Les élections en Pologne - une subtile redistribution des cartes ?

Par Zbigniew Truchlewski | 27 novembre 2006

Pour citer cet article : Zbigniew Truchlewski, “Les élections en Pologne - une subtile redistribution des cartes ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 27 novembre 2006, http://www.nouvelle-europe.eu/node/61, consulté le 27 septembre 2022

urneLes élections municipales commencées le 12 novembre dernier viennent de se terminer, avec le second tour des élections qui a eu lieu ce dimanche 24 novembre.

La Plateforme Civique (PO) a pris sa revanche sur le parti rival, le Parti Droit et Justice (PiS) des frères Kaczynski : Varsovie, ville de loin la plus importante, a été remportée par Hanna Gronkiewicz-Waltz ( 53,18 %) – ancienne présidente de la Banque Centrale Polonaise (NBP) et vice présidente de la BERD de 2001 à 2004. Son opposant n'était autre que Kazimierz Marcinkiewicz, ancien premier ministre de PiS (46,82 % des voix). Cette victoire est d'autant plus symbolique qu'elle reprend la ville des mains du PiS, puisque son ancien maire était Lech Kaczynski (élu en 2002), actuel président de la République Polonaise.
 

Mais s'il y a une redistribution des cartes, on aurait tort de la chercher dans une grande victoire de PO : celle-ci est moins importante qu'il ne semble car, même si le PiS a reçu un « carton rouge » pour Varsovie, selon Gonkiewicz-Waltz, il n'en reste pas moins que le PiS a gardé la majorité des conseils communaux et, surtout, la deuxième ville de Pologne, Łớdź. Cracovie, quant à elle, est restée aux mains de Jacek Majchrowski, issu de la gauche. Il semblerait donc que les rapports de force politiques tendent vers une coalition PO-Parti Démocratique (gauche) dit-on officieusement.

 
 

Le changement est cependant à voir autre part : s'il y a bien des perdants, ce sont bien les populistes de Samoobrona (Autodéfense) et les Ultracatholiques de LPR (Ligue des Familles Polonaises). Les premiers ont perdu une partie de leurs électeurs traditionnels, les paysans, et les seconds n'ont recueilli que peu de voix. On notera que le slogan de ces derniers était « rodzina, praca, Polska » (famille, travail, Pologne), ce qui n'est pas sans rappeler la devise de Vichy, « travail, famille, patrie ».

 
 

Est-ce à dire que l'échiquier politique polonais est en train d'opérer un recentrage dont les principales victimes seraient les extrêmes populistes ?