Pour une PAC plus ambitieuse

Par Eurechos | 4 mars 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “Pour une PAC plus ambitieuse”, Nouvelle Europe [en ligne], Vendredi 4 mars 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1054, consulté le 06 décembre 2022

Dans une tribune publiée par EurEchos, la Confédération paysanne appelle au développement d'une agriculture plus durable, ainsi qu'à l'harmonisation des aides versées aux paysans européens.

En 2014, l'Union européenne mettra en œuvre une nouvelle réforme de la politique agricole commune. Pour lancer les premières pistes de débat, la Commission européenne a publié le 18 novembre 2010 une communication afin de présenter les objectifs de la PAC d'après 2013 et quelques moyens pour y parvenir.

 Les constats et les objectifs formulés par la Commission nous apparaissent pertinents. Elle reconnaît ainsi que l'agriculture est une activité qui ne permet pas en moyenne de tirer un revenu sur la plupart des territoires. La Commission souhaite également atteindre des pratiques agricoles plus écologiques et reconnaît la nécessité du développement de l'emploi pour assurer la cohésion sociale et territoriale. Les trois grands objectifs énoncés par la Commission sont donc les suivants:

-      une alimentation autosuffisante et durable

-      une gestion durable des ressources naturelles

-      un développement territorial équilibré

Sur ces points, la Confédération paysanne est en accord avec la Commission. Cependant les propositions pour répondre à ces objectifs restent à l'heure actuelle très floues. Nous proposons  donc différentes pistes de réflexion, sur lesquelles, nous l'espérons, les États membres s'appuieront afin de prendre des décisions intelligentes et bénéfiques à tous les citoyens européens.

Stabiliser les prix

Il nous semble tout d'abord nécessaire de revendiquer des outils pour stabiliser les prix des produits agricoles. Pour cela, la reconstitution des stocks stratégiques est une priorité. Ainsi lorsque les prix seront bas, il sera possible de faire des stocks qui pourront être remis sur le marché quand les prix seront élevés et donc éviter une flambée des prix. Ces stocks de sécurité et de régulation assurerait ainsi une garantie de revenu aux producteurs par les prix et une plus grande souveraineté alimentaire de l'UE, mais aussi des autres pays. Concernant les marchés à terme, il est absolument primordial d'autoriser leur accès uniquement aux seuls opérateurs légitimes, c'est à dire les producteurs/vendeurs et les transformateurs/acheteurs. 

Concernant le développement d'une agriculture plus durable, la Confédération paysanne estime que la réintroduction de cultures de protéagineux (pois, soja, lupin, légumineuses fourragères..) dans l’assolement européen aurait de nombreux avantages aussi bien au niveau économique en rendant les systèmes de production moins dépendant du pétrole,qu’aux niveaux environnemental et social en augmentant l'indépendance protéique de l'UE vis à vis des États-Unis et du Brésil, en diminuant l'usage d'engrais et de pesticides et en permettant de meilleures conditions de maintien de la biodiversité. L'Union européenne doit donc réorienter les subventions sur des systèmes de production plus durables.

Harmonisation des aides

Pour atteindre ces objectifs,  le budget de la PAC doit impérativement être maintenu à son niveau présent. Une harmonisation des aides directes est également indispensable pour corriger les distorsions observées entre producteurs, régions, ou pays en abandonnant notamment les références historiques. Enfin, la place du développement rural nous semble particulièrement importante et doit permettre par des moyens accrus, le soutien aux zones défavorisées, aux productions locales, aux marchés locaux et aux outils de transformations et ainsi favoriser la vivabilité du monde rural.

La Confédération paysanne invite dès lors les États membres à prendre leurs responsabilités afin de répondre aux exigences des objectifs fixés par la Commission européenne. Nous espérons que nos propositions seront prises en compte afin que les décisions soient véritablement à la hauteur des enjeux économiques, sociaux et environnementaux de cette nouvelle réforme de la politique agricole commune.