Le chômage en Europe

Par Pascal Orcier | 1 mars 2009

Pour citer cet article : Pascal Orcier, “Le chômage en Europe”, Nouvelle Europe [en ligne], Dimanche 1 mars 2009, http://www.nouvelle-europe.eu/node/605, consulté le 23 octobre 2018

chomage_carte_130x.jpgLa question du chômage en Europe n'est pas une nouveauté. Il touchait en décembre 2008 7,4% de la population active de l'UE à 27 et devrait connaître une forte poussée au cours de l'année 2009. Il existe toutefois de grandes disparités à l'échelle communautaire, tant au niveau national qu'au niveau régional.

La question du chômage en Europe n'est pas une nouveauté. Il touchait en décembre 2008 7,4% de la population active de l'UE à 27 et devrait connaître une forte poussée au cours de l'année 2009. Il existe toutefois de grandes disparités à l'échelle communautaire, tant au niveau national qu'au niveau régional.

Neuf États membres ont vu leur taux de chômage baisser au cours de l'année 2008. C'est le cas de la Pologne et de la Slovaquie, en plein rattrapage. À l'inverse, l'Espagne et l'Estonie ont connu une forte hausse, liée à un important ralentissement de plusieurs secteurs économiques clés. Dans d'autres, enfin, les taux se sont maintenus.

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La géographie du chômage fait apparaître d'importants écarts nationaux, indépendamment du clivage Est-Ouest souvent le plus médiatisé. Ainsi les Pays-Bas (2,7%) comptent en proportion nettement moins de chômeurs que l'Espagne (14,4%). Ces écarts sont moindres en Europe orientale.

Si l'on passe à l'échelle régionale (niveau NUTS 2), les contrastes sont encore plus marqués. On observe une certaine régularité en Europe occidentale, du centre de l'Espagne au Danemark, avec des taux proches de la moyenne européenne.

Des clivages anciens, qui avaient justifié la mise en place de la politique régionale de l'UE et des fonds structurels sont toujours présents. C'est le cas pour le sud de l'Espagne (Andalousie et Estrémadure) et de l'Italie (Calabre, Sicile, Pouilles, Campanie), qui souffrent d'un retard de développement ancien. De même qu'en France, la Corse, le Languedoc-Roussillon et le Nord-Pas-de-Calais conservent des taux supérieurs à la moyenne nationale. Cette lecture s'applique, dans une moindre mesure, à la Finlande de l'Est, terre d'émigration ancienne au contact d'une frontière russe peu attractive. En Angleterre, on retrouve également le clivage entre le nord anciennement industriel et le sud précocément tertiarisé.

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Certains États présentent des situations très homogènes : Pays-Bas, Autriche, Suède, Portugal, Irlande ne comptent pas de région à la traîne sur le front de l'emploi. En revanche, les écarts sont très importants dans des États comme la Hongrie, l'Allemagne et surtout la Belgique. Si la Flandre dispose de taux très faibles (entre 3% et 4,8%), certaines provinces de Wallonie (Hainaut, Liège) dépassent les 10%, tandis que la région de Bruxelles-capitale détient le recard national avec plus de 17%. L'accroissement des écarts inter-régionaux pose ici la question de la cohésion nationale et founit des arguments supplémentaires aux autonomistes flamands. Les Länder de l'ex-Allemagne de l'Est se distinguent par le maintien de taux plus élevés malgré les efforts considérables menés par l'État depuis la réunification. Ici, le Rideau de Fer semble avoir du mal à disparaître.

On observe par ailleurs que les régions-capitales se démarquent généralement des territoires environnants, soit en positif (Bratislava, Prague, Budapest, Bucarest, Sofia) soit en négatif (Bruxelles, Berlin). Elles disposent  généralement d'économies plus diversifiées et sont privilégiées par les gouvernements et les investissemnts étrangers.

On notera enfin la situation exceptionnelle enregistrée dans les DROM (Départements et Régions d'Outre-Mer) français, qui se distinguent des autres régions ultra-périphériques (RUP) de l'UE par des taux de chômage dépassant les 20%. Ces situations exceptionnelles en font des poudrières sociales, dont les récents événements de la Guadeloupe ne sont sans doute que le début. À signaler également la situation particulière des villes autonomes espagnoles de Ceuta et Melilla, sur la côte nord du Maroc, confrontées à des réalités sociales très difficiles et au poids de l'économie parallèle.

 

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