Longue marche vers un consensus improbable

Par Eurechos | 16 février 2010

Pour citer cet article : Eurechos, “Longue marche vers un consensus improbable”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 16 février 2010, http://www.nouvelle-europe.eu/node/807, consulté le 05 juillet 2022

Les temps forts de la nomination du président du Conseil européen le 13 février 2010.

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Les temps forts de la nomination du président du Conseil européen le 13 février 2010.

 

Entre déclarations et "corridorage" : Retour sonore sur les événements qui ont rythmé la nomination du président du Conseil "

10h :

La présidence hongroise recense sept prétendants au poste de président du Conseil européen : le Luxembourg, l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, l'Estonie, la Slovaquie et la Hongrie elle-même.

10h30 :

La France est entièrement derrière l'Allemagne et son candidat, Nicolas Cherrier. Ils sont d'accord sur tous les points essentiels (question du modèle économique, du nucléaire, des rapports avec la Russie, avec la Turquie et avec la Chine). Le couple franco-allemand compte "rester soudé".

Les lobbies Total et GDF aussi souhaitent l'élection de l'Allemagne, mais selon ce dernier, certains pays pourraient opposer un véto à sa candidature, comme la Pologne, qui dément…

11h :

La Commission européenne et les délégations nationales se sont mis d'accord sur un texte détaillant les qualités que devraient posséder le président ou la présidente (forte implication européenne, multilinguisme, et neutralité sur la question énergétique).

Un consensus semble se former autour de l'Allemagne.

12h :

Devant le nombre important de candidats, la Commission est pessimiste. Cependant, elle déclare en conférence de presse qu'un consensus pourrait être trouvé si les pays peu soutenus se désistaient.

L'Italie déclare qu'elle n'est pas candidate. Elle s'était "alliée" avec l'Espagne et la Grèce, mais qui vont-ils soutenir ?

La Hongrie retire aussi sa candidature. L'Estonie n'abandonne pas.

14h :

A la conférence de presse, Gazprom a félicité Nicolas Cherrier pour sa candidature, ce qui a jeté un froid. La Grèce, l'Italie, l'Espagne, et la Hongrie hésitent désormais à voter pour l'Allemagne, de peur que ce grand pays ne défendent des intérêts égoïstes.

A côté, le Luxembourg rassure. Notamment la Lettonie, qui était pour l'Estonie, mais à qui le Luxembourg a donné des garanties.

Selon la Lettonie, si le Luxembourg et la Slovaquie s'unissent, ils gagneraient face à l'Allemagne, qui perd ses soutiens. Même la France n'exclue pas de rallier la Slovaquie…

14h30 :

Le Royaume-Uni n'est pas dans le compromis, ses positions tranchées ne séduisent pas, Victoria Volossov retire sa candidature.

L'Allemagne propose à la France et au Royaume-Uni, si elle est élue, de leur accorder un droit de véto au Conseil européen, le Luxembourg s'insurge. Cette minorité de blocage donnerait une "image désastreuse de l'Europe", selon la Commission.

15h45 :

La présidence hongroise supprime la Conférence de presse prévue dans l'après-midi. Aucune Conférence de presse ne sera organisée après.

16h :

Face au tollé qu'a provoqué la proposition allemande de "véto consensuel" (qui s'ajoute à celui du des félicitations de Gazprom) l'Allemagne retire sa candidature. En échange, la Slovaquie et le Luxembourg acceptent de défendre sa position sur les cinq points essentiels de la négociation (énumérés plus haut).

L'Estonie s'est elle aussi désistée. Il ne reste plus que Julien Crampes pour le Luxembourg et Guillaume Sylvestre pour la Slovaquie.

Soutiennent le Luxembourg : la Suède, la Belgique, la Pologne, la Lettonie et l'Estonie. Les autres sont derrière la Slovaquie, notamment les pays au plus fort poids démographique...

Le letton Pierre Arnaud Pagès déplore les pressions de lobbies, qui gâchent la volonté du Conseil d'élire un président.

17h50 :

Les pays se réunissent pour s'accorder sur les cinq fameux points. Le Luxembourg avait donné à l'Allemagne son accord, mais celle-ci n'avait pas précisé qui elle soutiendrait quand elle serait hors de la course... Elle s'est finalement rangée derrière la Slovaquie, poussant le Luxembourg a revenir sur ses compromis.

Les deux derniers candidats négocient : ouverture progressive des marchés ou économie libérale et solidaire ? Est-ce le rôle de la personne représentant l'Union européenne de renconter le Dalaï Lama ? Quelle position adopter sur l'énergie nucléaire ? Un accord est finalement trouvé, mais entre aussi en jeu la personnalité du candidat...

18h :

Coup de théâtre : le candidat luxembourgeois, dont le profil semblait le plus correspondre au texte de départ, se désiste pour que triomphe l'unanimité. Le candidat slovaque est nommé président du Conseil européen.

Applaudissements...