Fiche pays : La Lettonie

Par admin | 31 décembre 2007

Pour citer cet article : admin, “Fiche pays : La Lettonie”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 31 décembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/319, consulté le 24 octobre 2021
lettonie La Lettonie est le plus "balte" des pays "baltes" : par sa langue et par sa position géographique entre ses deux voisines. Elle est souvent aussi le plus méconnu des trois : découverte du "pays qui chante".
lettonie La Lettonie est le plus "balte" des pays "baltes" : par sa langue et par sa position géographique entre ses deux voisines. Elle est souvent aussi le plus méconnu des trois : découverte du "pays qui chante"
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Les origines

Les origines de la Lettonie sont peu connues. La région est successivement occupée par les tribus issues des invasions indo-européennes puis finno-ougriennes. C'est ce qui explique la présence sur les terres lettones de tribus indo-européennes comme les Courres ou les Latgali alors que les Lives sont, eux, des tribus finno-ougriennes comme les Estes et les Finnois.

Sous influence allemande

Dès le Xe siècle, la région attire les marchands allemands, accompagnés de missionnaires. Au début du XIIIe siècle, une croisade est lancée pour christianiser la région, menée par les chevaliers Porte-Glaive et les chevaliers Teutoniques. Les croisés fondent Riga en 1201 : elle deviendra le foyer de diffusion de Christianisme et de la germanité, ainsi que la plus grosse cité de la Baltique orientale.

Fondus dans l'Ordre de Livonie, les chevaliers développent la région et y instaure des rapports fondés sur le système féodo-vassalique. Sous leur égide, Riga intègre la ligue Hanséatique en 1282 et devient un lieu important d'échanges entre l'Europe occidentale et la puissance montante des Russes.

L'Ordre de Livonie connaît des difficultés dans la seconde moitié du XVIe siècle sous l'influence croisée du développement de la Réforme et de la montée en puissance du Royaume Polono-lituanien. Les régions de Courlande, de Zemgale et de Livlande adoptent le Luthérianisme alors que la Latgale reste catholique.

L'ensemble de la Lettonie actuelle est conquise par le royaume polono-lituanien lors des guerres dites de Livonie (1558-1583). C'est au cours du XVIe que naît le sentiment d'une communauté lettone parlant une langue unique.

Dominations suédoises et russes

En 1621, durant la guerre suédo-polonaise, Riga est prise par les Suédois et devient la plus grande ville du royaume avant Stockholm.

Au début du XVIIIe, une phase d'expansion russe commence par la Grande Guerre du Nord. Dans celle-ci, la prise de Riga est un objectif clef car elle donnerait un débouché portuaire important pour les Russes sur la Baltique.

La Lettonie, entièrement soumise à la fin du XVIIIe siècle, devient une des régions les plus riches et les plus dynamiques de l'empire tsariste.

Intégrées successivement dans différents empires, les régions lettones sont caractérisées par le maintien (même sous dominations suédoises et russes) du système des baronies germaniques. Les grands propriétaires terriens restent allemands jusqu'à la Première Guerre mondiale et les populations lettones restent confinées dans une société agraire et sans réelles perspectives de mobilité sociale.

Au début du XIXe siècle se développe en Lettonie un sentiment national de plus en plus fort qui s'appuie sur la publication de journaux en langue lettone. Par ailleurs, le mouvement des « Jeunes Lettons » réclame que la Lettonie puisse jouir des mêmes avantages que les autres nations.

Cette première naissance du sentiment national letton s'accompagne aussi par une grande ouverture dans la métropole cosmopolite qu'est Riga aux idées socialistes. Ce foyer révolutionnaire a beaucoup compté dans la révolution de 1905.

La première indépendance

Malgré le renforcement du mouvement indépendantiste, les Lettons se battent vaillamment aux côtés des Russes lors de la Première Guerre mondiale.

Les troubles de la Révolution russe de 1917 créent les circonstances favorables à la proclamation d'une indépendance lettone, celle-ci est déclarée le 18 novembre 1918.

Le pays entre alors à la SDN en 1921 et acquiert une solide réputation de pays protecteur pour les minorités : le gouvernement aide celles-ci à mettre en place leurs propres systèmes éducatifs. Le pays se lance dans une réforme agraire pour remettre en cause la domination de la noblesse allemande sur les terres.

L'industrie commence à trouver une nouvelle vigueur, l'électronique se développe.

Pourtant, le pays est à la merci d'un retournement de conjoncture et les tensions montent au début des années 1930. C'est alors que survient le coup d'Etat pacifique de Karlis Ulmanis (15 mai 1934). Celui-ci tente de mener des réformes drastiques et de préserver l'indépendance lettone alors que les menaces se font plus précises.

Une nouvelle occupation

Le traité Molotov-Ribbentrop du 23 août 1939 divisait secrètement l'Europe de l'Est en zones d'influences et attribuait les pays baltes à l'URSS. Le 5 octobre, l'URSS impose un traité d'assistance mutuelle à la Lettonie et l'oblige à accepter des garnisons soviétiques dont le nombre (plus de 30 000) excède les capacités militaires lettones.

A l'appel du IIIe Reich, 80% des Allemands vivant toujours en Lettonie quittent le pays pour rejoindre l'Allemagne. Le 17 juin 1940, sous la pression de Moscou, c'est plus de 100 000 soldats qui occupent le pays : celui-ci perd sa souveraineté effective. Un gouvernement aux ordres et un parlement fantoche déclarent la Lettonie république constitutive de l'URSS.

La répression des opposants est immédiate : 14 000 Lettons sont déportés en Sibérie en 1941.

Mais le déclenchement de la guerre à l'Est pousse les Soviétiques à quitter la Lettonie, chassés par les Nazis. Une occupation sanglante succède à l'autre, enrôlant les anciens soldats dans leurs armées respectives.

La question de la participation volontaire de Lettons dans les forces allemandes et de leur participation éventuelle aux crimes nazis est très débattue et fait l'objet d'une commission d'historiens en Lettonie. Force est de constater que les Lettons se sont battus avec autant de vigueur des deux côtés et se sont largement entretués sur l'un des théâtres les plus sanglants de la guerre, le "chaudron de Courlande".

En 1944, l'Union Soviétique envahit de nouveau la Lettonie et organise une féroce répression. 12000 Lettons rejoignent les forces de résistance dans les forêts et combattent les troupes soviétiques en attendant une hypothétique aide venant d'Europe de l'Ouest. Les derniers combattants se rendirent en 1956.

L'agriculture lettone est collectivisée rapidement et l'URSS fait du pays sa principale base militaire en Baltique en raison de sa position.

Tout ne fut pourtant pas si noir : la totalité des systèmes de santé et d'éducation étaient gratuits et la Lettonie formait de nombreux chercheurs. ¼ des médicaments inventés en URSS l'auraient été en Lettonie.

Néanmoins, l'inanité de l'économie planifiée apparût dans les années 1980. La Perestroïka donna aux nationalistes Lettons la possibilité de revendiquer des droits pour leur pays : enseignement de la langue lettone, fin de l'immigration russe, souveraineté ...

Vers l'indépendance

Le 23 août 1989, en souvenir du 50e anniversaire du pacte germano-soviétique, les Baltes organisèrent la « voie baltique », une chaîne humaine de 600 kilomètres entre Tallin - Riga - Vilnius pour attirer l'attention de la communauté internationale sur les droits des Baltes à la souveraineté.

Lors des élections pour le renouvellement du Soviet Suprême Letton de mars 1990, les indépendantistes gagnent la majorité des sièges. Ils déclarent l'indépendance lettone le 4 mai. Moscou ne peut l'accepter et encourage les forces communistes à un Coup d'Etat en janvier 1991 auquel les Lettons résistent pacifiquement lors des « journées des barricades ».

Le Coup d'Etat manqué d'août 1991 à Moscou pousse les dirigeants lettons à déclarer l'indépendance effective du pays le 21 août 1991.

Le retour à l'Europe

Le pays retrouve vite sa place sur la scène internationale avec l'admission à l'ONU en 1992 et au FMI en 1994.

La question du sort des minorités russophones restées sur le sol letton après l'indépendance empoisonne la vie politique du pays depuis 1991. Sous la pression internationale, la Lettonie a mis en place puis considérablement assoupli le processus de naturalisation au milieu des années 1990. Il faut dire que plus de 18% des habitants du pays, pour la plupart russophones, n'ont toujours aucune citoyenneté.

La question russophone a été l'un des principaux contentieux entravant l'entrée du pays dans l'Union européenne après sa demande d'adhésion en 1995. Mais une attitude relativement ouverte des autorités a mené les Européens à accepter l'adhésion lettone et son entrée effective dans l'Union le 1er mai 2004.

Depuis, la Lettonie s'est illustrée par sa forte croissance économique et sa volonté de pousser plus en avant l'intégration européenne. C'est pour cela que le choix de son ancienne présidente, Vaira Vike Freiberga, comme vice-présidente du Comité des Sages de l'UE a trouvé un large consensus au sein du Conseil Européen en 2007.

Données politiques
 
Capitale : Riga
Régime politique : Démocratie parlementaire
Membre de l'Union européenne depuis : mai 2004
Président de la République : Valdis ZATLERS (depuis juillet 2007)
Premier Ministre : Aigars KALVITIS (depuis décembre 2004)
 
Données socio- démographiques (2006)
 
Population : 2,289 (en milliers)
IDH : 0, 845
Espérance de vie : 72,7
Taux de fécondité : 1,29
 
Données économiques (2006)
 
PIB : 35 684 (millions de $)
PIB/hab : 15 549 $
Taux de croissance : 6,9 %
Inflation : 6,5 %
Chômage : 6,1 %
Monnaie : lats (LVL)
 
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Ailleurs sur Internet
 
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Site du Parlement
 
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A lire
CHAMPENNOIS, S & de LABRIOLLE, F., Dictionnaire historique de la Lettonie, Armeline, 2003
PLASSERAUD, Y., Les Etats Baltiques, Armeline, 2003