Lancement de la préparation de la Présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne en 2011

Par Csilla Vegh | 16 février 2009

Pour citer cet article : Csilla Vegh, “Lancement de la préparation de la Présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne en 2011”, Nouvelle Europe [en ligne], Lundi 16 février 2009, http://www.nouvelle-europe.eu/node/604, consulté le 16 août 2022

3.jpgParmi les douze nouveaux membres de l’Union européenne, après la Slovénie et la République tchèque, en 2011 ce sera le tour de la Hongrie d'assurer pour la première fois la Présidence du Conseil de l’Union européenne. Ainsi, entre janvier et juin 2011, pendant six mois, la Hongrie aura l’occasion de jouer un rôle actif dans la formulation de l’agenda de l’UE.

 

Le contexte de cette présidence

Dans le Traité de Lisbonne, qui est actuellement en cours de ratification, les 27 États membres ont mis à l’écrit leur volonté de remplacer la présidence tournante de six mois par une « présidence trio » de 18 mois dont les pays participants sont invités à élaborer un programme commun pour ainsi assurer la continuité des affaires. Bien que le Traité de Lisbonne ne soit pas encore entré en vigueur, cette modification est appliquée depuis janvier 2007 quand le premier trio – composé de l’Allemagne, du Portugal et de la Slovénie –  a pris ses fonctions. Malgré cette nouvelle formule, un État assure toujours pendant six mois la Présidence du Conseil de l’Union européenne, mais il doit coopérer avec les deux autres États qui le suivent (ou qui le précèdent).  

La Hongrie formera un trio avec l’Espagne et la Belgique, dont l’Espagne sera le premier État qui prendra la Présidence en janvier 2010. En Hongrie, on considère que le pays a de la chance d'être dans un groupe avec d'anciens États membres qui peuvent partager leurs expériences. Elle prépare donc cet événement avec enthousiasme – mais aussi avec de l’angoisse vue l’ampleur de la tâche – depuis mai 2008.  

Le calendrier

Depuis mai 2008, les rencontres entre secrétaires d’États des trois pays se multiplient. En mai, ils se sont rencontrés à Bruxelles, puis en septembre à Madrid et début 2009 à Budapest, les pays devront finaliser le projet de programme commun du trio. En novembre 2009, l’Espagne, la Belgique et la Hongrie devront présenter leur programme devant le Conseil des Affaires générales et des Relations extérieures et l’adoption du programme final des 18 prochains mois sera effectué lors du sommet du Conseil européen de décembre 2009.  

Après l’adoption du programme commun des trois pays, chaque pays devra définir les lignes directrices de sa propre présidence. Ainsi, la Hongrie doit présenter un programme au plus tard en printemps 2010 et établir un calendrier d’ici mai 2010.  

Il est à noter également qu’en 2010, une ville hongroise, Pécs sera nommée Capitale européenne de la culture. Ceci représente une occasion de populariser la Présidence hongroise et la coopération avec la Belgique et l’Allemagne en invitant des villes belges et allemandes à participer aux manifestations organisées à ce propos.

Une particularité de la présidence espagno-belgo-hongroise est le lancement d’un appel d’offre pour un logo commun. L’appel a été lancé en novembre 2008 et le logo gagnant doit contenir à la fois les emblèmes connus de chaque pays et un motif commun pour la présidence. Chaque pays doit choisir dix candidats nationaux (donc 30 candidats au total), dont le gagnant sera sélectionné par un jury commun en février 2009. En Hongrie, le dixième logo candidat a été sélectionné par le public lors d'une vote sur Internet.  

Les moyens consacrés

En Hongrie, l’autorité chargée des travaux préparatoires de la Présidence est le Département de « l’UE – Coordination et Droit » du Ministère des Affaires étrangères (« Külügyminisztérium »). Le  responsable direct de la préparation est M. Gábor Iván, Secrétaire d’État du ministère. Il existe également une « Commission de la Présidence de l’UE », présidée par le Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsány, et un « Groupe de travail pour la Présidence de l’UE » a été également mis en place avec la participation des cinq partis représentés dans le Parlement hongrois.  

Un élément important du bon déroulement de la Présidence est la sélection d’une équipe « présidentielle » compétente, dont les membres parlent plusieurs langues et connaissent les politiques de l’UE. Dans un premier temps, la majorité de l’équipe professionnelle a été sélectionnée parmi les employés des différents ministères ayant déjà une expérience relative de l’Union européenne. Ensuite, les postes restants sont remplis via des appels à candidatures publics, dans le cadre duquel le Ministère recherche essentiellement des personnes parlant le français.  

Un autre élément essentiel est le budget de la Présidence. Selon les calculs préalables, la Hongrie doit envisager un budget de 50 milliards HUF (forint hongrois) pour pouvoir assurer l’accueil et la sécurité appropriés des délégations de haut niveau (il faut compter 27 États et les représentants des trois candidats officiels), puis l’hébergement du personnel et l’organisation des nombreux sommets du Conseil.  

Le programme du trio

Selon M. Iván, le contenu du programme de la Présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne est à 85 % fixe, il ne reste environ que 15 % de marge de manoeuvre pour le pays. Le programme du trio est composé de deux grandes parties : un programme stratégique de 4-5 pages  contenant les objectifs politiques du trio et un programme opérationnel de 60-80 pages qui décrit en détail le programme stratégique (plans d’action, actes législatifs européens nécessaires, etc).

La Hongrie a proposé les thèmes suivants comme lignes directrices du programme stratégique du trio :  

  • La nouvelle phase de la stratégie de Lisbonne (la stratégie de Lisbonne arrive à son terme en 2010 et l’analyse des résultats et la définition de nouveaux objectifs peuvent commencer lors de la Présidence espagnole et continuer pendant la présidence hongroise) ; 
  • La politique de l’énergie et du climat (les principales questions sont la sécurité d’approvisionnement, la diversification des ressources énergétiques, la construction du gazoduc Nabucco, le « partenariat oriental » avec l’Azerbaïdjan et le Turkménistan ; l’exécution de la libéralisation du secteur d’énergie, etc.) ;
  • Un espace de liberté, de sécurité et de droit (réalisation de la poursuite du « programme de La Haye » dont l’élaboration attend la Présidence suédoise en 2009 ; évaluation de la candidature de la Bulgarie et de la Roumanie qui envisagent l’adhésion à l’espace Schengen en mars 2011) ;
  • Élaboration d'un nouveau cadre budgétaire pour l’Union européenne pour la période de 2013-2020 ;
  • Élargissement de l’UE et intégration des Balkans occidentaux (pays officiellement candidats : Croatie, Macédoine) ;
  • Une politique de voisinage équilibrée.

Lors du sommet de Madrid en septembre 2008, les représentants de l’Espagne, de la Belgique et de la Hongrie ont convenusque ces propositions constitueront la base du programme du trio pour la période de janvier 2010 à juin 2011. Il reste à définir les détails et les programmes de chacun des trois pays.

 

Pour aller plus loin :

Sur Internet

 

Source image : logo possible de la Présidence hongroise