L'Europe et ses mers : enjeux et politiques

Par admin | 31 janvier 2008

Pour citer cet article : admin, “L'Europe et ses mers : enjeux et politiques”, Nouvelle Europe [en ligne], Jeudi 31 janvier 2008, http://www.nouvelle-europe.eu/node/412, consulté le 01 juillet 2022
etretat.jpg
Le continent européen a pour caractéristique de former une immense façade maritime, de la mer de Barents à la mer d'Azov. Pourtant, les politiques de l'Union européenne ont été marquées depuis plus de cinquante ans par un manque de cohérence en traitant les sujets un à un sans prendre la mer comme une problématique générale.
Aujourd'hui, le regard que porte Bruxelles sur la mer semble changer, mais comment concillier l'idée d'une politique intégrée et la diversité des milieux marins européens ?
etretat.jpg
 
Le continent européen a pour caractéristique de former une immense façade maritime, de la mer de Barents à la mer d'Azov. Pourtant, les politiques de l'Union européenne ont été marquées depuis plus de cinquante ans par un manque de cohérence en traitant les sujets un à un sans prendre la mer comme une problématique générale.
 

Aujourd'hui, le regard que porte Bruxelles sur la mer semble changer, mais comment concillier l'idée d'une politique intégrée et la diversité des milieux marins européens ?

L'accumulation des défis

À la fois voies de circulation et ressources halieutiques, nos mers sont aujourd’hui menacées par le réchauffement climatique, la pollution, la pêche irresponsable ou l’intensification du transport de marchandises. Les défis que doivent relever les Etats membres sont en effet très nombreux. D'un côté, il convient de protéger les espaces maritimes européens et la prise de conscience de cette nécessité est aujourd'hui très forte au sein de la population européenne.

Les derniers sondages montrent que la défense de l'environnement et le défi d'un développement durable sont au coeur des préoccupations des citoyens européens. Et l'Union européenne doit pouvoir se saisir de ce projet de civilisation pour la décennie à venir, elle qui cherche les outils d'un renforcement de sa légitimité. Si la construction du marché intérieur a beaucoup apporté aux citoyens, la tendance des Etats membres à nationaliser les succès et à européaniser les échecs n'a pas permis à l'Union de récolter les fruits des efforts qu'elle avait engagée.

 
 
 
Or, tous s'accordent pour dire que le défi environnemental ne peut pas être relevé seulement par les Etats : l'Union doit jouer un rôle moteur de proposition et de coordination, mais elle doit aussi se faire la voix d'une prise de conscience globale.
 
La volonté d'agir est assez perceptible à Bruxelles, mais plusieurs visions des choses s'affrontent. Entre les partisans d'une protection des ressources et de mers qui serait plutôt une "sanctuarisation" de certains espaces (une vision plutôt anglo-saxone et nordique) et une vision plus continentale où les espaces doivent être protégés, entretenus et mis en valeur par l'activité hmaine, l'accord est difficile.
 
 
Ces incompréhensions, qu'on a souvent simplifié en opposant Etats membres "amis des poissons" et "amis des pêcheurs", est sûrement un peu désuette. Les poissons sont en effet les premiers amis des pêcheurs : les seconds ne peuvent pas survivre sans les premiers.
 
Les difficultés d'une politique intégrée
 
 
 

C'est alors qu'apparaît toute la complexité de vouloir adopter une approche intégrée. Elle nécessite à la fois de tenir compte de certains impératifs immédiats, notamment dans la protection des ressources halieutiques, tout en ayant une vision à moyen et long terme qui permette de protéger nos mers tout en ayant à l'esprit que nos côtes sont aussi des espaces de vie, de production et de transport pour les Européens.

Ce mois-ci dans notre dossier

 

 
 
L'autre difficulté d'une politique intégrée (transports, ressources halieutiques, énergie) est de pouvoir tenir compte des spécificités de chaque espace maritime européen : les problématiques de la Baltique ne recouvrent pas exactement celles de la mer noire ou de la Méditerranée.
 

L'enjeu est donc à la mesure du défi. Il reste à espérer que les autorités européennes sauront se saisir de cette formidable ressource de légitimité que pourrait devenir la définition d'un objectif ambitieux de protection de nos mers.