La Suède prend les devants

Par Eurechos | 5 mars 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “La Suède prend les devants”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 5 mars 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1062, consulté le 21 mai 2022
La Suède a rallié autour des positions de la Chypre quelques pays. Pour accélerer le mouvement, un texte est distribué à la mi-journée. Un moyen de pression qui devrait fragiliser le couple franco-allemand.

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Alors que les négociations piétinent, le couloir s’anime. Les grandes lignes du futur texte viennent d’être dessinées affirme la Présidente Sarah-Marie Männche. En parallèle, la Suède met la pression en distribuant en milieu d’après-midi un texte exprimant sa position et celle de ses alliés.

Pourtant, les négociateurs se demandent encore comment rééquilibrer les deux piliers, avec d’un côté le soutien des marchés et des prix agricoles (1er pilier) et de l’autre le développement rural (2nd pilier). Des solutions alternatives sont suggérées comme l’allègement du poids de l’administration ou le plafonnement des aides directes pour dégager des économies. Le deuxième pilier apparaît comme la nouvelle tendance et devrait profiter de ces gains, même si certains, comme la Grèce, souhaitent que ce rééquilibrage reste modéré.

L’Espagne est décidée à couper dans le premier pilier ce qui ne plaît pas du tout au couple franco-allemand qui préfère le statu quo. La représentante britannique Océane Luvignon ironise sur ce « compromis unilatéral franco-allemand ».

 

Faisant le va-et-vient dans le couloir entre deux groupes bien marqués, Sarah Männche s’active pour trouver un compromis. De retour dans la salle des négociations, un texte les attend, signé par Chypre, le Danemark, la Suède, l’Espagne, la Grèce, la Pologne, et le Royaume-Uni. Stockholm, qui a eu l’initiative de la rédaction de ce texte, entend presser la conclusion des négociations et faire pression sur le couple franco-allemand, farouchement opposé à leurs propositions.

 

Ensemble, ces États souhaitent que « les aides distribuées via le premier pilier, ainsi qu’un plafonnement des aides reçues par les plus grosses exploitations » soient reversées sur le second pilier. A cette fin, quatre critères sont proposés : la productivité, la superficie, l’innovation et le développement durable, ainsi que l’emploi. Le deuxième pilier, « voie d’avenir pour l’agriculture européenne », est clairement présenté comme la priorité pour que l’agriculture européenne devienne compétitive à l’échelle internationale. Pour le groupe, « le premier pilier et les aides directes freinent cette dynamique ».

 

Une position tranchée au couteau qui animera les derniers instants de la négociation.