Franck Debié : la géographie humaine et l'identité européenne de la Russie

Par Sara Pini | 19 novembre 2007

Pour citer cet article : Sara Pini, “Franck Debié : la géographie humaine et l'identité européenne de la Russie”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 19 novembre 2007, http://www.nouvelle-europe.eu/node/315, consulté le 07 août 2020

debie2opinionFranck Debié assure la direction générale de la Fondation pour l'innovation politique, think-tank qui opère dans les domaines social, éducatif et européen. Normalien, docteur en géographie politique, il a accepté de nous livrer sa vision de l'identité géographique de la Russie.

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opinionFranck Debié assure la direction générale de la Fondation pour l'innovation politique, think-tank qui opère dans les domaines social, éducatif et européen. Normalien, docteur en géographie politique, il a accepté de nous livrer sa vision de l'identité géographique de la Russie.

 

Dans votre contribution au dernier numéro de 2050, la revue de la Fondation pour l’innovation politique, vous soutenez l’identité européenne de la Russie en prenant appui sur la géographie humaine plutôt que sur la géographie historique, qui nous présente au contraire la Russie comme étant un Etat eurasiatique. Est-ce que vous pouvez détailler ces propos ?

 

C’est assez simple : 80% de la population russe, et même un peu plus si on prend en considération l’histoire de la Russie, s’est toujours trouvée en Europe, au sens géographique du terme, c'est-à-dire du côté européen de l’Oural. En fait, la majorité des Russes, au cours de l’histoire et encore aujourd’hui, s'est trouvée encore plus proche des autres Européens, puisque plus de 50% des Russes qui ont vécu et qui ont porté ce nom, depuis la fondation de la Russie autour de la principauté de Moscou, ont vécu à l’ouest du fleuve Don, c'est-à-dire à moins de 1000 km des frontières actuelles de la Pologne et de la Roumanie. Donc, du point de vue de la géographie de la population, les Russes sont en Europe et ont vécu au contact des autres Européens.

 

Evidemment, l’isolement de l’Union soviétique pendant les premières années du XXe siècle, puis la Guerre froide, nous ont un peu fait perdre le sens de cette proximité européenne de la Russie. Par ailleurs, dans la période contemporaine, le fait que l’Ukraine, la Biélorussie, les pays baltes soient devenus indépendants a rejeté d’une certaine manière la Russie vers l’Est. Nous n’avons plus de continuité de population avec la Russie, en dehors de Kaliningrad, nous avons donc l’impression que la Russie a reculé vers l’Eurasie, alors que l’essentiel des Russes reste toujours, aujourd’hui plus que jamais, en Europe.

 

A ceux qui insistent sur les caractères spécifiques de la civilisation slave en Russie et sur ses traits culturels particuliers, sur "l’âme russe", je réponds donc qu’il y a une autre interprétation, qui est celle que je privilégie, qui est celle, plus modeste, de regarder où sont les Russes, dans la continuité de quels espaces ils ont vécu et si leur destin a été si différent des populations voisines avec lesquelles, il faut bien se souvenir, ils ont été très longtemps en contact et en situation d’imbrication.

 

Donc voilà pourquoi je plaide non pas pour une identité culturelle européenne de la Russie, mais pour une présence de la Russie et des Russes en Europe et cette proximité géographique ne peut pas manquer d’avoir eu des conséquences culturelles.

 

Vous parlez aussi de la géographie linguistique qui fait que les russophones vivent beaucoup plus en Europe, qu'ils sont par conséquent plus concentrés en Europe.

 

Oui, par rapport à toutes les grandes europhonies : l’anglophonie est largement extraeuropéenne, la francophonie est aujourd’hui principalement africaine, la russophonie au contraire est principalement européenne. Bien sûr, une partie de l’Asie centrale est russophone, une petite partie de l’Asie orientale, la Sibérie est russophone, mais l’essentiel de la russophonie est en Europe : elle est vivante dans les pays baltes, en Ukraine (le plus grand pays russophone, après la Russie), dans une partie de la Biélorussie et dans une partie du Caucase. De ce point de vue là, la russophonie est comparable à la germanophonie : ce sont les deux grandes langues du continent européen.

 

On peut alors se demander comment expliquer la contradiction entre d’un côté une communauté de valeurs et d’identité et de l’autre côté les divergences entre l’UE et la Russie, mais surtout le fait que l’UE est perçue comme une alternative par rapport à la Russie, aussi bien dans les nouveaux Etats membres de l’UE issus du bloc soviétique que dans les pays frontaliers comme l’Ukraine.

 

Je pense que les divergences entre l’UE - ou du moins certains Etats de l’UE-, et la Russie sont des divergences d’Etat à Etat, qui renvoient principalement à des éléments de concurrence stratégique (la question de l’énergie, la concurrence sur les normes), et au désir de l’Etat russe d’affirmer la totalité de sa souveraineté.

 

Si l’Etat russe éprouve de manière si forte ce besoin d’affirmer la totalité de sa souveraineté, c’est bien parce que l’UE, qui ne peut pas la menacer militairement, qui n’a pas les moyens de conquérir politiquement la Russie, représente toutefois pour la société russe un modèle normatif attractif. Les Russes se retrouvent dans les valeurs de libre concurrence, de progrès scientifique, de solidarité sociale qui sont ceux de l’UE et il pourrait donc y avoir une extension discrète et inévitable des pratiques de l’UE, face à quoi la Russie, je pense de manière consensuelle dans sa société, éprouve le besoin de conserver un Etat souverain, de ne pas connaître une perte invisible de sa souveraineté.

 

Ce besoin de souveraineté est aussi créé par l’impression d’anarchie qui a prévalu au moment de la transition entre l’URSS et la CEI, où les Russes ont pu avoir le sentiment que le pays tombait par terre, que la société se réorganisait sur des bases qui n’étaient pas du tout celle de l’économie de marché libérale mais des bases beaucoup plus anarchiques, qu’il n’y avait plus d’ordre dans le pays. Ce besoin de souveraineté rencontre donc aussi un besoin d’ordre de la Russie.

 

Je pense qu'il ne s'agit pas d'aspirations contradictoires, qu'il est compréhensible que les Russes d'un côté souhaitent un Etat souverain et se reconnaissent assez fortement dans le thème de la « démocratie souveraine » développé par le président Poutine (en tout cas c’est un slogan politique qui marche), et qu'ils souhaitent en même temps une progression des valeurs européennes, d’où le soutien des Russes à l’entrée de leur pays dans l’OMC, à l’introduction de normes européennes dans les entreprises, dans les universités et dans l’administration. La réforme actuellement en cours dans l'administration russe est par exemple de nature profondément européenne. Donc, sous les confrontations d’Etat à Etat, il y a en même temps un progrès de l’esprit et des normes européennes en Russie qui à mon avis est indiscutable.

 

Que les pays de l’est de l’Europe, qui ont été soumis à la domination russe, aient cherché à s’en échapper, je crois qu’il n’y a rien de plus normal. Qu’ils aient essayé, à ce moment là, de montrer à quel point ils étaient, eux (je pense aux Tchèques, aux Hongrois, aux Slovaques, aux Polonais), plus proches de la tradition culturelle de l’Europe du XIXe siècle que de la Russie, cela a été non seulement quelque chose à laquelle ils croyaient mais aussi un slogan politique efficace.

 

Ils ne sont pourtant jamais allés jusqu’à dénier aux Russes de partager, avec eux-mêmes et avec le reste des Européens, l’essentiel des valeurs de l’Europe. Ils se sont faits d’une certaine manière les champions de l’européanité la plus complète, en disant « nous sommes les plus Européens des Européens, c’est notre droit de retrouver la famille européenne avant d’autres », mais je ne crois pas que les Polonais ou les Tchèques aient jamais fait aux Russes le procès d’être des euro-asiatiques. Les valeurs européennes, qui ne sont pas nécessairement les normes communautaires actuelles, sont de ce point de vue là des valeurs de l’Europe du siècle dernier, c'est-à-dire une espèce de citoyenneté culturelle européenne, à laquelle participe une certaine forme d’éducation humaniste, ouverte aux arts, un modèle d’éducation plutôt exigeant et libéral, un goût des sciences, un goût des livres, un goût des beaux arts, toutes choses dont on voit mal pourquoi on devrait nier aux Russes la possession.

 

Je pense que si les pays d'Europe de l'Est ont affirmé une européanité plus forte (je pense par exemple à Patochka), c’est à cause de la permanence historique plus longue de ce modèle de société ouverte européenne, où le poids du politique était plus faible qu’en Russie et où la participation de tous était plus massive, parce que il n’y avait pas de servage, parce que l’illettrisme était plus faible, parce que dès le XVIIIe siècle la population était plus largement éduquée qu’elle ne l’était au même moment en Russie. Donc, là où seulement une partie des Russes participait à la société européenne, des pays fortement et précocement développés comme la Bohême, au cœur de l’empire austro-hongrois, ou la Silésie, partagée entre la Prusse et la Pologne, avaient déjà une population participant largement, y compris dans le milieu rural, à cette culture européenne, à cette mobilité européenne. Là aussi, je crois donc que c'est une question de pondération plus que de différence de valeurs.

 

Comment voyez-vous maintenant le futur des relations entre l’UE et la Russie ? Si on partage une même identité, on partage des valeurs, donc on partage aussi en partie des intérêts ; comment donc trouver des points de rencontre, mettre en évidence ce qui nous rapproche plus que ce qui nous partage ? Quelle est la démarche qu’on peut suivre ?

 

Elle ne peut pas être entièrement institutionnelle. Certes, c’est le rôle des constructions politiques, et notamment d’une construction politique comme l’UE, d’inscrire ces partenariats dans le droit, c'est-à-dire dans des accords, dans des institutions, dans des forums et on sait qu’il y a une assez grande densité d’accords entre l’UE et la Russie, qui est renforcée par une densité assez forte de coopérations bilatérales entre les Etats, grands ou petits, de l’Union et la Russie. Mais je crois que la vraie logique est celle du rapprochement de la société civile, qui se fait spontanément, sans nécessairement que les Etats y interviennent beaucoup.

 

Un facteur d’accélération important peut être que les Russes participent davantage à la vie de la société en Europe et inversement et là les questions du traitement des migrations, des visas, de l’ouverture de nos pays aux chercheurs russes et inversement sont absolument centrales. Je crois que les choses se sont déjà beaucoup améliorées, mais je pense qu’elles peuvent faire un bond en avant, à partir du moment où l’Union définira une politique migratoire et un certain nombre de systèmes incitant le passage des chercheurs, par exemple. Je crois que c’est cela le principal facteur d’accélération des échanges.

 

Les facteurs de difficultés vont cependant persister, car la Russie n’a pas nécessairement les mêmes intérêts énergétiques que l’UE, encore que la sécurité énergétique de l’une soit liée à celle de l’autre : la Russie a besoin d’un client européen stable et l’Europe a besoin d’un fournisseur russe dont les conditions de prix soient elles aussi relativement stabilisées. Il y a donc un fond d’intérêt mutuel, bien que, sur des choses qui ne sont pas nécessairement fondamentales, il peut y avoir des divergences qui vont persister.

 

De plus la Russie, sur les questions de sécurité, a une vision différente de celle que peuvent avoir les Européens. On peut d’ailleurs assez bien comprendre la vision de sécurité des Russes, qui ne souhaitent pas voir s’élaborer à leur frontière ce qui pourrait apparaître comme un dispositif de containment ; les Russes ne veulent pas être enfermés en Russie par un cordon sanitaire qui rappellerait celui mis en place dans les années 1930 et les Européens n’ont d'autre part pas intérêt à enfermer les Russes en Russie.

 

Je crois que ce n’est pas le cas pour l’instant, mais c’est une perception qui existe en Russie et qu’il faut prévenir, en montrant que les Européens restent sérieux dans l’application par exemple des textes du traité CFE sur les forces conventionnelles en Europe, qu’ils sont prêts à le modifier pour tenir compte des nouvelles réalités. Ce traité, il faut le rappeler, a été négocié en 1988-89, à une époque où le monde était très différent. Les Russes ont demandé son actualisation et je crois que les Européens ont intérêt à réfléchir à une réactualisation sérieuse qui permette, sur cette question de la sécurité, de créer la confiance (à travers des inspections et un niveau faible d’armement conventionnel notamment). Je crois que les Européens ont intérêt à avoir une formule actualisée de ce traité, plutôt que de laisser s’évanouir ou se dissoudre ce qui a été une pierre d’angle de la confiance mutuelle en Europe.

 

La Russie a toujours eu une vocation qu’on pourrait définir comme impériale, pas impérialiste mais impériale, dans un sens plus neutre, parce qu’elle s’est toujours considérée comme porteuse d’un projet universel, qui ne pouvait pas rester enfermé à l’intérieur de ses frontières. En même temps, l’UE aussi est porteuse d’un projet universel que certains considèrent comme impérial voire impérialiste. Est-ce qu’on ne pourrait pas trouver un clash là aussi entre deux projets qui ne seraient pas conciliables ?

 

Je crois que la Russie n’est pas le seul des grands pays européens à porter un désir d’influence au-delà de ses frontières, je crois au contraire que c’est le cas de tous les grands Etats européens : l’Allemagne, la Turquie, il n'est pas un seul grand pays qui n’ait pas le même désir.

 

Cette influence est toujours en partie liée à l’héritage de l’histoire, c'est-à-dire qu’il y a des liens culturels, des liens économiques, des liens sociaux, des liens de famille qui font qu’il est difficile pour les Russes de se désintéresser de ce qui se passe dans une partie de l’Europe, tout comme il est difficile pour les Allemands ou les Turcs de se désintéresser de ce qui se passe dans leur propre zone d’influence.

 

Ceci dit, les zones d’influence d’aujourd’hui ne sont pas celles du XIXe siècle, ce ne sont pas des zones de domination politique. Je crois que jamais les Russes n’ont prétendu dominer entièrement, politiquement, un Etat actuellement membre de l’Union, lui imposer par le biais de pressions de type politique ou militaire ses dirigeants ou lui inspirer la totalité de sa politique. Je crois que les zones d’influence aujourd’hui servent surtout à exprimer une certaine hiérarchie dans l’ordre international : il y a de grands Etats qui ont une tradition historique, qui ont des moyens supérieurs aux petits Etats et qui donc ont une influence de fait à cause de leur poids économique, à cause de la tradition, à cause aujourd’hui pour certains aussi de leur poids énergétique. Par ailleurs, les zones d’influence servent, et c’est normal, à promouvoir certains intérêts et il n’y a aucun Etat qui soit dénué d’intérêts à promouvoir, donc il ne faut pas exagérer la volonté d’influence de la Russie en Europe.

 

Il s’y ajoute un troisième facteur : c’est que la Russie fait partie, comme la France et la Grande Bretagne, des nations clés qui organisent la sécurité dans le monde au sein du Conseil de Sécurité. La Russie a joué ce rôle de manière positive depuis la fin de la Guerre froide et elle entend ne pas en être privée par un consensus trop automatique, sur tous les dossiers, des occidentaux. De ce point de vue là, je crois que l’affaire du Kosovo, des années 2000-01, où une intervention militaire s’est déroulée en Europe sans l’aval de la Russie au Conseil de Sécurité, a été mal vécue par celle-ci comme une limitation de ses droits de grand Etat, garant de la sécurité internationale, y compris en Europe. Et on ne comprend pas l’attachement de la Russie à cette question du Kosovo sans se souvenir que les occidentaux, qui croyaient, de bonne ou mauvaise fois, à l’existence d’un génocide au Kosovo, ont agi dans l’urgence et en dépit des règles du droit international. 

 

Je crois que la Russie d’aujourd’hui, qui a réaffirmé sa puissance, n’est pas prête à tolérer de nouvelles restrictions à son statut de grand pays du Conseil de Sécurité et à se contenter d’une espèce de siège de seconde catégorie où elle n’aurait que le droit de dire oui et je crois que ce qu’on appelle le désir d’influence de la Russie tient beaucoup à cette perception que les jeux de pouvoir et d’organisation de la sécurité internationale ne sont pas suffisamment débattus avec elle.

 

Une dernière question : vous terminez votre article en disant qu’au fond, la Russie, du point de vue du peuplement, est beaucoup plus européenne que la Turquie, la Russie étant plus concentrée dans sa partie européenne, la Turquie au contraire plus du côté asiatique ou en tout cas autour d’Istanbul. Même si les négociations avec la Turquie avancent très doucement et il y a encore plein de résistances, c’est quand même un pays candidat. Est-ce qu’on pourrait imaginer, évidemment pas à court terme, une candidature russe à l’UE ?

 

Je crois que la Russie ne le désire pas mais que la phrase de Romano Prodi, qui proposait à la Russie « tout sauf les institutions » reste une phrase d’une grande actualité. Le potentiel de rapprochement avec la Russie, qui dépend d’un désir d’ouverture en Europe, de réforme en Russie et d’accord de bonne forme sur les sujets en discussion, est encore énorme. Je ne pense pas que la Russie, à cause de l’importance pour les Russes de leur propre souveraineté, soit tentée, à ce stade, par un transfert de souveraineté, même limité, à une union comme l’UE.

 

Ceci dit, l’UE va évoluer, la Russie va évoluer, donc on ne peut jamais entièrement exclure l’avenir. En tout cas, rien ne l’empêche dans le fonctionnement actuel de la Russie, qui est une économie de marché, qui s’organise selon le principe du multipartisme, qui est une société qui appartient à la culture européenne ; aucun des critères de Copenhague ne s’opposerait absolument à une demande d’adhésion de la Russie. Je pense qu’aucun de ces critères ne serait non plus rempli immédiatement, que l’économie de marché reste encore en dehors des règles de concurrence qui sont celles de l’Union, que la démocratie et le système juridique ne sont pas équivalents à ce qui existe dans l’Union, que ce soit pour la protection des libertés collectives (liberté de presse, d’association) ou individuelles et que du point de vue de la cohabitation culturelle l’existence en Russie, comme d’ailleurs en Ukraine ou dans d’autres pays encore en ce moment, d’une très grande pauvreté pour une partie de la population crée de fait une différence avec les pays les plus avancés d’Europe occidentale. Ceci dit, on a vu d’autres pays d’Europe orientale connaître un mécanisme de rattrapage.

 

Quant à la Turquie, je dirais que si on regarde de près la carte des densités, c’est à peu près la même chose que la Russie : si on regarde la Turquie non pas dans son extension territoriale, mais du point de vue de la concentration de ses densités, on voit que l’essentiel des Turcs vit au bord de la mer de Marmara, au bord de la mer Egée, dans le bassin d’Ankara, qui n’est pas très distant de cette zone là et un peu le long de la Mer noire, c'est-à-dire assez proches de l’Europe. La grande Turquie intérieure, l’Anatolie des montagnes, le haut bassin de l’Euphrate, le Taurus, ce sont des régions qui sont très largement vides et qui le sont de plus en plus. Il se passe comme si là aussi il y avait un tropisme vers l’Europe, vers la mer Méditerranée et ses prolongements, d’une très grande partie de la population turque.

 

 

Pour aller plus loin :
 

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A lire
 Dossier "Peut-on se passer de la Russie?", 2050. La revue de la Fondation pour l'innovation politique, n°5, juillet 2007
 

 

 
 
 

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