Une agriculture verte, le défi du 21eme siècle

Par Eurechos | 27 février 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “Une agriculture verte, le défi du 21eme siècle”, Nouvelle Europe [en ligne], Dimanche 27 février 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1040, consulté le 06 décembre 2022

Dans une tribune publiée par EurEchos, la Grèce appelle ses partenaires à doter la future politique agricole commune de nouveaux outils.

 

L’agriculture, au même titre que l’énergie, est un secteur toujours plus stratégique. L’enjeu est d’affronter l’accroissement de la population mondiale et les risques qui en découlent. Le peuple européen se doit de poursuivre les objectifs énoncés par nos Pères il y a maintenant un demi-siècle et notamment garantir la sécurité alimentaire du continent.

Durant cette longue période, bien que le monde ait considérablement évolué, les objectifs restent similaires. Les outils, eux, doivent s’adapter aux différents défis. Il a fallu à plusieurs reprises réformer la Politique Agricole Commune, il le faut aujourd’hui, et il le faudra encore à l’avenir. Gardons donc tous à l’esprit que cette étape, que les commentateurs qualifient abusément mais régulièrement de « fratricides », est nécessaire et que nos intérêts mutuels en dépendent. Chacun devra donc outrepasser ses principes idéologiques et agir avec pragmatisme pour que la Politique Agricole Commune traverse un 21ème siècle qui s’avère déjà être tumultueux.

La première des conditions à la poursuite de notre aventure agricole commune est de s’assurer que tous les Etats suivent la même ligne de conduite. Que l’Union Européenne s’exprime d’une seule voix face à nos interlocuteurs mondiaux. Qu’il n’existe qu’une agriculture complémentaire sur notre territoire et non pas 27 agricultures hétérogènes et incompatibles. En d’autres termes, que nous conservions notre marché unique. Cela implique de dépasser la réforme de 2003 et la relative renationalisation qui a eu lieu, de terminer le processus pour en arriver à un découplage complet. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser une marge de manœuvre trop large aux Etats qui, instinctivement, différencieraient nos secteurs agricoles respectifs.

A ce titre, les propositions de la Commission, garante de l’intérêt général de l’Union, nous semblent les plus légitimes et méritent particulièrement de retenir notre attention. Celle-ci semble avoir cerné les enjeux que nous devrons affronter dans les années à venir. Le 21eme siècle sera environnemental ou ne sera pas. D’où l’intérêt de favoriser le deuxième pilier et d’en accroître les crédits. La politique de développement rural ne consiste pas à subventionner des exploitations non viables, mais doit être perçue comme une aide à leur intégration au marché. Ces lieux ruraux utiliseront l’agriculture comme tremplin vers un dynamisme économique basé notamment sur le tourisme et le respect de l‘environnement.

Notre délégation appelle donc nos partenaires européens à prendre des décisions courageuses. Nous souhaitons que chacun prenne conscience de la nécessité d’accroître les fonds de la Politique agricole commune, et plus particulièrement le volet développement durable. Nous avons tous conscience que la tendance actuelle est à la réduction des dépenses, toutefois mettons en perspective le montant que représente le budget européen par rapport aux dépenses nationales, et réfléchissons aux avantages dont nous bénéficierons une fois la crise passée.