Présidence du Conseil : un choix d’importance pour la PAC

Par Eurechos | 18 février 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “Présidence du Conseil : un choix d’importance pour la PAC”, Nouvelle Europe [en ligne], Vendredi 18 février 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1024, consulté le 06 décembre 2022

Samedi, les chefs d'Etat et de gouvernement vont élire le nouveau président du Conseil européen. Un choix important à l’heure où les défis se multiplient pour l’UE. En premier lieu : la réforme de la politique agricole commune (PAC), dont l’enveloppe budgétaire pour la période 2014-2020 doit être établie le 5 mars. Et le choix d’une nouvelle orientation pour l’agriculture européenne sera clairement liée à l'élection du président.

Impossible, en effet, de dissocier les deux événements. La PAC est l’une des politiques communautaires les plus emblématiques. Elle représente notamment 40 % du budget de l’UE.

C’est également un point d’achoppement considérable entre les différents Etats membres. Sa réforme sera donc dans toutes les têtes samedi et chacun cherchera à avancer ses pions en vue des négociations à venir.

Divergences

Principaux bénéficiaires de la PAC, la France et l’Allemagne semblent être sur la même ligne. Le couple franco-allemand devrait se battre pour que le budget soit maintenu en l'état. Ils pourraient être soutenus par d'autres pays, comme l’Autriche, la Hongrie, l'Italie et la Slovénie.

Autres Etats, autre vison. Le groupe des « libéraux », composé du Danemark, du Royaume-Uni, du Danemark, de la Suède, des Pays-Bas et de Malte défendent de leur côté une position bien différente. Ces Etats sont favorables à une réduction du budget, voire à une re-nationalisation des prérogatives agricoles afin que la PAC se concentre surtout sur les préoccupations environnementales.

Enfin, la troisième voie est incarnée par les pays d’Europe centrale et orientale. Ces Etats pourraient faire bloc autour de la Pologne pour demander que les aides directes aux agriculteurs soient équitablement réparties entre les pays de l’Ouest et de l’Est. Dans le même temps, à l’instar des Français et des Allemands, ils ne souhaitent pas voir le budget de la PAC diminuer.

Position stratégique

Néanmoins, il y a fort à parier que le prochain président aura un rôle de conciliateur entre les différentes positions. C’est l’avantage – ou l’inconvénient, c’est selon – du fonctionnement communautaire, où l’art du compromis prédomine.

L’élection revêt clairement un caractère stratégique pour la négociation de la future politique agricole commune. Nul doute que Paris et Berlin notamment chercheront à user de leur influence pour protéger leurs intérêts.

A l’heure où les agriculteurs s'interrogent sur leur avenir et où un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim dans le monde, l’Europe se doit de répondre présent. Bien que critiquée, la PAC est incontestablement l'un des succès de l’Union. Rendez-vous samedi, pour le début des hostilités.