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Les origines
La
Moldavie a toujours représenté une zone stratégique,
carrefour entre de nombreux empires (romain, puis byzantin,
polono-lituanien, russe et ottoman), et entre deux mondes (latin et
slave), qui n'ont cessé de se disputer ce territoire,
notamment depuis le XVIIe siècle. Le territoire actuel de la
Moldavie a marqué l'extrême limite des conquêtes
de Trajan en Dacie au début du IIe siècle de notre ère.
Après le retrait de l'armée romaine au-delà du
Danube à la fin du IIIe siècle, la population
autochtone a été affectée par plusieurs vagues
migratoires (Sarmates, Vandales, Goths, Huns, Avares, etc.). Mais
elle s'était convertie au christianisme et avait adopté
le latin. Au Ve siècle, les Slaves s'y établirent. Ces
migrations se sont unifiées en une seule culture au cours du
Haut Moyen-Age, les indigènes conservant leur ancien nom de
Ro(u)mains.
Le
Moyen Age
A
partir du Xe siècle, des principautés et des voïvodats
apparaissent dans l'ancienne Dacie, de religion chrétienne
orthodoxe et de langue daco-roumaine. A l'est des Carpates se forme
au XIVe
siècle un nouvel État, la Principauté de Moldavie, qui recouvre
l'actuelle République de Moldavie et la province roumaine du
même nom, grâce à Bogdan Ier, le premier prince
indépendant, et à Alexandre le Bon (1400-1432). Ses
frontières naturelles sont alors le Danube
et la mer Noire au sud, le Dniestr à l'est, la Pologne au
nord. Cet Etat se consolide sous le règne d'Etienne le Grand
dans la deuxième moitié du XVe siècle, où
il atteint son apogée économique, politique et
culturelle, et fait front aux envahisseurs hongrois, polonais, tatars
et turcs.
Epoque moderne
Au
XVIe siècle, la Moldavie accepte la suzeraineté
ottomane tout en conservant son autonomie. A la fin du XVIIIe siècle,
l'Autriche annexe la partie de la Moldavie nommée
ultérieurement Bucovine, berceau de l'Etat Moldave. A
l'issue des guerres russo-turques entre la fin du XVIIIe siècle
et 1812, la Bessarabie (actuelle République de Moldavie) est
annexée à l'Empire russe, mais va temporairement
revenir sous contrôle de la Principauté de Moldavie
entre 1856 et 1878. La région est alors secouée par de
grands redécoupages, puisqu'en 1859, la Principauté
de Moldavie
et la Principauté
de Valachie
s'unissent pour former la Roumanie.
Avant 1945
Le
2
décembre
1917,
la Bessarabie devient indépendante, et prend le nom de
République Démocratique de Moldavie ; son Parlement vote
le 27 mars 1918 l'union de la Moldavie avec la Roumanie. En réaction,
et voulant exporter la révolution russe vers l'Ouest, le
Gouvernement soviétique crée en octobre 1924 sur la
rive gauche du Dniestr (Transnistrie), la République autonome
soviétique socialiste de Moldavie, censée justifier les
prétentions territoriales soviétiques à l'égard
de l'ensemble de la Bessarabie. Dès sa création, les
Roumains sont minoritaires sur ce territoire (30%, contre 70% de
Slaves).
En
juin 1940, en application des dispositions secrètes du pacte
Molotov/Ribbentrop, l'Union Soviétique exige de la Roumanie la
rétrocession de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord. Les
territoires du sud, débouchés sur la Mer Noire, sont
cédés à la RSS d'Ukraine. De 1941 à 1944,
le pays est occupé par les armées roumaine et allemande
: plusieurs centaines de milliers de personnes sont déportées
(principalement des Juifs et des Roms), notamment vers la Transnistrie.
Depuis 1945
La
reprise de contrôle du territoire par l'Armée Rouge en
1944 marque le retour du régime soviétique dans une
République qui aurait perdu 1/3 de sa population entre 1940 et
1950 : déportations de masse, collectivisation forcée
des terres agricoles et soviétisation accélérée
de la société. L'industrialisation de la Moldavie dans
les années 1960-80 entraîne une forte immigration russe et
ukrainienne, qui accentue son caractère pluriethnique, au
détriment des Moldaves : en 1978, 86 % des dirigeants de la
République sont des non-Roumains. L'alphabet cyrillique est rendu obligatoire pour
écrire le moldave (nouveau mot pour désigner le
roumain), dans le but de rompre les liens historiques entre Moldaves
et Roumains.
Les
Moldaves d'origine roumaine profitent ainsi de la Perestroïka
pour revendiquer la reconnaissance de leur identité, exigent
de revenir à l'alphabet latin, et font du roumain une langue
officielle avec le russe.
La Moldavie indépendante
Le
27 août 1991, au lendemain du putsch de Moscou, la Moldavie
déclare son indépendance dans les frontières
délimitées en 1940. Le pays va désormais devoir
composer avec deux territoires profondément différents
: la partie « roumaine » à l'ouest et la partie
« soviétique », à l'est (la
Transnistrie). Les Moldaves roumanophones constituent désormais
les 2/3 de la population, ceux d'origine slave le tiers restant.
A
une période de récession économique s'ajoute
ainsi une situation politique plus qu'instable. La Moldavie va en
effet devoir faire face, dès son indépendance, aux sécessions de la Gagaouzie, sa province turcophone (question rapidement réglée), et surtout celle de la Transnistrie, qui refuse la perspective
d'une réunification avec la Roumanie et demande d'être
rattachée à la Russie. La situation débouche en
1992 sur des affrontements armés auxquels le général
Lebed, alors commandant de la 14e armée russe venue en «
maintien de la paix », met fin. Un armistice est signé
au mois de juillet 1992 et des négociations, jusqu'à
présent infructueuses, sont engagées pour définir
le statut de la Transnistrie. L'enjeu est de taille : 80% des
industries du pays sont implantées dans la région
rebelle.
Le
reste du pays souffre d'une extrême spécialisation dans
l'agriculture (il alimentait le marché soviétique en
céréales, vignes et fruits notamment), qui fragilise sa
situation économique avec l'effondrement du grand marché
que formait l'URSS. Par ailleurs, la Moldavie indépendante est
dépendante de la Russie pour son approvisionnement
énergétique, et des pays voisins (Ukraine, Roumanie)
pour assurer ses échanges commerciaux. La Moldavie a depuis
2006 le PIB le plus bas d'Europe, et une économie souterraine
galopante. Environ 1/4 de la population active aurait émigré.
En
février 1994, les premières élections
multipartites de la Moldavie post-soviétique conduisent à
l'élection d'un Parlement dominé par le parti
démocratique agraire. Celui-ci ratifie la nouvelle Constitution et engage un programme de réformes
macroéconomiques qui permet de réduire fortement
l'inflation et de stabiliser la monnaie mais les réformes
structurelles tardent à être mises en place. Un
référendum montre le rejet par la population d'une
union du pays avec la Roumanie.
La
Moldavie cherche alors à marquer clairement son attachement au
camp européen : en mars 1994, elle signe le partenariat pour la
paix avec l'OTAN, et en novembre de la même année, un
accord de coopération économique avec l'Union
européenne. En juin 1995, elle adhère au Conseil de
l'Europe, et, en 2001, au pacte de stabilité pour l'Europe du
sud-est.
Depuis
le 4 avril 2001, le chef de l'Etat est le communiste Vladimir
Voronine ; il a été réélu en 2005. D'abord
favorable à un rapprochement de son pays avec la Russie, il a
depuis 2003 mis le cap vers l'Union européenne et l'OTAN, qui
serait selon lui la meilleure solution pour parvenir à un
règlement du problème de la Transnistrie qui soit
favorable à la Moldavie. Il entend ainsi défendre avant
tout une Moldavie indépendante, ni Russe ni Roumaine. Il a
reçu le soutien de la Géorgie et de l'Ukraine.
Depuis
l'adhésion de la Roumanie, la Moldavie est un pays frontière
de l'UE. Les autorités européennes ont pris conscience
de la nécessiter de s'impliquer davantage dans la
stabilisation de ce pays. Dans le cadre de la politique de voisinage,
l'UE a signé avec la Moldavie en 2005 un plan d'action, afin
de renforcer la lutte anti corruption ainsi que la stabilité
des institutions et de l'Etat de droit, de développer les
infrastructures du pays, et de trouver un réglement au problème
de la Transnistrie. L'UE a également envoyé une mission
de surveillance de la frontière ukraino-moldave pour tenter de
juguler les activités mafieuses de Transnistrie, où des
troupes russes sont toujours présentes. A l'heure actuelle, aucun calendrier d'adhésion n'a été établi.
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| Données politiques |
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Capitale : Chisinau
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Régime politique : Démocratie parlementaire
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| Etat Non Membre de l'Union européenne |
| Président de la République : Vladimir Voronin (depuis avril 2001) |
| Premier Ministre : Vasile Tarlev (depuis avril 2001 - démissionnaire) |
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| Données socio- démographiques (2006) |
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| Population : 3 833 (en milliers) |
| IDH : 0,694 |
| Espérance de vie : 68,9 ans |
| Taux de fécondité : 1,4 |
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| Données économiques (2006) |
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| PIB : 9 543 millions $ |
| PIB/hab : 2 818 $ |
| Taux de croissance : 4% |
| Inflation : 12,7% |
| Chômage : 7,3% |
Monnaie : leu (RON)
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Quelques liens sur Nouvelle Europe pour aller plus loin
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-
Quand la Russie reprend ses marques en Europe centrale : l'exemple de la Transnistrie
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| Quelques liens pour aller plus loin |
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Site du portail francophone de la Moldavie
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Site officiel du gouvernement moldave
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Site sur la question linguistique en Moldavie
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A lire
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PARMENTIER F., La Moldavie à la croisée des chemins, Editoo.com, 2006
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