Quatre questions à GDF Suez

Par Eurechos | 24 février 2010

Pour citer cet article : Eurechos, “Quatre questions à GDF Suez”, Nouvelle Europe [en ligne], Mercredi 24 février 2010, http://www.nouvelle-europe.eu/node/814, consulté le 06 décembre 2022

 

kenmathieugdf.jpgKenneth Mathieu, représentant de GDF Suez revient sur les événements du 13 février 2010 et la stratégie de lobbying du groupe français...

 

 

Quelle est votre stratégie ?

Nous tenons d'abord à préciser que GDF Suez reconnaît pleinement que la sécurité des approvisionnements énergétiques ressort de la compétence des états-membres et qu'il appartient à chacun d'entre eux de définir les priorités en matière de sources d'énergie à développer. Les chefs d'état et de gouvernement de l'Union européenne réunis en Conseil européen sont les seuls à même de statuer sur la question du financement du projet de gazoduc Nabucco. Dans cette optique, notre fonction consiste principalement à apporter conseil et soutien technique à chacun des états souhaitant être informé sur la dimension industrielle du projet. Nous considérons cependant que GDF Suez, en tant que compagnie gazière essentielle en Europe, est à même de participer de manière conséquente au financement du projet Nabucco. Notre récente participation à hauteur de 9 % dans le projet de gazoduc North Stream reliant l'Allemagne à la Russie par la mer Baltique est la marque de notre engagement certain en faveur d'un approvisionnement gazier à long terme en Europe véritablement fiable et conséquent.

Comment se sont déroulées les négociations du 13 février pour GDF Suez ?

La journée du samedi 13 février avait pour objet de désigner le nouveau président du Conseil européen et par conséquent allait bien au-delà de la seule problématique de la sécurité énergétique européenne. Comme nous l'avons auparavant évoqué, notre rôle s'est borné à l'assistance technique en rapport avec les différents projets gaziers européens, qu'il s'agisse de Nabucco ou des deux projets North Stream et South Stream. En ce sens, GDF Suez n'a pas particulièrement privilégié les discussions avec certaines délégations nationales au détriment d'autres, notre représentation s'est avant tout posée en tant qu'observateur lors de cette journée et a suivi de très près les négociations inter-étatiques, et ce dans l'intérêt de tous.

Etes-vous satisfaits de l'issue des négociations ? Certaines délégations se sont plaintes de parfois subir des "pressions" et d'être "harcelées" par les lobbies, que répondez-vous à ces accusations ?

Conscient des actuelles difficultés financières et matérielles rencontrées par le projet de gazoduc Nabucco et estimant que seul un partenariat solide et durable entre les états-membres de l’Union européenne soit à même de conférer au projet un avenir certain, GDF Suez se déclare satisfait que les chefs d’états et de gouvernements soient parvenus à un parfait consensus sur la question de l’élection à la présidence du Conseil européen. Il est possible que certaines délégations se soient senties troublées par notre présence à vos côtés dans les couloirs, cependant GDF Suez tient à réfuter entièrement ce type d’accusation, cela n’a pas fait parti de nos méthodes jusqu’ici et ne le sera en aucun cas lors des prochaines négociations. Nous tenons à souligner qu’il ne revenait pas à GDF Suez, en tant que société anonyme, de se prononcer en faveur de tel pays candidat à la fonction de président du Conseil européen. Conformément à la règle établie par l’article 15 du traité de Lisbonne, ce rôle est conféré aux seuls chefs d’état et de gouvernement des états-membres de l’Union européenne, et d’ailleurs nous nous félicitons que telle en fut la situation tout au long de cette journée cruciale de samedi.

Comment envisagez-vous la suite des négociations ?

La journée du 6 mars qui porte sur le financement du projet Nabucco est l'occasion pour notre société d'apporter expertise et technicité à ce débat essentiel pour l'avenir de la sécurité énergétique européenne. Nous appelons d'ailleurs dès aujourd'hui chaque délégation nationale à prendre contact avec nous et faire appel à nos services pour toute précision concernant la dimension industrielle du projet.