Roumanie. Qui sont les Tziganes ?

Par L'équipe | 8 janvier 2007

Pour citer cet article : L'équipe, “Roumanie. Qui sont les Tziganes ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 8 janvier 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/88, consulté le 07 août 2020

350px-william-adolphe_bouguereau_1825-1905_-_gypsy_girl_with_a_basque_drum_1867Qui sont les tziganes ? Une minorité faible avec peu de protection de la part de l’Etat roumain, sans moyens de vivre et possibilités de travail, avec un stigmate qui va jusqu’à l’origine de leur création comme communauté, ou population avec peu de ressources mais en les utilisant au maximum, organisés sur un système clanique qui leur offre une protection ? Etat dans l’Etat ou population ignorante à la condition inférieure? Cette question traverse tout le paysage politique roumain. 

350px-william-adolphe_bouguereau_1825-1905_-_gypsy_girl_with_a_basque_drum_1867Qui sont les tziganes ? Une minorité faible avec peu de protection de la part de l’Etat roumain, sans moyens de vivre et possibilités de travail, avec un stigmate qui va jusqu’à l’origine de leur création comme communauté, ou population avec peu de ressources mais en les utilisant au maximum, organisés sur un système clanique qui leur offre une protection ? Etat dans l’Etat ou population ignorante à la condition inférieure? Cette question traverse tout le paysage politique roumain. 

 

Le mot « tzigane » est fréquemment utilisé en Roumanie pour désigner tant les groupes de  Rroms, que les personnes mal honnêtes. C’est un stigmate qui ne nomme pas que les individus d’une communauté spécifique, mais qui désigne aussi une façon d’être et une structure intellectuelle qui ne peut jamais changer. Toute personne qu’on pourra arrêter dans la rue peut vous dire la même chose : la question des tziganes est tranchée, leur statut clair.

 

 

Provenant de la province Punjab en Inde, les tziganes sont des populations migratoires qui se trouvent un peu près dans tous les pays de l’Europe de l’Est, en grand nombre surtout en Roumanie et Bulgarie. En Roumanie, les tziganes ont eu le statut d’esclave, travaillant les terres des grands propriétaires ou des monastères, jusqu’au 19e siècle. On leur interdit les mariages mixtes et ils étaient vendus et achetés en fonction de leur poids. 

 

Après la sortie de l’esclavage, les tziganes sont retrouvés sans ressources, sans moyens de les produire et sont obligés de revenir à la situation antérieure. Leurs migrations recommencent et les familles se décomposent. Les tziganes un temps sédentarisés reprennent la route pour assurer leurs moyens de vivre : à partir des spectacles avec des ours dressés et de la chiromancie, à la fabrication des pots et au travail des métaux précieux.

 

 
 

Après 1920 il y a plusieurs tentatives d’organisation des tziganes dans des associations en vue d’obtenir des droits de la part de l’Etat. Les rapports avec l’administration ne sont pas toujours les meilleurs : le nomadisme leur est interdit après l’ordre du Ministère de la Santé, qui les considère comme possibles porteurs de typhus. Leurs chances de travailler se réduisent dans les années ’30, quand les patrons qui embauchent des tziganes musiciens doivent payer des taxes supplémentaires à l’Etat. Au début de la deuxième guerre mondiale, les tziganes sont soumis a une stratégie de déportation en Transnistrie. En 1942, 30 000 personnes ont été dépossédées et déportées. Comme la deuxième étape de la déportation, envisageant 20 000 autres personnes n’a pas eu lieu, la minorité réussit à subsister. Le Communisme sembla dans un premier temps une idéologie plus favorable aux Rroms. Le programme du Parti communiste « L’intégration des tziganes », des années 1980, leur permit l’accès à une couverture sociale minimale et à la reconnaissance d’un statut. En interdisant le nomadisme et ouvrant la possibilité de la « naturalisation », le programme intègre les tziganes plutôt en vue de leur absorption dans la nation roumaine, que de leur intégration.

 

 
 

Après la révolution, le statut de minorité tzigane est reconnu en 1990. Les  40 communautés de Rroms actuellement en Roumanie (comptant plus de 400 000 membres), sont représentées politiquement par plusieurs formations politiques et civiques. Les tziganes ne sont pas favorisés par les nouvelles lois et sont exclus du marché de travail. La dégradation du niveau de vie, la séparation et le manque de contrôle des communautés de ce type, imposa la nécessité d’une stratégie gouvernementale d’amélioration de la situation des Romes, en 2000.

 
 
 

 

Le constat dans les rues est toujours le même : les groupes de Rroms ne reconnaissent pas l'Etat, se referment sur eux-mêmes après tant d'épreuves et se laissent parfois aller à l'illégalité pour survivre (ce qui n'améliore pas leur image) . Le rappel historique a probablement mieux montré que les tziganes n’ont pas bien cohabité avec la population locale et que les préjugés des derniers n’ont pas laissé beaucoup de choix à cette minorité pour subsister. L'incompréhension est  probablement entre les deux catégories, les uns  captifs dans leur nationalisme et leur fausse supériorité et les autres persistant dans des pratiques qui se transmettent aux générations à l’avenir.

 
 

 

De peuple rêveur et détennant les clés d’un univers magique, les tziganes sont devenus les symboles de l’insécurité, une population indésirable et qui renforce l’image négative des Roumains à l’extérieur. 

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