Ukraine : Timochenko, Gazprom et Moscou

Par admin | 3 octobre 2007

Pour citer cet article : admin, “Ukraine : Timochenko, Gazprom et Moscou”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 3 octobre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/286, consulté le 01 juillet 2022
contro400articleAlors que le résultat des élections ukrainiennes est toujours incertain, Gazprom a rappelé au futur Premier ministre que l'une de ses premières tâches sera bien de régler la question de la dette due au géant gazier russe. Un subtil moyen de pression ?
contro400articleAlors que le résultat des élections ukrainiennes est toujours incertain, Gazprom a rappelé au futur Premier ministre que l'une de ses premières tâches sera bien de régler la question de la dette due au géant gazier russe. Un subtil moyen de pression ?
 
Selon Ria Novosti, Igor Kotchevrine, directeur de Gazprom-export chargé des communications, a déclaré au cours d'une conférence de presse téléphonique que les livraisons de gaz à l'Ukraine commenceraient à baisser courant octobre si la dette de l'Ukraine, supérieure à 1,3 milliards de dollars, n'était pas réglée d'ici là. 
 
La contrepartie ukrainienne de Gazprom, Naftogaz, s'est déclarée surprise de cette déclaration. Si elle ne nie pas la dette, elle en conteste le montant et dit "ne pas comprendre d'où ce chiffre". 
 
Pressions amicales 
 
Au moment où la question de la formation du nouveau gouvernement ukrainien se pose, cette menace n'est rien moins qu'un rappel de Moscou du rôle prédominant qu'elle joue dans le jeu politique du pays.
S'il semble, aujourd'hui, que Viktor Ianoukovitch, le candidat proche du Kremlin, soit arrivé en tête des élections législatives, Ioulia Timochenko devrait pourtant être la seule capable de former un nouveau gouvernement en s'appuyant sur son parti, arrivé second de peu, mais aussi sur les voix du "Bloc Notre-Ukraine / Autodéfense"  du président Ioutchenko.
 
Comme nous le rappelions dans un précédent article, le candidat pro-russe malheureux Ianoukovitch avait très bien intégré dans son programme les préoccupations des industriels de l'Est du pays de ne pas aller au conflit gazier avec Moscou alors que l'hiver approche à grands pas. 
Or, le programme de politique international des Oranges, notamment d'un rapprochement avec l'OTAN, n'est pas du goût du Kremlin qui vient de le rappeler par l'intermédiaire de son "bras armé" ou, pourrait-on dire, "gazier". Selon le journal russe Kommersant du vendredi 28 septembre, l'ambassadeur de Russie en Ukraine n'aurait pas pu être plus explicite en disant que "le prix du gaz sera décidé au cours des négociations. Tout dépendra de la composition du gouvernement".
 
De 145 dollars à 230 les 1000 m3 : les bons amis font les bons comptes
 
Ainsi, selon une source haut placée au sein de Gazprom, les tarifs pourraient être maintenus de 145 à 175 dollars les 1000 m3 si Ianoukovitch restait Premier ministre à 230 dollars si Timochenko prenait sa place. Aujourd'hui, l'Ukraine paie 130 dollars les 1000 m3.
 
Il faut rappeler que si Kiev et Moscou allaient au bras de fer énergétique, les Européens de l'Ouest seraient fortement touchés : 80% du gaz russe à destination de l'Europe passe par l'Ukraine.  
 
Pour aller plus loin :