Ukraine et Turquie dans l'UE : la clef de l'indépendance énergétique ?
Écrit par Philippe Perchoc | 06-10-2008
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article.pnginthepipemedium.jpgComme le souligne Claude Mandil dans son rapport sur la sécurité énergétique européenne (2008), la diversification des approvisionnements n'est pas le seul pilier d'une politique européenne. La recherche de l'efficacité, le renforcement du marché intérieur pour créer une solidarité de fait, la mise en avant des énergies alternatives sont tout aussi importantes. Pourtant, le débat européen sur l'énergie se focalise le plus souvent sur la question des approvisionnements. C'est pourquoi nous avons choisi de revenir sur quelques éléments des débats relatifs aux adhésions turques et ukrainiennes sous cet angle.


La question russe

L'énergie est au cœur des relations avec la Russie et le débat européen sur l'énergie est largement orienté par une peur de la pression énergétique que cette dernière pourrait exercer sur l'Europe.
En adoptant cette perspective, peut-on penser que les adhésions turque et ukrainiennes seraient un atout pour l'Europe ?

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Un œil sur la carte montre bien l'interdépendance actuelle de la Russie et de l'Europe. Si l'Europe peut acheter son gaz en Russie (mais aussi en Norvège ou en Algérie), la Russie le vend prioritairement à l'Europe. Les projets d'oléoducs et que gazoducs vers la Chine ou le Japon sont nombreux, mais ne sont aujourd'hui que des projets. On assiste donc bien à une interdépendance des Européens et des Russes, de ce point de vue.

On voit aussi le rôle pivot joué par la Turquie et l'Ukraine dans l'approvisionnement énergétique européen, mais selon des modalités différentes : quelles sont-elles ?

L'Ukraine pour contrôler les réseaux

L'Ukraine est le principal point de passage du gaz russe vers l'Union européenne (80%) et l'un des verrous de l'approvisionnement global européen (40% du total du gaz consommé dans l'UE). Ces chiffres illustrent à eux seuls l'importance stratégique de ce pays pour l'Union européenne comme pour la Russie.
Au moment où la situation politique ukrainienne est de plus en plus confuse, la question se pose pour les Européens de savoir comment stabiliser cette région vitale. Cette stabilisation pourrait passer par une adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, ou par une forme de « super-association ». Quels en seraient les avantages ?

Tout d'abord, la sécurité énergétique de l'Europe s'ouvrirait de nouveaux horizons.
La première serait un meilleur contrôle des réseaux d'approvisionnement européens. Tout comme Gazprom essaie de descendre les tuyaux des lieux de production aux maisons individuelles européennes, les Européens pourraient tenter de faire le chemin inverse et de remonter le plus loin possible vers le lieu de production, chemin sur lequel l'Ukraine est une étape obligatoire.
Cette remontée devrait aussi permettre une remise en état du réseau ukrainien qui en a bien besoin et qui nécessiterait environ 2.5 milliards d'euros d'investissements.

Le second avantage d'une forme d'adhésion serait de stabiliser le pays, notamment en exigeant plus de transparence dans le secteur du gaz.
L'Ukraine est le pays du gaspillage : son économie est le plus gourmande du monde et le pays consomme plus de gaz que le Japon ou même que l'Afrique dans son ensemble ! Or, ce gaspillage a tendance à se transformer en « gaz-pillage ». L'opacité des réseaux, de la distribution et des intermédiaires sont autant de facteurs de corruption et de pression sur la vie politique ukrainienne.
Le pays n'a pas encore pris le problème de la réduction de sa dépendance au gaz à bras-le-corps. Il connaît une « malédiction du gaz bon marché » : entre 1998 et 2005, Kiev a payé ses 1000 m3 de gaz environ 50 dollars contre 192 en Europe de l'Ouest. Le pays a donc profité de son « avantage comparatif » et s'est concentré sur des secteurs à forte consommation d'énergie comme l'agriculture et la sidérurgie. Aujourd'hui cet avantage s'est transformé en forte dépendance et le système de corruption qui s'est développé autour de son opacité est un vecteur de déstabilisation permanente pour le pays.
La mise en application des règles européennes en termes d'économies d'énergie ou de transparence des marchés publics seraient un puissant levier de stabilisation de l'Ukraine.

Vues sous leurs angles énergétiques, une « super association » ou une adhésion pour l'Ukraine seraient très bénéfiques pour l'Europe. D'autant que cette solution suscite moins d'hystérie à Moscou que la perspective d'une adhésion à l'OTAN.

La Turquie pour la diversification

Une adhésion turque, vue sous le même angle, relève d'une autre logique : l'Ukraine pour contrôler les réseaux, la Turquie pour la diversification.

L'Europe ne peut se satisfaire de la dépendance à un fournisseur principal et la diversification des sources d'approvisionnement est un enjeu fondamental du siècle à venir. Or, la Turquie est l'un des principaux vecteurs de cette diversification pour l'Europe.

« Nabucco », projet européen de liaison UE-Turquie-Caucause-Asie centrale sans passer par la Russie, est un projet essentiel, mais qui doit être relativisé dans la mesure où aucun des pays d'Asie centrale ne semble détenir plus de 2% des réserves mondiales de gaz. La Turquie serait donc une ouverture importante vers cette région, comme complément à ses fournisseurs habituels (Russie, Norvège et Algérie). Comme le souligne Claude Mandil, l'important dans les négociations tarifaires avec la Russie est de ne pas apparaître dos au mur pour discuter quelques millions de mètres cubes de gaz supplémentaire. Il faut pouvoir montrer que nous avons des alternatives crédibles et Nabucco est l'un des piliers de cette diversification.

D'autres perspectives s'ouvrent par la Turquie : celle du gaz iranien et moyen-oriental en général. L'Iran détient en effet environ 15% des réserves mondiales de gaz, comme le Qatar. De ce point de vue, la Turquie pourrait devenir une plaque tournante de la diversification européenne quand les perspectives des échanges avec l'Iran reprendront.

Stratégies européennes

L'un des arguments intéressants du dernier livre de Michel Rocard était que l'Europe fédérale étant morte, la Turquie avait tous les avantages à en être membre, notamment en termes énergétiques.
Or, cet argument repose sur l'idée qu'une Europe avec la Turquie serait plus forte que sans, sous-entendant que la vocation de l'Europe à la puissance n'est pas totalement abandonnée.

Si l'on adopte ce point de vue, il convient certainement de lancer un débat sur les mérites comparés et complémentaires des adhésions turques et ukrainiennes, de différents points de vue stratégiques : énergie, stabilité, marché, fonctionnement des institutions européennes.

 

Pour aller plus loin :

site20x20.png
Sur Internet
site10x10.png
BARYSCH, K.,Turkey’s role in European energy security , essais, Centre for European Reform, London, december 2007
site10x10.png
Rapport de Claude Mandil , ancien président de l'agence européenne de l'énergie, sur la sécurité énergétique européenne. Avril 2008.
site10x10.png
Ukraine:Lynchpin for European Energy Security , Fundación para las Relaciones Internacionales y el Diálogo Exterior (FRIDE), democracy Backgrounder, july 2008
Illustration : Orlando, Giovanni, Day 7/365 : In the pipe. (2008, accédé Octobre 5, 2008,).
Commentaires
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au début du tuyau...
Byzance 2008-10-06 22:46:33

Dites moi si je me trompe mais si l'Iran décide de couper l'alimentation de l'oléoduc rien ne
coulera de ce dernier, Turquie ou pas Turquie dans l'Europe. La question se posera de la même façon
avec l'Ukraine. Ces deux pays lieux de passage ne peuvent avoir que le pouvoir de laisser passer
mais pas d'alimenter l'oléoduc (ou le gazoduc). De plus avec cette logique autant intégrer l'Iran et
la Russie. Quid sinon de l'Azerbaïdjan ?
De plus ne tombons nous pas dans une acception strictement
utilitariste de l'Union Européenne. Ça manque un peu de souffle tout cela.
markus 2008-10-07 07:32:24

tiend,toujours le meme en plus armeniens!!!!

non seulement la Turquie avec sa position
geographique peut et utile pour le passage des energqie comme petrol et gaz,mais meme si l'Iran
coupera cette alimentation,la Turquie est,quand meme indispensabe a l'Union européenne,parcequ'elle
jout un tres grand role dans les pays turque qui sont la 2 eme reserve mondiale de petrol apres le
Proche-Orient,sans parlé aussi du role qu'elle a chez son petit frere l'Azerbaïdjian ou ont sait
pour le gaz et le petrol qu'elle a
Politique fiction
P. 2008-10-07 07:30:16

Mon article n'avait pas pour but de donner un argument ultime à l'adhésion de ces deux pays, mais de
contribuer au débat en montrant que de ce point de vue, nous étions en face de deux logiques
différentes.
markus 2008-10-07 11:43:42

bien entendu P mais faudrait alerté les politiciens francais,qu'actuellement des nationaliste
armenienne restant connecté 24h/24h sur des articles sur le Turquie et veulent sensiblisé avec leur
message violant et se prenant a l'adhesion de la Turquie,je suis moi meme normand mais il faut
alerté ce scandale,on le vois bien,il veulent detourné les sujet avec leur commentaire sur un sujet
come le votre en voulant le melangé avec l'adhesion de la Turquie,cordialement
à Philippe Perchoc
Byzance 2008-10-07 13:20:22

J'avais bien compris le but de votre article, cet argument est souvent amené et notamment il
constitue un des fonds de commerce du Centre for European Reform qui ne porte pas, pour le moins,
une vision très politique de l'Europe. De plus il convient ensuite d'aller au bout de cette logique
et inclure ainsi l'Azerbaidjan et la Biélorussie. Si on conclut à la mort politique de l'Europe
alors oui pourquoi pas mais n'attendez rien dans ce cas des européens. Comment espérer un début
d'adhésion des européens sans une vision politique ?
Ma préférence
P. 2008-10-07 13:24:52

Je n'ai pas ici fait part de ma préférence. Pour vous donner quelques éléments sur la généalogie de
cet article, il est lié à la récente transformation de la politique ukrainienne de la France qui est
passée d'une attitude relativement hostile à une attitude beaucoup plus ouverte. Je me suis donc
demandé si c'était pour faire pièce à une adhésion turque et donc dans le cadre d'un dossier sur
l'énergie, je me suis demandé quels étaient les avantages de l'un et de l'autre. Voilà tout.


Votre analyse est en ligne avec celle de Michel Rocard et de son dernier livre. Si l'Europe
politique est morte, il nous faut la Turquie.

A mon grand regret, notre belle Europe est bien
mal en point après les "non" FR, NL et IR. Mais je ne désespère pas totalement. Néanmoins,
notons que ni les Polonais, ni les Britanniques, déjà membres ne veulent d'une "Europe
politique" à la française (et je me demande si les Français eux-mêmes la veulent) ...
Europe puissance ...utopie ou
Brian 2008-10-07 17:23:42

L'article est tres interessant .On aborde l'adhesion de l'Ukraine et de la Turquie d'un point de vue
strategique loin des gesticulations emotionelles instrumentalisées par les politiques.

Ce qui est
clair c'est que à l'heure actuelle, si Poutine ferme les vannes du gaz pendant un certain temps,
l'Europe sera à genou, et son économie s'arrêtera de tourner. Il faut absolument diversifier
l'approvisionnement du gaz car la conso va doubler les décennies à venir. C'est le socle de l'Europe
Puissance qui est en jeu.
Ukraine ou pas
Byzance 2008-10-07 18:26:05

Que l'Ukraine soit dans l'UE ou pas si la Russie décide de couper le robinet l'UE sera dépourvue.
Même raisonnement pour la Turquie et l'Iran...
europe puissance
Byzance 2008-10-07 18:32:16

Je ne parlais de votre préférence, qui n'aurait rien d'illégitime d'ailleurs, mais je soulignais
juste la récurrence de cette approche dans les documents anglo saxons dont le CER.

Je pense qui
si nous concluons à la mort politique de l'UE, il faut attendre une désintégration de cette dernière
tout simplement. En effet c'est cet objectif (espérance?) qui permet le moindre des compromis, si
l'UE n'est plus une construction politique mais une simple somme des intérêts alors elle ne sera
plus tout court. L'Allemagne sortira de la PAC et la France ne voudra plus donner le moindre euro à
l'Europe de l'Est ou bien aux futurs adhérents...

L'Europe sera politique ou ne sera pas, une
organisation internationale nécessite une vision politique aussi ténue soit-elle. Il a fallu bien
plus de 60 ans pour faire la France, pourquoi tout bazarder quand l'Europe ne se fait pas en 60 ans
? Tropisme du temps court ? Je suis de ceux, comme Barnavi et quelques autres, qui croient que c'est
si seulement l'Europe ose assumer son histoire et sa culture qu'elle prendra corps.

Pour ma part
je crois et me bats toujours pour l'Europe politique car c'est bien la seule qui ait jamais eu du
sens.
Sur le fond
P. 2008-10-07 19:25:27

Sur le fond, je suis bien d'accord avec vous. Mais si je me fais l'avocat du diable (je n'oserais
pas dire que Turquie et Ukraine le sont) : pourquoi dans ce cas, si l'Europe politique reste à
faire, ne pas la faire avec la Turquie et l'Ukraine ? Si nous convertissons le Royaume-Uni au projet
politique en quelques dizaines d'années, pourquoi ne pourrait-elle pas le faire avec la Turquie
?

(Intéressant, j'ai eu exactement la même discussion il y a quelques jours avec plusieurs
personnes ...)
Parceque l'Europe n'est pas
Byzance 2008-10-08 07:29:12

Que vous ayez eu cette discussion avec plusieurs personnes ne m'étonne pas et souligne la réalité du
débat...

Tout d'abord je suis contre l'entrée de la Turquie car elle n'est pas européenne. En
effet l'UE c'est l'Europe et pas autre chose... Ce point est critique pour que les européens
s'identifient à l'Europe, qu'ils ne voient pas autrement qu'une "machine à norme" qui
s'occupe de leur bien. Je repends ici, maladroitement, l'approche de Barnavi. Comment faire l'Europe
si les européens ne peuvent pas dire nous ? L'Europe a une histoire; pourquoi la refuser ?

Sans
cette histoire l'Europe c'est quoi ?

Pour l'Ukraine c'est un peu différent, elle est clairement
européenne. Mais peut-on séparer Kiev de Moscou ? Je ne le crois pas. Si un jour la Russie devait
rentrer dans l'UE (à très long terme...) alors Ukraine, Biélorussie et caucase rentreraient mais
nous sommes dans d'histoire prospective. De plus la taille de l'Ukraine pose des problèmes
similaires à ceux de la Turquie. Qui aura envie de financer la mise à niveau de l'Ukraine comme de
la Turquie ?
Turquie et Ukraine
P. 2008-10-08 07:35:38

Ok. Vous ne voulez pas de la Turquie dans l'UE parce qu'elle n'est pas "européenne".
J'essaie de comprendre :

> géographiquement ? Chypre est plus loin
> historiquement ? L'empire
ottoman était à 50 % composé de chrétiens au début du XIXe et à 50% dans les Balkans, Bulgarie,
Roumanie ...
> religieusement ? Mais alors il faut aussi refuser la Bosnie et l'Albanie qui sont
musulmanes ainsi que Chypre Nord ...

Comment faites vous le lien entre ces dimensions
géographiques, historiques et religieuses ? La première question n'est-elle pas celle du projet de
vie commune ? Personnellement, ce que j'attends, c'est que les Turcs nous livrent l'idée de l'Europe
à laquelle ils rêvent !

Enfin, être "européen" (géographiquement, historiquement et
chrétien) ne suffit pas à vouloir faire de l'Europe un véritable "projet de civilisation".
Les Britanniques ne le veulent pas (et c'est leur droit)...

Même un Logothête du Drome ne se
retrouverait pas dans ce mic-mac européen ...
Walter Hallstein
Stephen 2008-10-08 09:00:50

certain parle de la vieille phrase de Charles de Gaule qui disait que l'Europe s'etend jusqu'au mont
Oural et au Bosphore"encore plus genieux Wallter Hallstein ,plus recemment,disait "la
Turquie est en Europe",je pense qu'il voyait que le futur sera indispensable avec la Turquie
dans cette Union surtout qu'a l'heure actuelle,on voit les progres realisé par la Turquie et en tout
logique la Turquie a tous de meme une partie de son territoire nationale sur le continent européen
et je pense qu'il serait bon pour le futur,pour que l'Union européenne gagne,en richesse,en
armement,en securité européen,sans parlé en approvionnement en energie (gaz et petrol,surtout que
l'Europe en a de plus en plus besoin).... d'avoir cette Turquie avec nous,d'ailleur je pense que la
Comission européenne naurait pas pris ce risque de commencé en 2005 les pourparlers d'adhesion a
l'Union européenne de la Turquie...

Nicolas Sarkozy avait pourtant dis que si il sera elu
president de la republique,il bloquera les pourparlers d'adhesion a l'Union européenne...
actuellement il est president pour 6 mois,il lui reste 2 mois,il a toujours rien fait... cela ne
m'etonne guere puisque meme les president qui etait contre l'adhesion de la Turquie se rapproche
avec ce pays (sans parlé de tous les personne que notre president avait envoyé en Turquie pour que
les relation entre ces deux pays reprennet) surtout sur le plan européen et comme on sait,il avait
utilisé de telle propos pour "piqué" les voix de l'extreme droite
et le Maroc ?
Byzance 2008-10-08 09:39:08

Un peu moins de mépris et de procès d'intention ne nuirait pas à la qualité de votre propos. Barnavi
ne dit pas moins, oseriez vous lui faire les mêmes remarques ? Heinrich-August Winkler non
plus...

Vous allez bien vite en besogne... Où est ce que je parle aussi bêtement de religion ? Où
? Ce procès d'intention est caractéristique, on trouve le même chez Rocard : si on est contre
l'entrée de la Turquie c'est qu'elle est musulmane, et donc qu'on est islamophobe (j'exagère à
peine). Je me bats pour l'entrée de la Bosnie et de l'Albanie pour votre information.

De plus
quand vous évoquez le ratio chrétien / musulman de l'empire Ottoman, dois je vous rappeler que dans
l'empire colonial français il y a au moins autant de musulman que de chrétien ? Cela fait-il de la
France un membre potentiel de la ligue arabe ou de l'OCI ?

L'empire Ottoman a choisi Bagdad
contre Constantinople dans sa filiation politique, spirituelle et intellectuelle, c'est Bajazet II
qui le fit (cf. Veinstein / leçons au collège de France). L'idée moderne d'Europe, celle qui nous
porte encore, a été construite, en partie, contre l'empire Ottoman. Histoire me direz vous ?
Pourquoi l'Europe ne pourrait-elle pas accepter ce qui l'a modelée ? Pourquoi n'aurait-elle pas le
droit de dire nous ?

C'est parce que la France et l'Allemagne partageaient une histoire commune
autre que la guerre que le traité de l'Elysée est possible. D'ailleurs, et je reprends Pomian, c'est
la troisième tentative d'unification européenne que nous visons (chrétienté, république des lettres
et Union Européenne).

Pour la géographie, vous devriez avoir le même raisonnement pour Malte qui
est plus au sud qu'Alger et Tunis. Mais il est vrai que le refus du Maroc en 1986 n'a choqué
personne. Pourquoi ? On peut refuser le Maroc et pas la Turquie ? C'est quoi le critère ?


L'Europe ne serait pas une civilisation ? Elle n'aurait pas une identité qui la sépare du Japon
? de la Chine ? de l'Arabie Saoudite ? Quelles sont les frontières de l'Europe telle que vous la
concevez ?

Que les britaniques n'en veulent pas, vous lisez l'écume et pas les courants de fond.
Allez regarder les débats actuels sur la notion de Britishness, et ceci pas au BNP mais sur Open
Democracy.

Quant aux turcs qu'ils donnent leur idée de l'Europe mais je n'attends quant à moi la
leur pour agir. S'ils en avaient une pourquoi ne la donnent-ils pas depuis si longtemps ? Pourquoi
n'attendrions nous pas celle d'autres pays aussi ? Du Maroc encore une fois ... Pour avoir discuté
le sujet avec pas mal de marocains, ils avaient aussi leur idée sur la question.

je ne sais pour
le logothête du Drome mais moi ça va...
Byzance 2008-10-08 11:25:03

J'ai été un peu radical sur la quesstion britanique, disons qu'ils ne veulent pas plus de l'Europe
puissance que les français, les allemands ou les autrichiens de la Turquie. Chacun ses refus, mais
rien n'empêche les ccopérations renforcées.
stop a la provocation
markus 2008-10-08 12:39:17

Philippe Perchoc,vous reponez inutilement a ces armeniens qui comme je vous le dis,leur but et de
venir sur des sujet et meme foutre le trouble avec leur message qui ne tiennent pas debout et qui a
pour but de vouloir detourné radicalement la mentalité des européens...
Si je me prend a ces
armeniens,allez-voir ce qu'avait dit Pierre Moscovici sur Devedjian sur l'adhesion de la
Turquie,vous comprendrez apres par la suite a ces "fenomènes"
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