Vers une nouvelle course aux armements en Europe ? Rupture du traité FCE

Par admin | 4 décembre 2007

Pour citer cet article : admin, “Vers une nouvelle course aux armements en Europe ? Rupture du traité FCE”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 4 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/363, consulté le 07 août 2020
urlarticleMoscou a décidé le 30 novembre 2007 de suspendre sa participation au traité FCE ("Forces Conventionnelles en Europe") qui limitait depuis la fin de la Guerre froide le nombre des armements non-nucléaires de l'Atlantique à l'Oural. Retour sur les péripéties d'un traité trop vite oublié à l'Ouest.
urlarticleMoscou a décidé le 30 novembre 2007 de suspendre sa participation au traité FCE ("Forces Conventionnelles en Europe") qui limitait depuis la fin de la Guerre froide le nombre des armements non-nucléaires de l'Atlantique à l'Oural. Retour sur les péripéties d'un traité trop vite oublié à l'Ouest.
 
FCE : un traité pour finir la Guerre Froide
 
Le  traité FCE a été signé le 19 novembre 1990 dans le but de limiter les forces de l'OTAN et de l'ancien Pacte de Varsovie sur le territoire européen. Aujourd'hui, les obligations du Pacte de Varsovie ont été reprises par la Russie.
 
La Russie et l'OTAN s'engagent mutuellement à limiter leurs forces entre l'Antlantique et l'Oural à 20 chars, 30 000 véhicules blindés, 20 000 pièces d'artillerie lourde, 6 800 avions de combat et 2000 hélicoptères d'attaque. Des inspections mutuelles sont prévues pour maintenir la crédibilité des engagements. Il a été ratifié par 30 Etats après la chute de l'URSS, sous l'égide de l'OSCE. 
 
Un nouveau traité a été négocié en 1999 pour prévoir de nouveaux plafonds, mais il n'est pas entré en vigueur parce que seuls les parties prenantes de l'Est l'ont ratifié : Russie, Biélorussie, Ukraine et Kazakhstan. La Russie fait donc pression sur ses partenaires européens depuis déjà presque dix ans pour obtenir l'effectivité du traité.
Elle exige, de plus, que les quatre nouveaux membres de l'OTAN (Estonie, Lettonie, Lituanie, Slovénie) signent le traité de 1990. 
 
Une ratification des pays membres de l'OTAN sous conditions
 
A l'Ouest, on met un préalable à la ratification du traité : le retrait des troupes russes de Transnistrie (en Moldavie) et d'Abkhazie et d'Ossetie (en Géorgie). 
En effet, dans ces deux pays, des troupes russes de "maintien de la paix" soutiennent des gouvernement séparatistes pro-russes.  
 
Vu de Moscou, un autre problème vient encore compliquer les négociations, c'est la volonté américaine d'installer un bouclier anti-missiles en Europe orientale. Washington affirme que cet équipement aurait pour but de protéger l'Europe et les Etats-Unis de missiles lancés depuis l'Iran. 
Pour les Russes, la situation est claire : le bouclier créerait un déséquilibre de la menace entre Moscou et Washington, la seconde pouvant se protéger derrière un parapluie.
D'autant que depuis la dénonciation par les Américains du traité ABM (sur les forces nucléaires), la dynamique de désarmement entre les deux pays est en panne.
 
La démilitarisation du continent en panne 
 
Ainsi, les négociations sont bloquées et Moscou a décidé de suspendre l'application du traité FCE pour forcer la main aux membres de l'OTAN. Le ministre des Affaires étrangères russe a annoncé lors de la dernière réunion de l'OSCE à Madrid que Vladimir Poutine avait signé une loi en ce sens et qu'elle entrera en vigueur le 12 décembre. Néanmoins, Moscou laisse la porte ouverte aux négociations.  
Les conséquences immédiates de cette suspension sont nombreuses : volonté de montrer aux Américains que la Russie n'est pas prête à se faire imposer le bouclier, possibilité de déplacer des troupes russes vers le Caucase (ce que les limitations du traité empêchaient) et renforcement de l'image de Vladimir Poutine dans le contexte électoral russe que l'on connaît.  
 
Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratino, pays qui préside aujourd'hui l'OSCE, a lancé un appel à Moscou à revenir sur sa décision. Le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des Affaires politiques, Nicholas Burns, a qualifié la décision russe "d'erreur". 
D'autres Etats membres de l'OTAN tentent de temporiser : la Hongrie a fait ainsi savoir qu'elle oeuvrait à un accord entre les parties et qu'elle signerait très rapidement un nouveau traité si un règlement de la question intervenait. 
 
 
Pour en savoir plus : 
 
picto_1jpeg  Sur Nouvelle Europe 
picto_1jpeg
Cartographie: proposition et contre proposition sur le bouclier anti-missiles
picto_1jpeg
Star Wars II: le bouclier anti-missiles européen en débats 
picto_1jpeg
Quand la Russie reprend ses marques en Europe centrale : l'exemple de la Transnistrie
   
picto_1jpeg Sur Internet
picto_1jpeg
Texte du Traité FCE (en anglais)
picto_1jpeg
"Bras de fer entre Russes et Occidentaux" par Vincent Jaubert, Nouvel Observateur

 

Ajouter un commentaire