Ukraine : égérie en sursis

Par admin | 13 décembre 2007

Pour citer cet article : admin, “Ukraine : égérie en sursis”, Nouvelle Europe [en ligne], Jeudi 13 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/368, consulté le 01 juillet 2022
ioulia_timochenkoarticleIoulia Timochenko, l'égérie de la révolution orange en Ukraine, devait selon toute vraisemblance, devenir Premier ministre pour la seconde fois. C'était sans compter sur le caractère imprévisible de la Rada (l'assemblée parlementaire unique d'Ukraine). Histoire d'une investiture manquée à une voix près.

ioulia_timochenkoarticleIoulia Timochenko, l'égérie de la révolution orange en Ukraine, devait selon toute vraisemblance, devenir Premier ministre pour la seconde fois. C'était sans compter sur le caractère imprévisible de la Rada (l'assemblée parlementaire unique d'Ukraine). Histoire d'une investiture manquée à une voix près.

Le difficile accouchement d'une nouvelle coalition orange

Après d'épiques élections législatives en octobre 2007, l'Ukraine est toujours dans l'impasse.

Les amis d'hier, Ioulia Timochenko - l'égérie de la révolution orange - et Viktor Iouchtchenko - le président - s'étaient séparés en 2005 avant de reconstituer leur alliance en 2007 en vue des élections. Pourtant, leurs inimités restent particulièrement saillantes et leur coalition de circonstance avait pour seul but de faire barrage à la reconduction de Viktor Ianoukovitch, le candidat plus proche de Moscou, des régions de l'Est du pays et des conglomérats industriels.

Le décompte des voix fut particulièrement surveillé de tous côtés et donna une très fragile avance à la coalition bloc de Timochenko et la formation "Notre Ukraine" de Iouchtchenko : 227 sièges sur les 450 que compte la Rada. C'est-à-dire une voix de plus que la majorité parlementaire nécessaire à pour l'investiture de Timochenko au poste de Premier ministre.  

A une voix près

Deux voix de trop et un vote manqué d'un soutien : la coalition orange aurait dû porter Ioulia Timochenko au pouvoir mais deux députés ont choisi d'entraver sa nomination. Pourtant, et c'était là tout l'enjeu de la crise institutionnelle qui a conduit à ces élections anticipées, les députés ukrainiens n'ont pas le droit de changer de parti une fois investis.

Par deux votes consécutifs, Timochenko a obtenu 225 voix et deux abstentions. Ce double vote a créé une véritable onde de choc à la Rada et dans toute la vie politique ukrainienne. D'autant que la présence du Président Iouchtchenko à l'assemblée et son appel à un vote en faveur de Timochenko n'ont rien changé.

Aussitôt, les députés de la majorité, s'il y a majorité, ont crié au trucage du vote électronique par les partisans du Parti des Régions de Ianoukovitch. En effet, les députés de la coalition assurent avoir tous voté pour elle, si bien qu'une enquête a été confiée aux services de sécurité.

Personne ne sait quand pourrait intervenir un nouveau vote à la Rada. Les observateurs restent partagés sur les chances de Timochenko d'obtenir l'investiture, ce qui permettrait au gouvernement actuel de rester en place.

Il faut dire que l'ancienne Premier ministre dérange dans la coalition présidentielle et les milieux financiers, notamment par ses promesses de supprimer le service militaire, de rembourser les victimes de différentes faillites de banques nationales et de revenir sur un certain nombre des privatisations de l'ère Kouchma.

 

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