Rroms: les chemins de la dispersion

Par Liza Belozerova | 6 janvier 2007

Pour citer cet article : Liza Belozerova, “Rroms: les chemins de la dispersion”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 6 janvier 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/86, consulté le 28 septembre 2022
 
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L’année 1417 est une date clé dans l’histoire tzigane. Depuis lors, les premières traces et évidences historiques permettent aux historiens de se mettre plus au moins d’accord sur les trajets et les raisons de ces voyages. Tout ce qui précède cette date éminente est enveloppé dans le mythe et des hypothèses animent les débats de spécialistes.
Néanmoins, il est possible d’essayer d’esquisser des routes probables des Rroms de l’Inde, ce qui est considéré comme leur pays d’origine, vers l’Europe. En commençant leur route en Inde, les Rroms sont passés par l’Iran, l’Afghanistan et l’Arménie où ils se sont divisés ensuite en deux groupes principaux : la moitié est partie en Egypte et en Palestine, l’autre s’est installée dans l’Empire Byzantin d’où quelques tribus ont pris la route de l’Europe de l’Ouest.
Le manque des preuves archéologiques est compensé dans quelque mesure par les preuves linguistiques qui aident les historiens à reconstituer les trajets des Rroms. Les linguistes analysent les couches linguistiques dans la langue tzigane similaires aux langues comme le perse, l’arménien, le grec, l’allemand et les langues slaves pour retracer les chemins des Rroms. Quant aux raisons de leurs déplacements et leur mode de vie migratoire, il n’existe que des suppositions.
Avant de quitter l’Inde, les Rroms étaient au service des princes en s’occupant de l’organisation domestique des palais et en ayant sous leur contrôle divers corps de métier. Les petites guerres entre ces principautés et leurs difficultés financières poussaient les Rroms à voyager et changer souvent leurs protecteurs. On peut donc estimer que les Rroms ont donc toujours voyagé et le développement de leur communauté a élargi leur espace de migration.
Finalement, en cherchant de nouveaux débouchés économiques, quelques tribus se sont installées en Palestine et Egypte et les autres dans l’Empire Byzantin (XIIe et XIIIe siècle). Le droit byzantin est particulièrement favorable aux Rroms, des indications font preuve de leur capacité exceptionnelle d’adaptation à leur nouvel environnement : leurs métiers étaient largement demandés et ils ont accepté facilement la religion Orthodoxe. Mais ils n’arrêtèrent jamais de voyager, même au sein de l’Empire, car la nature de leurs métiers dictait toujours ce style de vie.    
 
Au XVe, siècle, l’Empire Byzantin a connu la pression turque et le territoire qu’elle maîtrisait se réduisait régulièrement, ces circonstances nouvelles poussèrent de nouveaux les tziganes sur les routes. Ils reprennent la route en cette fameuse année 1417. Les tribus tziganes connurent des divisions nombreuses en partant vers des contrées différentes. Il semble que les mesures anti-tziganes renforcèrent aussi la mobilité de ces populations.

Depuis XVe siècle et l’entrée des tziganes en Europe, leur histoire en partie douloureuse est celle d’un peuple qui voudrait faire accepter son mode de vie.

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Source principale : http://zigane.pp.ru et le livre  L’histoire des tziganes. Un nouveau regard  par N. Bessonov et N. Demeter édité par L’Académie Russe des Sciences en 2000