dans l’industrie ou les affaires, par rapport à un quota de deux tiers du nombre total de chercheurs aux Etats-Unis. Une des raisons la plus soulevée pour leur désistement aux positions clés des domaines « hard » est lié à leur position minoritaire ou au manque d’autonomie, une fois qu’elles décident avoir des enfants. Pour réduire ce type d’écart et pour stimuler la recherche et l’inventivité, les deux associations ont construit des programmes intensifs de promotion et de reconnaissance des efforts des femmes dans les différentes branches de la science.

L’association est aussi soutenue par la Baronesse Sarah Ludford au Parlement Européen, qui a proposé la mise en place d’un prix, à partir de 2007, pour les innovations et les inventions des femmes européennes. Le projet global aide à promouvoir les femmes par leur talent et sur des critères objectifs, ce qui introduit une nouvelle perspective de la lutte contre les inégalités sociales.

Les efforts d’EUWIIN et d’autres initiatives similaires ont été doublés par une motivation purement économique du marché : la compétition demande l’usage de tous les armes. Les femmes, vues auparavant comme peu productives et sans les habilités de travail des hommes, constituent un potentiel sous utilisé par rapport à la science. Entre l’égalité donnée par la loi et les impératifs de la compétitivité, les femmes réussissent à ouvrir de plus en plus des fenêtres d’opportunités dans les domaines techniques.

 
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