France - Slovaquie : "Donner une nouvelle impulsion à la coopération de l'Union à l'Est"

Par Virginie Lamotte | 7 juin 2008

Pour citer cet article : Virginie Lamotte, “France - Slovaquie : "Donner une nouvelle impulsion à la coopération de l'Union à l'Est"”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 7 juin 2008, http://www.nouvelle-europe.eu/node/487, consulté le 17 septembre 2019
opinion.pngjan_kuderjavy.jpgJán Kuderjavy oeuvre depuis l'indépendance de la Tchécoslovaquie, puis de la Slovaquie, au rapprochement de son pays avec l'Union européenne. Il a par ailleurs étroitement travaillé à l'intégration de la Slovaquie aux institutions communautaires. Il est aujourd'hui ambassadeur de Slovaquie en France. À la veille de la présidence française de l'Union européenne, il revient pour Nouvelle Europe sur vingt ans de relations franco-slovaques et les nouvelles perspectives de collaboration.
opinion.pngjan_kuderjavy.jpgJán Kuderjavy oeuvre depuis l'indépendance de la Tchécoslovaquie, puis de la Slovaquie, au rapprochement de son pays avec l'Union européenne. Il a par ailleurs étroitement travaillé à l'intégration de la Slovaquie aux institutions communautaires. Il est aujourd'hui ambassadeur de Slovaquie en France. À la veille de la présidence française de l'Union européenne, il revient pour Nouvelle Europe sur vingt ans de relations franco-slovaques et les nouvelles perspectives de collaboration.
 
 
 
Entre la fin de l’URSS, au début des années 1990, la division de la Tchécoslovaquie et l’entrée de votre pays dans l’Union européenne, quel bilan tireriez-vous des relations entre la Slovaquie et la France ? François Mitterrand en son temps, puis Jacques Chirac, ont-ils développé des liens particuliers avec les dirigeants slovaques ?

La France et la Slovaquie renforcent leurs relations d'amitié et de confiance, symbolisées par la haute figure du général franco-slovaque Milan Rastislav Stefanik (1881-1919) et la participation française au soulèvement national slovaque en 1944. J'aimerais souligner que la France, pays fondateur de l'Union, depuis la naissance de la Slovaquie a toujours soutenu les ambitions de notre pays concernant l'intégration européenne. Aujourd´hui, la France représente pour notre pays un partenaire important tant au niveau politique qu’économique et culturel. Je constate avec plaisir que la France est devenue au cours des dernières années un des plus grands investisseurs étrangers en Slovaquie et un de ses plus grands partenaires commerciaux.

Depuis l’entrée de la Slovaquie dans l’Union européenne, dont la réussite surprend de plus en plus tous les Européens (adoption prochaine de l’euro par Bratislava en 2009), avez-vous noté une évolution dans les relations bilatérales France-Slovaquie ?

L'appartenance a la même famille européenne a renforcé les relations bilatérales. Aujourd'hui, je ne peux que me féliciter du bon niveau de notre coopération et de la qualité du dialogue entre nos deux pays dans tous les domaines. Au cours des dernières années, le dialogue bilatéral au plus haut niveau n'a cessé de s'intensifier. Les consultations bilatérales se distinguent par la qualité des échanges et par le caractère ouvert des entretiens. La visite de travail du Premier ministre M. Robert Fico en octobre 2007 a démontré l’approfondissement des liens entre nos deux pays. La visite du président Sarkozy à Bratislava prévue après la fin de la présidence française devrait resserrer les relations bilatérales et ouvrir de nouvelles perspectives communes.

Nos deux pays souhaitent amplifier la dynamique créée par l'adhésion de la Slovaquie à l'Union européenne. En vue d’approfondir les relations bilatérales, la France a proposé à la Slovaquie un partenariat stratégique qui se concentrera sur la création d’alliances dans les domaines les plus divers : dialogue politique, économie, énergie et notamment nucléaire, défense, l’espace Schengen. Les relations entre nos deux pays vont donc s’inscrire dans une étroite coopération.
Au-delà des relations politiques, les relations commerciales franco-slovaques se sont dernièrement développées d’une manière très dynamique, surtout dans le domaine de l’afflux des investissements en Slovaquie ainsi que la croissance des échanges commerciaux qui contribuent considérablement à la stabilité macroéconomique du pays. Actuellement, la France est un des plus grands investisseurs étrangers en Slovaquie. Au total, les entreprises françaises y ont investi plus de 5 milliards d’Euros.

Percevez-vous d’ailleurs un changement de politique diplomatique depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 ?

Depuis la prise des fonctions de Président de la République par M. Nicolas Sarkozy, nous constatons des changements positifs de la politique étrangère de la France, notamment son enthousiasme pour l'Europe et sa résolution d'en renforcer la dimension politique de celle-ci.

Les initiatives centre-européennes du président Sarkozy démontrent que pour relancer l´Europe, ses espoirs ne reposent pas seulement sur le traditionnel moteur franco-allemand mais également sur la nouvelle dynamique des relations avec les pays de l'Europe centrale. Je crois que M. le Président connaît bien la mentalité des Centre-européens et qu'il est persuadé de leur énorme potentiel à faire bouger l'Europe grâce à leur expérience historique unique.
C'est à mon avis la raison pour laquelle M. Nicolas Sarkozy a décidé de renforcer la présence de la France dans cette région clé et de signer les partenariats stratégiques avec ses pays. Cette stratégie diplomatique marque un retour historique de la France dans la région Europe centrale et orientale où elle a été trop peu présente depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle tire également les conséquences de l'entrée de ces pays dans l’UE, événement qui a redéfini les intérêts politiques et économiques de la France.

Qu’en est-il de la position slovaque sur l’Union pour la Méditerranée, la Slovaquie étant un pays continental et plutôt éloigné des problématiques de cet espace ?

La Slovaquie soutient l'approche globale, politique et économique, de l'Union européenne vis-à-vis la Méditerranée. Elle est favorable à toutes les initiatives qui permettraient d'intensifier la coopération entre l'Union européenne et la Méditerranée et de rendre le Processus de Barcelone plus crédible. Nous apprécions que le Processus de Barcelone - Union pour la Méditerranée soit devenu un projet commun des pays riverains de la Méditerranée et de toute l'UE.

Néanmoins, la Slovaquie, avec d'autres pays membres de l'UE, considère qu'il est indispensable de donner une nouvelle impulsion à la coopération de l'Union avec ses partenaires de l'Est et de maintenir ainsi l'équilibre entre le vecteur sud et le vecteur est de la Politique européenne de voisinage.

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