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Les nouveaux Etats membres, anciennement ceux qui contribuaient à la
croissance économique de l'Union européenne, ont été violemment frappés par la
crise. La majorité n'étant pas membres de zone euro, ils n'ont pas pu
bénéficier de la protection et stabilité que donnent la monnaie unique.
Par conséquent, aujourd'hui l'euro apparaît pour beaucoup comme un havre de
paix vers lequel il faut avancer à tout prix.
Du progrès à la récession
Il y a à peine deux ans, les pays de l'Europe centrale et orientale, les
nouveaux Etats membres de l'Union européenne, profitaient de leur nouvelle adhésion pour alimenter leur croissance et leur développement. En 2007, par exemple
la Lettonie avait un taux de croissance de 10%, la Pologne 6,6%, la Slovaquie
10,4%, la Lituanie 8,9%. On y voit un écart considérable comparé à la moyenne
des 27 : 2,8%.
Plusieurs d'entre eux ont fait le choix de profiter de cette
croissance au lieu de la freiner pour éviter la surchauffe, comme l'ont conseillé plusieurs
analystes. Cette stratégie eut également des conséquences sur l'euro : par
exemple faute de pouvoir (ou vouloir) baisser l'inflation, l'Estonie a vu
éloigner son entrée dans la monnaie unique de plusieurs années. Mais durant cette période, l'euro ne
semblait pas être aussi primordial qu'aujourd'hui. Cependant, certains pays
étaient plus proches que d'autres et déjà membres du Mécanisme de taux de change européen (MCE II). Pour le moment, seules la
Slovénie, la Slovaquie, Malte et Chypre ont adopté la monnaie unique.
Cette diversité des situations nationales a joué
également un rôle dans la crise qui mettra fin à cette période de
croissance. Certains ont été très touchés : les pays Baltes en raison
d'une forte spéculation immobilière ou encore la Hongrie en raison sa dette
publique élevée. La République tchèque, très dépendante de ses exportations,
n'a pas été épargnée. Mais aucun pays n'y a échappé. Même la Slovaquie, parfois
nommée la Suisse des Balkans, a eu une baisse de son PIB de 2,4% l'année
dernière. Chacun de ces pays affronte des difficultés différentes mais leur a trouvé une solution unique, l'euro.
Zone euro : un
havre de paix ?
Le grand gagnant de la crise, c'est l'euro. Face
à la crise, la zone euro apparait comme un pôle de stabilisation et de
résistance. L'euro a beaucoup gagné en attractivité comme témoigne l'intérêt
croissant des pays : beaucoup de nouveaux Etats membres, bien
qu'auparavant réticents, cherchent aujourd'hui à rejoindre rapidement la zone euro. Tandis
que d'autres cherchent à faire progresser les processus en cours pour l'adopter
plus rapidement.
Le Fond monétaire international (FMI) a exprimé
son avis en conseillant d'accélérer l'élargissement de la zone euro. Selon le
FMI, le fait de rejoindre la zone euro permettrait aux Etats actuellement
non-membres de restaurer la stabilité et établir de nouveau la confiance. Le FMI avance également l'idée
d'adopter l'euro sans formellement rejoindre la zone euro. De plus, il
conseille à l'Union européenne d'être moins exigeant sur les critères de
convergence (stabilité des prix, de finances publiques, de taux d'intérêt et de
taux de change) afin de permettre aux Etats d'accéder à l'euro plus rapidement
et de faciliter la sortie de la crise.
La réponse de l'Union européenne face à cette
proposition a été ferme : la Banque centrale européenne (BCE) rejette
cette idée. Selon la BCE, il est important de respecter les critères de
convergence pour garantir la stabilité et la crédibilité de l'euro et pour éviter
un accroissement futur des divergences macroéconomiques dans la zone. En même
temps, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, estime que l'élargissement de
la zone euro n'est pas un « chapitre clos » et il faudrait continuer
à élargir. Par ailleurs, il a attiré l'attention sur le fait que malgré la
fermeté de la BCE et de la Commission européenne, l'UE s'est quand même engagée
en dehors de la zone euro pendant la crise : un instrument
d'intervention s'élevant à 25 milliards d'euros ou l'aide portée à la Hongrie
par exemple.
Si d'un côté la crise actuelle a rendu l'euro
plus attractif, elle l'a également rendu plus improbable. Les critères de
Maastricht sont devenus avec la crise un cahier des charges difficile à
remplir, l'horizon temporel est devenu flou. En outre, une adoption dans la
précipitation pourrait s'avérer très coûteuse sur le long terme. Les nouveaux
Etats membres devront encore patienter, même si aujourd'hui ils ont réalisé
tout l'intérêt de la monnaie unique. En attendant, il faudra mener des reformes
difficiles qui n'étaient pas considérées comme prioritaires auparavant.
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