L'élection de la Slovaquie doit symboliser la vivacité de l’idéal européen

Par Eurechos | 23 février 2010

Pour citer cet article : Eurechos, “L'élection de la Slovaquie doit symboliser la vivacité de l’idéal européen”, Nouvelle Europe [en ligne], Mardi 23 février 2010, http://www.nouvelle-europe.eu/node/812, consulté le 06 décembre 2022

Guillaume Sylvestre, nommé président du Conseil européen lors de la négociation du 13 février, expose dans une tribune les engagements de la présidence slovaque.

Alors que l’ensemble des délégations sont en pleine dynamique de préparation des négociations pour la résolution sur la politique énergétique de l’Union européenne qui auront lieu 6 mars, j’ai considéré qu’il était essentiel de repréciser le sens de cette présidence pour notre délégation slovaque, et revenir ainsi sur les enjeux qui ont permis de faire le consensus sur notre élection, afin que chacun aborde sereinement les débats à venir. Je salue par ailleurs le travail effectué par la délégation hongroise durant sa présidence, qui a pour beaucoup joué dans la définition de cet intérêt commun aux Etats membres, en espérant que nous serons nous aussi capables d’arriver au consensus avec l’ensemble des Etats membres le 6 mars.

Tout d’abord, je tiens à renouveler ma volonté de ne pas abandonner la Grèce ni aucun Etat membre dans la situation économique de crise économique qui frappe l’union européenne aujourd’hui. Plus que de soutenir la zone euro, ce soutien doit également amener l’ensemble des Etats membres à se poser la question de la régulation des marchés financiers, capables de déstabiliser des Etats après avoir été la cause de la plus grave crise économique des cinquante dernières années.

Revenons un peu sur mon élection. Pour la présidence, ce que notre élection doit symboliser, c’est bien le dynamisme et la vivacité de l’idéal européen. La Slovaquie semblait disposer de peu d’atouts pour entrer dans la course à la présidence, notamment à côté d’un Etat fondateur à la démarche assurée tel que l’Allemagne, ou d’un autre Etat membre réputé pour ses qualités en termes de négociations et de conciliation, le Luxembourg. Le crédit de la construction européenne a été beaucoup diminué depuis les référendums français, néerlandais puis Irlandais, et également par le manque d’intérêt manifeste des citoyens européens pour un processus qu’ils ont du mal à cerner : l’élection slovaque à la présidence doit pour nous être la fin de ce cycle vicieux de méfiances et de désintérêts envers l’Europe, et la démonstration que chacun des Etats membres, et des citoyens de l’Union Européenne, peut et doit s’emparer que la construction communautaire.

Car rien n’est figé dans une union européenne somme toute toujours jeune et dynamique, toujours en mouvement par le biais du processus de l’intégration européenne : si nous avons été élu, en dehors d’un travail certain de consensus et de conciliation de la part aussi bien de notre délégation que de nombreuses autres, c’est bien parce que l’ensemble des Etats membres cherchent à donner plus d’ampleur à l’Union européenne, et à démontrer ainsi à leurs citoyens que l’intérêt général peut également se retrouver dans les résolutions de l’Union européenne.

Cette recherche de l’intérêt général, nous la retrouvons dans  les cinq points sur lesquels l’ensemble des délégations a pu tomber d’accord juste avant mon élection le 13 février dernier. Si ceux-ci peuvent sembler manquer de précision ou être trop généraux, ils n’en indiquent pas moins un chemin fort et une direction pour l’Union Européenne qui ne laisse aucun Etat membre seul et isolé :

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L’ouverture progressive des marchés, notion extrêmement importante qui, plus que d’osciller entre libéralisme et protectionnisme, nous permet de reconnaître l’existence d’un marché auquel même la Chine communiste a fini par s’intégrer, sans pour autant forcer à la déréguler à tout va, dans un contexte économique difficile pour nombre d’Etats membres.

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Un rapprochement réaliste avec la Russie, qui tient compte aussi bien de nos besoins énergétiques que de la volonté de l’Union Européenne de ne pas oublier de dénoncer les abus de notre partenaire russe envers les droits de l’homme, notamment en Géorgie il y a deux ans.

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La défense des droits de l’homme en Chine en réaffirmant nos valeurs, mais également en dépêchant auprès du Dalaï Lama le nouveau Haut représentant pour les affaires étrangères. La position économique de l’Union européenne ne me permet certes pas de programmer personnellement une telle rencontre, mais il n’en reste pas moins que nos valeurs doivent être défendues.

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La garantie d’une sécurité énergétique par un maintien des programmes nucléaires à court et moyen terme, en parallèle d’un investissement dans les énergies renouvelables qui permettra à l’Union européenne d’impulser le changement énergétique sur le long terme.

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La volonté de se diriger vers l’intégration de la Turquie à l’Europe, qui ouvrirait résolument l’Union européenne sur le reste du monde, à l’heure où les tensions diplomatiques sont de plus en vives entre occident et orient. Le préalable nécessaire d’une normalisation des litiges politiques de la Turquie avec les Etats membres montrera par ailleurs la voie pour d’autres résolutions pacifiques de conflits existants.

Ces cinq points forment un socle de travail commun aux membres du conseil européen pour les deux ans et demi à venir, un socle progressiste et ambitieux, à l’image de cette Union européenne qui nous est chère. C’est donc avec un optimisme résolu et une motivation forte que j’attends la fin du cycle de négociations sur les approvisionnements énergétiques le 6 mars.

Pour mener au mieux les négociations et ne préjuger d’aucune position, je prends l’engagement aunom de la présidence du Conseil européen que nous écouterons toutes les positions qui nous serons soumises, et feront en sorte de rencontrer un maximum, sinon toutes, les délégations avant la journée du 6 mars. Nous avons été élu par consensus, ce consensus est pour nous le mode légitime d’approbation des projets du Conseil européen. "

Guillaume Sylvestre, pour la présidence slovaque du conseil européen

Les délégations sont par ailleurs invitées par Monsieur Sylvestre à consulter son agenda (onglet Semaine).