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Une des priorités de la présidence slovène
de l’Union européenne est de mettre à l’honneur la relation entre l’Union
européenne et ses voisins, en particulier les pays candidats ou appelés à le
devenir dans les années futures.
La
position slovène sur la politique d’élargissement
La Slovénie manifeste presque naturellement
un intérêt à ce que ses voisins anciennement yougoslaves entrent dans l’Union
européenne. Les raisons en sont assez évidentes. Tout d’abord, la stabilisation
de la région. La Slovénie se situe à la limite d’une zone qui a connu le
dernier conflit armé européen, elle-même n’ayant pas été totalement épargnée.
La nécessité de stabiliser la région
balkanique ne tient pas à d’éventuelles craintes que la Slovénie pourrait avoir
sur sa sécurité. En effet, depuis que l’armée fédérale yougoslave a accepté son
indépendance, on ne peut pas dire que la Slovénie ait été menacée par un seul
de ses voisins. Pourtant, l’attachement à la stabilisation régionale fait sens.
Il n’est confortable pour aucun pays de se situer auprès d’une zone troublée,
et même si la Croatie tient lieu de tampon, les incertitudes du Kosovo et de la
Bosnie-Herzégovine sont un sujet de préoccupation.
Le Premier ministre slovène Janez Janša
déclarait en septembre dernier que la priorité fixée sur les élargissements aux
Balkans occidentaux devait concerner tous les Etats de la région, et non
seulement les plus avancés comme la Croatie. Selon lui, c’est par une
intégration européenne rapide que la paix et la stabilité pourront s’installer
durablement, même dans les lieux les plus tourmentés comme le Kosovo. La
Slovénie préconise à cet égard de poursuivre la relation avec la Serbie, et ce
quel que soit le sort de la province. Belgrade, qui est actuellement dirigée
par un président modéré et pro-européen, n’en est pas moins fragile, et
l’importance du soutien aux mouvements ultra-nationalistes l’atteste. Comme la plupart des membres de l'UE, la Slovénie devrait reconnaître l'indépendance du Kosovo si elle venait à être déclarée.
De plus, si la Slovénie garde un souvenir
pour le moins mitigé de ses expériences yougoslaves, elle ne prétend pas non
plus ignorer totalement ce passé. Les premières années suivant son indépendance,
la Slovénie avait souhaité se distancier autant que possible de la vie
politique balkanique et n’avait joué aucun rôle majeur dans la gestion des
différents conflits de la région.
Mais cette politique n’a pas été poursuivie
dans le long terme, et la Slovénie se fait un devoir d’accompagner ses voisins.
Pendant près d’un siècle, les différentes nations sud-slaves ont cohabité, ce
qui a forcément créé des liens particuliers. Ainsi en est-il du commerce ou de
la liberté de circulation qui existait autrefois entre les républiques
yougoslaves. Les indépendances de chacun et les conflits ont restreint ces
différents échanges, mais il ne fait aucun doute que la Slovénie ne dédaigne
pas ces débouchés.
Pour autant, il ne faut pas penser que les
relations avec les anciennes républiques yougoslaves sont forcément idylliques.
Il demeure, ne serait-ce qu’entre la Slovénie et la Croatie, des différends qui
entachent leurs liens, des contentieux frontaliers et maritimes jusqu’à la
question de la centrale de Krško.
La
Croatie, la première dans l’antichambre de l’Union européenne
La Croatie est citée comme le modèle à
suivre pour les Etats des Balkans occidentaux. Sortie de la guerre et du
nationalisme de Tuđman, elle a su à partir de 2000 mettre en œuvre une efficace
politique de changement. Ses différents progrès ont été régulièrement salués
par l’Union européenne, qui les a encouragés en lui permettant chaque fois de s’approcher
davantage d’une perspective d’adhésion. Sa position économique privilégiée en
fait également le candidat le plus proche des standards européens.
Comment expliquer que le pays se détache à
ce point de la trajectoire hésitante de ses voisins ? La situation dans
laquelle était le pays dans la seconde moitié des années 1990 ne laissait guère
présager un changement aussi profitable. Le président Tuđman et l’aile
nationaliste semblent alors dresser un mur entre l’Union européenne et la
Croatie, si bien que les observateurs internationaux se résolvent à attendre le
décès du président pour reconsidérer les modalités d’une relation avec le pays.
L’alternance de 2000 est le fruit d’une prise de conscience générale que
l’avenir du pays ne peut que passer par l’Union européenne.
Mais le cheminement pour en venir là a
nécessité un préalable : le règlement de la question nationale. Ce qui fait la
différence entre la Croatie et plusieurs de ses autres voisins, c’est le degré
de résolution des problèmes de territoire et de nations. En 1995, la Croatie a
obtenu satisfaction de ses requêtes : son territoire libéré, une
indépendance reconnue et bientôt consolidée, l’absence de fortes minorités
revendicatrices. Les années suivantes ne seraient qu’une transition. C'est donc par là que doit commencer la démocratisation.
La Macédoine, qui a obtenu le statut
officiel de candidat à l’adhésion à l’Union européenne en décembre 2005, n’a
pour le moment pas eu la chance d’ouvrir les négociations d’adhésion en
elles-mêmes. Ce pays a obtenu le statut de candidat lorsqu'il a pu démontrer que des démarches en termes de respect des minorités ont été menées.
Pour les pays voisins, certains problèmes
nationaux persistent, en particulier en Bosnie-Herzégovine et Serbie. Parmi les objectifs de la présidence slovène, celui d'accélérer les négociations avec la Serbie afin de pouvoir lui assurer de manière palpable une possibilité d'adhésion est particulièrement affiché. La Slovénie est en effet persuadée que les efforts de l'UE à son égard ont été bénéfiques et qu'ils sont essentiels aux progrès de ses voisins.
Pour aller plus loin :
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Sur Nouvelle Europe |
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Cartographie : les Balkans occidentaux et l'Europe |
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A lire
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BATT Judy (ed.), “The Western Balkans moving on”, Chaillot
Paper, n°70, October 2004, 139 p. |
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BERNARD
Antonia (dir.), La Slovénie et l’Europe,
contributions à la connaissance de la Slovénie actuelle, Paris,
L’Harmattan, 2005, 171 p. |
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|
JOVIĆ Dejan, “Croatia and the European Union: A Long Delayed
Journey”, Journal of Southern Europe and the Balkans, Vol. 8, n°1, April 2006,
p. 85-103 |
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Courrier
des Balkans, « Intégration européenne des Balkans : priorité de la
future présidence slovène de l’Union européenne », 12 octobre 2007 |
| image : sommet de Thessalonique |
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