
Dans les pays Baltes, on n'a pas de pétrole, mais on
a des idées. Et pas seulement. C'est ainsi qu'à Riga et à Tallinn se
sont multipliées ces dernières semaines les manifestations d'une
véritable thérapie psychologique contre la crise.
La plus grave crise européenne
Les pays Baltes, et surtout la Lettonie, font partie des États membres les plus touchés par la crise économique internationale. Il faut dire que si cette dernière trouve son origine dans les bouleversements de la finance, il est normal que la Lettonie figure parmi les premières victimes. Le pays avait en effet largement misé sur ce secteur pour générer la plus forte croissance européenne de ces dernières années et il en subit aujourd'hui le contrecoup. Devant cette situation très difficile, il a dû négocier un prêt auprès du FMI qui lui a permis de souffler brièvement avant de plonger le pays dans une crise politique tout autant qu'économique.
Pour éviter une dévaluation qui serait fatale aux milliers de Lettons qui se sont endettés en euros et entraverait la marche du pays vers la monnaie unique, le gouvernement a adopté une politique de "dévaluation interne" qui consiste principalement en des coupes sombres dans les finances publiques. C'est ainsi que la prime attribuée aux nouvelles mamans a été supprimée, que les salaires des fonctionnaires ont baissé de plus de 15% et que l'on parle de licencier plusieurs dizaines de milliers de professeurs dans l'année qui vient.
L'imagination au pouvoir
Beaucoup d'économistes et d'hommes politiques prétendent que la crise réside avant tout dans la tête de ceux qui en sont victimes. C'est d'ailleurs probablement en partie le cas. Se saisissant de cette idée, les Lettons et les Estoniens ont décidé de prendre le taureau par les cornes.
Ainsi en Lettonie, le 31 mai a été l'occasion d'une "parade des blondes" pour remonter le moral du pays. Or, si l'on en croit cette carte des "blonds en Europe", le pays n'en manque pas.
Habillées en rose et blanc, elles ont défilé dans la capitale pour récolter des fonds pour les enfants handicapés. Cette opération a d'ailleurs été très réussie puisqu'elle a permis au pays de faire un bon coup de pub internationale, puisque l'événement a été chroniqué dans les journaux de toute l'Europe.
En Estonie, une idée différente est apparue ces dernières semaines : ouvrir une "banque du bonheur", sur le modèle du film Un monde meilleur dans lequel un enfant lance une idée révolutionnaire d'une aide en cascade. Sur le site Internet de la banque, chacun peut s'inscrire et donner des exemples des services qu'il est prêt à rendre (faire les courses, donner un cours de piano etc) et reçoit un billet de la banque du bonheur à chaque bonne action, avec lequel il peut ensuite acheter d'autres services. Cette idée n'est pas nouvelle, mais c'est symptômatique qu'elle prenne une telle ampleur en temps de crise.
On finirait presque par se demander si on devrait pas créer une Banque Européenne du Bonheur, avec inflation obligatoire ...
Pour aller plus loin :