Fiche pays : la République tchèque

Par Pauline Joris | 31 décembre 2007

Pour citer cet article : Pauline Joris, “Fiche pays : la République tchèque”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 31 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/340, consulté le 08 août 2022

drapeau_tchquegif.gifÉtat au centre de l’Europe, qui longtemps est passé de périodes d'autonomie à des périodes sous l'influence des États voisins, la République tchèque est une jeune démocratie à l’histoire riche, avec sa capitale Prague comme vitrine.

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L'hymne de la République tchèque  
 

Les origines

 

Les Slaves arrivent sur le territoire qui est aujourd’hui celui de la République tchèque, dès le Ve siècle de notre ère. Ce territoire avait été auparavant peuplé par les Celtes, romanisé, puis sous influence germanique.

 

A la fin du VIIIe siècle se constitue le royaume de Grande Moravie. Ce royaume est envahit en 907 par les Magyars, mais alors que le Sud du Royaume, slovaque, va rester pour près de mille ans sous domination hongroise, les Tchèques restent autonomes. Toujours au Xe siècle, celui qui deviendra l’un des personnages fondateurs de l’histoire tchèque, le prince de Bohême Venceslas prend le pouvoir avant d’être assassiné par son frère, en 935. Venceslas est rapidement béatifié et devient le patron de la Bohême ; la ville de Prague devient un centre de pouvoir et accueille l’évêché en 973.

 

Développement de la Bohême

 

Entre le XIe et le XIIIe siècle, la principauté devient un royaume et le pays commence à s’urbaniser (Brno, Znojmo, Podebrady). L’assassinat en 1306 de Venceslas III met fin à la dynastie : la Bohême fait partie du Saint-Empire romain germanique et le roi de Bohême devient l’un des sept Princes-Electeurs.

La seconde moitié du XIVe siècle est l’âge d’or de la Bohême : Charles en devient roi en 1346 puis le Saint empereur romain germanique en 1355. La première université d’Europe centrale est créée à Prague, qui devenue capitale de l’Empire et comptant 40 000 habitants, est rénovée (construction du pont Charles, de la nouvelle ville, de la cathédrale Saint Guy).

 

Les guerres de religion

 

La réforme touche violement la Bohême au début du XVe siècle sous une forme spécifique, celle du hussisme. Jan Hus, prêche avec succès un retour à une église pauvre, condamne les indulgences et place la Bible comme autorité suprême. Le Pape prononça un interdit sur Prague et Jan Hus est brûlé vif. La situation ne s’apaise nullement ; le 30 juillet 1419, les Praguois défenestrèrent les conseillers opposés à la Réforme. Jusqu’en 1436 (concile de Bâle qui accorde des libertés aux hussites modérés), la Bohême est en proie à une guerre fratricide. Le mouvement hussite est également politique parce que la question religieuse est associée à un mouvement anti-allemand et anti-impérial : le hussisme est aussi l’affirmation d’une identité tchèque singulière.

 

Les guerres religieuses reprennent au début du XVIIe siècle par une nouvelle défenestration : les gouverneurs impériaux sont défenestrés le 23 mai 1618 par les nobles praguois. C’est le début de la guerre de Trente Ans. La défaite des armées tchèques et protestantes contre les armées de la Ligue catholique mises en place par Ferdinand II lors de la bataille de la Montagne Blanche marque la mise sous tutelle de la Bohême par les Habsbourg. Conversions massives, construction de nombreuses églises baroques et de monastères : la Contre-Réforme recouvre la Bohême.

La Contre-Réforme s’accompagne d’une germanisation de la société. La Bohême comme la Moravie sont alors autrichiennes et aux Habsbourg jusqu’au XIXe siècle. Mais la Révolution française et les expansions napoléoniennes (Austerlitz) contribuent à une montée des revendications nationales, dans le contexte de l’affaiblissement de l’empire Habsbourg.

 

Affirmation culturelle tchèque

 

L’allemand est devenu majoritaire et est la langue des élites. Certains intellectuels s’attachent pourtant à faire revivre et actualiser la langue parlée dans les campagnes. Des revendications culturelles à celles politiques, il n’y a qu’un pas, franchit lors de la révolution de 1848, expression de l’opposition face aux rigidités des Habsbourg. La monarchie est sauvée grâce à l’armée et dès 1851, la Constitution relativement libérale issue du mouvement de 1848 est suspendue.

 

L’empire des Habsbourg est néanmoins contraint d’évoluer et devient bicéphale (règlement austro-hongrois après la bataille de Sadowa en 1866). Les revendications tchèques n’y sont nullement prises en compte et les Tchèques baptisent les quelques mesures qui leurs sont destinés dans les années 1870 « la politique des miettes ». Les relations entre Tchèques et Allemands de Bohême, qui représentent un tiers de la population à la fin du XIXe siècle, se détériorent. Au tournant du XXe siècle, la Bohême devient un important bassin industriel mais les tensions politiques aboutissent à la suspension, par décrets impériaux, en 1913, de la gestion décentralisée de la région.

La République de Tchécoslovaquie

Dès 1914, en exil, Tomáš Garrigue Masaryk organise la participation tchèque à la Première Guerre mondiale aux côtés des Alliés, tout en mettant sur pied les bases de la future République tchécoslovaque, avec le Tchèque E. Beneš et le Slovaque M. R. Štefánik.

 

Les frontières du nouvel État tchécoslovaque sont établies par le traité de Saint-Germain-en-Laye en 1919. Une Constitution parlementaire est votée en 1920 sur le modèle occidental ; Masaryk est élu et réélu président de la République tchécoslovaque jusque 1935. Le nouvel État comprend d’importantes minorités nationales : Allemands dans l’Ouest du pays (23% de la population du pays en 1921), Hongrois dans le Sud, Rroms. Les relations sont parfois difficiles avec ses minorités mais la Tchécoslovaquie reste une démocratie parlementaire durant l’entre-deux-guerres.

 

Abandonnée par ses alliés occidentaux, la Tchécoslovaquie doit accepter les décisions de l’accord de Munich (29-30 sept 1938), qui dépèce le pays en conférant les Sudètes à l’Allemagne nazie. En mars 1939, toute la partie tchèque est occupée par les troupes allemandes et devient le protectorat de Bohême-Moravie, soumise à un régime de terreur après 1942.

 

Depuis 1945

 

En mai 1945, la Tchécoslovaquie, libérée par les troupes soviétiques et la résistance, retrouve ses frontières d’avant 1938, à l’exception de la partie ukrainienne. La Tchécoslovaquie applique un programme de réorganisation économique dans un sens socialiste mais reste démocratique jusqu’en février 1948 et le coup de Prague : très bien organisé, le parti communiste prend le pouvoir en quelques jours.

La direction communiste s’emploie à faire de la Tchécoslovaquie une démocratie populaire modèle. La faillite menaçante de l’économie du pays au milieu des années 1960 l’oblige néanmoins à consentir à des mesures de libéralisation économique alors que parallèlement la contestation progresse au sein des milieux intellectuels. Au niveau politique, ces mouvements aboutissent le 5 janvier 1968 au remplacement du stalinien Novotny par le libéral Alexandre Dubček à la tête du pays. Fin de la censure, libération d’intellectuels, réhabilitation des victimes du stalinisme, quelques libertés religieuses, réforme des statuts du Parti sont quelques-unes des mesures de ce qui a été le « printemps de Prague », en 1968. Les troupes militaires du Pacte de Varsovie y mettent fin brutalement le 21 août, sans susciter de réactions de la part des gouvernements occidentaux.

 

Nouvelle indépendance et divorce vers la voie de l'Union européenne

 

Le Printemps de Prague aboutit en novembre 1989 dans une révolution qui fut à la fois tardive et très rapide, connue sous le nom de « révolution de velours ». Dès juin 1990 eurent lieu les premières élections libres. Mais rapidement la vie politique est dominée par les rapports entre Tchèques et Slovaques ; la séparation du pays entre deux états, Tchéquie et Slovaquie, est négociée en six mois. Le 1er janvier 1993, la République tchèque devient un nouvel État, dont le président de la République est le poète et dissident politique Vačlav Havel.

 

Emmenée par le Premier ministre libéral Vačlav Klaus, la République tchèque s’engage sans hésitations sur la voix de l’économie de marché. La Tchéquie se porte candidate à l’adhésion de l’UE dès 1996. Les gouvernements sociaux-démocrates engagent avec succès la République tchèque dans les négociations d’adhésion à l’Union européenne en 1998. Le 1er mai 2004, la République tchèque, alors présidé par V. Klaus, connu pour son euroscepticisme, adhère à l’Union après avoir approuvé à plus de 77% cette adhésion en juin 1993.

Données politiques
Capitale : Prague
Régime politique : Démocratie parlementaire
Membre de l'Union européenne depuis : mai 2004
Président de la République : Václav Klaus (depuis mars 2003)
Premier Ministre : Mirek Topolánek (depuis le 16 août 2006)
 
Données socio- démographiques (2006)
 
Population : 10 189 (en milliers)
IDH : 0,885
Espérance de vie : 76,5 ans
Taux de fécondité : 1,24
 
Données économiques (2006)
 
PIB : 236 536 millions $
PIB/hab : 23 100 $
Taux de croissance : 6,1%
Inflation : 2,6%
Chômage : 6,5%
Monnaie : couronne tchèque (CZK)
 
Quelques liens sur Nouvelle Europe pour aller plus loin
 
 
Quelques liens pour aller plus loin
 
Le site officiel de la République tchèque (en français)
Le site d'information en français de Radio Prague
 
A lire 
 
Histoire des tchèques et de slovaques, Antoine Mares, Perrin
Le divorce tchécoslovaque, Frederic Werhlé Harmattan, 1994
La république tchécoslovaque, Mamatey Victor-Luza Radomir, Librairie du Regard, 1987