La présidence hongroise saura-t-elle faire l’union ?

Par Eurechos | 19 février 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “La présidence hongroise saura-t-elle faire l’union ?”, Nouvelle Europe [en ligne], Samedi 19 février 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1028, consulté le 06 décembre 2022

Le Conseil européen cherche un nouveau président. 17 chefs d'Etat et de gouvernement se réunissent samedi 17 février à Paris pour élire à l'unanimité celui qui sauvera (peut-être) l'agriculture. Après le brouhaha des rumeurs, chacun a exprimé clairement ses positions.

 

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Gabriel Orazi et Laura Valeye forment la délégation hongroise

Ils se sont retrouvés samedi 19 février à Paris pour élire un nouveau Président pour le Conseil européen. Les 17 chefs d'Etat et de gouvernement s'engagent dans un marathon d'une journée sous la houlette de l’actuel Président, le chef d’Etat hongrois.

Dès le début du débat, la Hongrie a ouvert le feu fixant la règle du jeu : le futur président du Conseil sera élu à l'unanimité.

Trois qualités sont demandées d’emblée : un président polyglotte, qui dispose d’une expérience professionnelle à la hauteur des fonctions, et de solides compétences dans le domaine économique. Des caractères repris globalement par l’ensemble des participants.

Les quatre questions de la discorde

A l'issue du débat, les dirigeants européens ont avancé quatre points. Tout d’abord, la position à l’égard de la Chine, ainsi que du Dalaï-lama. Alors que certains Etats se sont montrés soucieux de protéger les relations économiques avec la seconde puissance économique au monde (Grèce, Espagne, Allemagne, Slovénie, Roumanie, Hongrie), d'autres ont affirmé qu'ils étaient en favorable à une rencontre avec le chef spirituel tibétain (Chypre, Danemark, Suède, Pologne). 

Deuxième point de friction : la place de la Russie. Certains y voient un « partenaire alternatif important » (Chypre, Slovénie, Espagne, Roumanie, Allemagne), d’autres s’en méfient (Danemark, Suède, Pologne).

La question du sort de la Turquie, candidat de longue date à l'entrée dans l’UE fâchera ceux qui s’impatientent. Simples observateurs des négociations, ils représentent un marché de près de 80 millions de personnes. Un atout « économique et géopolitique » selon l’Espagne.

Enfin, le nucléaire s'est imposé comme quatrième critère. Pour l'Allemagne, cette question doit relever de choix nationaux. Mais pour d'autres, comme la Hongrie et la Suède, l’environnement a une place centrale. Stockholm est clair à ce sujet : « il faut un candidat capable de porter cet élan vers l’écologie ». 

Les protectionnistes se lâchent

« L’Europe est une grande famille et il faut placer la famille en premier », lance l’Allemagne. Une image qui résume bien la position de deux autres ténors : la France et l’Italie. Pour Rome, « un peu de protectionnisme peut être bon ». « Être libéral sur la PAC et l’énergie est un danger », poursuivent les représentants italiens. Des positions affirmées haut et fort mais qui dissimulent mal les nécessaires concessions à faire pour arriver à un accord.

Les cartes sont à présent sur la table : aux Etats de jouer.