Comment élargir la zone euro ?
Écrit par Mariliis Mets | 02-01-2010
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Tags : Crise économique 

Image Les nouveaux Etats membres, anciennement ceux qui contribuaient à la croissance économique de l'Union européenne, ont été violemment frappés par la crise. La majorité n'étant pas membres de zone euro, ils n'ont pas pu bénéficier de la protection et stabilité que donnent la monnaie unique. Par conséquent, aujourd'hui l'euro apparaît pour beaucoup comme un havre de paix vers lequel il faut avancer à tout prix.

Du progrès à la récession

Il y a à peine deux ans, les pays de l'Europe centrale et orientale, les nouveaux Etats membres de l'Union européenne, profitaient de leur nouvelle adhésion pour alimenter leur croissance et leur développement. En 2007, par exemple la Lettonie avait un taux de croissance de 10%, la Pologne 6,6%, la Slovaquie 10,4%, la Lituanie 8,9%. On y voit un écart considérable comparé à la moyenne des 27 : 2,8%.

Plusieurs d'entre eux ont fait le choix de profiter de cette croissance au lieu de  la freiner pour éviter la surchauffe, comme l'ont conseillé plusieurs analystes. Cette stratégie eut également des conséquences sur l'euro : par exemple faute de pouvoir (ou vouloir) baisser l'inflation, l'Estonie a vu éloigner son entrée dans la monnaie unique de plusieurs années. Mais durant cette période, l'euro ne semblait pas être aussi primordial qu'aujourd'hui. Cependant, certains pays étaient plus proches que d'autres et déjà membres du Mécanisme de taux de change européen (MCE II). Pour le moment, seules la Slovénie, la Slovaquie, Malte et Chypre ont adopté la monnaie unique.

Cette diversité des situations nationales a joué également un rôle dans la crise qui mettra fin à cette période de croissance. Certains ont été très touchés : les pays Baltes en raison d'une forte spéculation immobilière ou encore la Hongrie en raison sa dette publique élevée. La République tchèque, très dépendante de ses exportations, n'a pas été épargnée. Mais aucun pays n'y a échappé. Même la Slovaquie, parfois nommée la Suisse des Balkans, a eu une baisse de son PIB de 2,4% l'année dernière. Chacun de ces pays affronte des difficultés différentes mais leur a trouvé une solution unique, l'euro.

Zone euro : un havre de paix ?

Le grand gagnant de la crise, c'est l'euro. Face à la crise, la zone euro apparait comme un pôle de stabilisation et de résistance. L'euro a beaucoup gagné en attractivité comme témoigne l'intérêt croissant des pays : beaucoup de nouveaux Etats membres, bien qu'auparavant réticents, cherchent aujourd'hui à rejoindre rapidement la zone euro. Tandis que d'autres cherchent à faire progresser les processus en cours pour l'adopter plus rapidement.

Le Fond monétaire international (FMI) a exprimé son avis en conseillant d'accélérer l'élargissement de la zone euro. Selon le FMI, le fait de rejoindre la zone euro permettrait aux Etats actuellement non-membres de restaurer la stabilité et établir de nouveau la confiance.  Le FMI avance également l'idée d'adopter l'euro sans formellement rejoindre la zone euro. De plus, il conseille à l'Union européenne d'être moins exigeant sur les critères de convergence (stabilité des prix, de finances publiques, de taux d'intérêt et de taux de change) afin de permettre aux Etats d'accéder à l'euro plus rapidement et de faciliter la sortie de la crise.

La réponse de l'Union européenne face à cette proposition a été ferme : la Banque centrale européenne (BCE) rejette cette idée. Selon la BCE, il est important de respecter les critères de convergence pour garantir la stabilité et la crédibilité de l'euro et pour éviter un accroissement futur des divergences macroéconomiques dans la zone. En même temps, Jean-Claude Trichet, président de la BCE, estime que l'élargissement de la zone euro n'est pas un « chapitre clos » et il faudrait continuer à élargir. Par ailleurs, il a attiré l'attention sur le fait que malgré la fermeté de la BCE et de la Commission européenne, l'UE s'est quand même engagée en dehors de la zone euro pendant la crise : un instrument d'intervention s'élevant à 25 milliards d'euros ou l'aide portée à la Hongrie par exemple.

Si d'un côté la crise actuelle a rendu l'euro plus attractif, elle l'a également rendu plus improbable. Les critères de Maastricht sont devenus avec la crise un cahier des charges difficile à remplir, l'horizon temporel est devenu flou. En outre, une adoption dans la précipitation pourrait s'avérer très coûteuse sur le long terme. Les nouveaux Etats membres devront encore patienter, même si aujourd'hui ils ont réalisé tout l'intérêt de la monnaie unique. En attendant, il faudra mener des reformes difficiles qui n'étaient pas considérées comme prioritaires auparavant.


 

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