Fiche pays : la Hongrie

Par Csilla Vegh | 31 décembre 2007

Pour citer cet article : Csilla Vegh, “Fiche pays : la Hongrie”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 31 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/343, consulté le 16 août 2022
drapeau_de_la_hongrie.gifLa Hongrie, petit pays doté d’un passé riche mais non sans tournants tragiques, fête déjà le 4e anniversaire de son adhésion à l’Union européenne en 2008. Découverte d’un pays souvent méconnu qui est pourtant au cœur de la Nouvelle Europe.

drapeau_de_la_hongrie.gifLa Hongrie, petit pays doté d’un passé riche mais non sans tournants tragiques, fête déjà le 4e anniversaire de son adhésion à l’Union européenne en 2008. Découverte d’un pays souvent méconnu qui est pourtant au cœur de la Nouvelle Europe.

carte_de_la_hongrie.gif
Voir des photos de la Hongrie sur Nouvelle Europe Toute l'actu de la Hongrie sur Nouvelle Europe
L'hymne hongrois  
Les origines

Selon la légende, les sept tribus hongroises ou magyares seraient arrivées en 895-96 dans le bassin des Carpates sous le commandement du prince Árpád. Les Hongrois (magyars) appartiennent par leurs origines et par leur langue à la famille finno-ougrienne, dont certains groupes habitent toujours l’Oural. Le bassin représenta un point de départ idéal pour les tribus nomades de magyares pour mener régulièrement des raids contre ses voisins jusqu’à leur défaite fatale en 955 dans la bataille d’Augsbourg par le roi Franc, Otto Ier.

La christianisation et l’organisation de l’Etat de type ouest-européen ont été conduites par le prince Géza et par son fils, le premier roi hongrois, Saint-Etienne (Szent István) qui fut couronné en l'an 1000. La dynastie Árpád régna jusqu’à 1301. Ses derniers membres ont dû faire face aux luttes intestines et aux attaques dévastatrices du peuple mongol.

Une difficile fixation des frontières

Pendant le Moyen-Age, le pays a été la cible de plusieurs empires conquérants, tels les Tartares, les Ottomans et les Habsbourgs. Le roi le plus légendaire de ces années fut Mátyás Hunyadi (ou Mathias Corvin) dont le règne fut caractérisé par la stabilité politique, par une vie culturelle florissante et par l’expansion territoriale. En 1485, l’ « armée noire » de Mathias a conquis même la ville de Vienne.

Le mort de Mathias signifia le début du déclin progressif du pays qui culmina dans la tragique bataille de Mohács en 1526, dans laquelle le roi Louis II – issue de la dynastie Jagellon – trouva la mort et qui représenta la fin du Royaume Hongrois indépendant. Ainsi, en 1526 le pays fut divisé d’abord en deux, puis en 1541 – après l’occupation du château de Buda par les Turcs –, en trois différentes parties. Le centre du pays fut occupé par les Turcs. Les territoires du Nord et de l’Ouest étaient sous l’autorité des Habsbourgs et enfin, à l’Est on a créé le Royaume Hongrois oriental puis en 1570 la Principauté transylvanienne.

Finalement, en 1699, les Habsbourgs ont définitivement vaincu les Turcs et ont instauré un régime absolutiste qui rencontra une forte opposition de la part des paysans, des soldats renvoyés et de la noblesse terrienne. Cette résistance a pris forme dans une guerre d’indépendance intense entre 1703 et 1711. Après les premiers succès, faute de l’aide attendue de la part des Turcs et des Français, la guerre de libération s’essouffla et ses dirigeants ont été contraints d’accepter la paix de Szatmár en 1711.

Romantisme hongrois

Les dilemmes de l'indépendance et de la modernisation ont été posés de nouveau à l’époque de l’éveil national ou « l’ère des réformes » au cours de 19e siècle, qui ont culminé lors de la révolution mythique de 1848-49.

Suite à ces événements, l’empereur François-Joseph I a requis l’aide russe et a ainsi réussi à noyer la révolution dans le sang d'où résulta une série d’emprisonnements et exécutions. Les années suivantes furent marquées par la restauration du pouvoir des Habsbourgs.

Ce fut grâce à l’affaiblissement de l’Empire Autrichien à la fin du 19e siècle que la Hongrie a réussi à obtenir une large autonomie. Le compromis austro-hongrois fut signé en 1867 et fut l’acte de naissance de la Monarchie austro-hongroise. Le compromis donna une Constitution à la Hongrie et régla la répartition des compétences entre Vienne et le parlement hongrois. Le Compromis marqua le début d’une ère de croissance économique et culturelle. L’urbanisation et l’industrialisation progressives entraînèrent l’apparition des idées sociales et le renforcement des revendications nationalistes, notamment celles des Roumains, des Croates et des Serbes vivant à l’intérieur des frontières de l’Empire.

Une indépendance sous amputations territoriales

La Première Guerre mondiale mit fin à l’Empire austro-hongrois, ainsi qu'à la « belle époque ». En novembre 1918, la Hongrie est devenue indépendante et déjà – en profitant de la situation confuse créée par le démembrement de l’Empire – les pays voisins ont entrepris des démarches pour gagner du territoire. En 1920, par le Traité de Trianon, le territoire de la Hongrie a été amputé de deux-tiers ce qui a créé des problèmes économiques, sociaux et politiques sévères, qui incluent les minorités, aboutissant, de nos jours, à la « question hongroise ». Des minorités magyares importantes existent dans les pays voisins : Roumanie (1,8 million), Slovaquie (600 000), Serbie/Voïvodine (350 000), Slovénie et Ukraine (170 000).

Pour la société hongroise, le Traité de Trianon signifia un traumatisme irréparable qui entraîna des graves conséquences dans les années qui l’ont suivi. La plupart des hommes politiques de l’époque ont été obsédés par l’idée mythique de la « Grande Hongrie » et le désir de réviser le Traité. Ce fut ainsi, qu’entre les deux guerres, la Hongrie s’est rapprochée de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie qui lui ont promis de la soutenir dans ses revendications territoriales. En mars 1944 – sous la pression de la progression des Russes – les Allemands ont occupé le pays à l’aide des fascistes hongrois (les Croix fléchés de Ferenc Szalasi). Ce fut l’Armée rouge qui les a chassés en février 1945, ce qui représenta la date du début de plus de quarante années d'occupation communiste.

Occupation soviétique

La deuxième moitié du 20e siècle a été marquée par l’oppression soviétique, qui a détourné le pays des voies du développement occidental. Après les élections législatives de 1949 qui ont été très contestées, la Hongrie fut dotée d’une nouvelle Constitution qui donna naissance à la République populaire hongroise. Les années suivantes ont été marquées par la collectivisation forcée, par les mesures violentes entreprises contre les koulaks (paysans propriétaires) et par les expulsions. Ce fut aussi l’ère des délateurs et des procès de démonstration contre les « ennemis du régime ».

La date symbolique de la résistance hongroise contre ce régime oppressif est celle de la révolution de 1956 dont l’échec entraîna une vague d’exécutions, d’emprisonnements et de déportations dans les camps de travaux forcés. Le personnage symbolique de la révolution, Imre Nagy – Premier ministre hongrois – fut également exécuté et ainsi martyrisé pour toujours. Après la révolution, sur ordre du Moscou, János Kádár fut nommé premier homme du parti. Son nom est associé à l’« adoucissement » du régime et à partir des années 1960 et 1970 ; il a entamé une série de mesures économiques libérales. C’est ainsi que la Hongrie de cette époque fut connue comme « la plus joyeuse baraque » parmi des pays communistes.

La démocratisation et l’affaiblissement définitifs du régime a commencé à la fin des années 1980 et culmina dans le changement de régime en 1989. La République hongroise indépendante, démocratique fut déclarée le 23 octobre 1989. Suite aux premières élections législatives libres en 1990, le leader du parti MDF (Forum Démocratique Hongrois) József Antall a pu former un gouvernement.

Sur la route de l'Europe

Le nouveau gouvernement hongrois a clairement défini comme priorité de sa politique extérieure l’intention de s’intégrer le plus rapidement possible aussi bien aux structures transatlantiques achevée en 1999 avec l’adhésion à l’OTAN qu’aux institutions européennes, ce qui a pris plus de temps.

Les premiers contacts entre la Hongrie et les Communautés européennes ont eu lieu en 1968. Une coopération technique limitée a été établie dans le domaine du commerce. Néanmoins, ce n'est qu’en 1988 que les relations diplomatiques ont été rétablies. Le mois suivant, les parties procédèrent à la signature d'un accord de coopération commerciale et économique, ce qui constituait un précédent dans les rapports contractuels entre la Communauté européenne et les pays d'Europe centrale et orientale. L’Accord d’association a été signé en 1991. En 1998, le processus d’élargissement à l’Est a été officiellement lancé en aboutissant à l’adhésion du pays en 2004. Depuis le 21 décembre 2007, la Hongrie est également devenue membre de l’Espace Schengen.

Données politiques
Capitale: Budapest

Régime politique: République parlementaire

Membre de l'Union européenne depuis : mai 2004

Président de la République : László SÓLYOM (depuis août 2005)

Premier Ministre : Ferenc GYURCSÁNY (depuis octobre 2004)
 
Données socio- démographiques (2006)
 
Population: 10 098 milliers
IDH: 0,862
Espérance de vie: 72,6
Taux de fécondité: 1,30
 
Données économiques (2006)
 
PIB : 197 092 millions $
PIB/hab : 19 559 $
Taux de croissance : 4,2%
Inflation : 3,9%
Chômage : 7,8%
Monnaie : forint (HUF)
 
Pour aller plus loin sur Nouvelle Europe
 

 

 

 
Quelques liens pour aller plus loin
 
L'ambassade de Hongrie en France
Le portail du Premier ministre
Le portail du Parlement hongrois
 
A lire
 
Paul Lendvai, Les hongrois, Edition Noir Sur Blanc, 2006
Francois Fejtő, 1956, Budapest, l'insurrection, Complexe Eds, 2006
Phil Casoar, E. Balázs, Les héros de Budapest, Les Arenes Eds, 2006