Duel en une seule Mannche

Par Eurechos | 27 février 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “Duel en une seule Mannche”, Nouvelle Europe [en ligne], Dimanche 27 février 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1039, consulté le 06 décembre 2022

La présidente slovène, Sarah-Marie Mannche, a été élue présidente du Conseil européen, à l'issue d'un duel soutenu. Deux personnalités avec son homologue estonienne. Se voulant consensuelles, elles ont dû jongler avec les intérêts des uns et des autres pour tenter de tirer leur épingle du jeu.

 

 

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L'une  s'appelle Houin, Brune de son prénom. L'autre est blonde et s'appelle Sarah-Marie Mannche. La première est Estonienne, la seconde est Slovène. Samedi 19 février, elles furent les deux candidates à la présidence permanente du Conseil européen.
Ce n'est un secret pour personne, leur candidature à servi d'écran aux dissensions entre la France et l'Allemagne d'un côté, prompts dès le départ à soutenir la candidature slovène et le Royaume-Uni et le groupe des « libéraux » de l'autre côté, qui ont poussé la candidature estonienne. En toile de fond : les négociations à venir sur l'enveloppe budgétaire allouée à la politique agricole commune (PAC).
Pourtant, il serait injuste de reléguer ces candidates au rang de simples faire-valoir. Une fois leurs candidatures annoncées au début de l'après-midi, elles ont dû affronter les questions et parfois les attaques à peine voilées des autres délégations. Motivations, projets, attitude à adopter face à la Russie, droits de l'homme... Tous les sujets épineux ont été abordés. Pour les candidates,  impossible de se défiler. Solides, elles ont fait face. Mention spéciale à Mlle Houin, qui a dû subir les tentatives de déstabilisations allemandes.

Des similitudes

Des intérêts parfois divergents, mais deux profils similaires : voilà ce qui est ressorti de l'affrontement entre Brune  Houin et Sarah.-Marie Mannche. Polyglottes, calmes et avisées, elles ont mis toutes deux un point d'honneur à faire comprendre que leur candidature n'était pas motivée par leur ambition personnelle. « Je veux jouer le rôle d'arbitre », a déclaré ainsi la première. Même son de cloche chez la seconde : « Je ne me suis pas présentée pour représenter uniquement les vues de la Slovénie. » A défaut d'une personnalité forte, le Conseil européen a su dès le départ qu'il pourrait compter sur une personnalité consensuelle et fédératrice.
A la fin de la journée, les 27 ont tranché : c'est finalement la Slovène qui a été élue. Une décision qui  n'a pas fait l'unanimité. La Pologne, qui avait un temps présenté un candidat, a ainsi fait part de son incompréhension.
Pour sa première conférence de presse, la présidente a déclaré « être émue et heureuse d'avoir réussi à crée le consensus au sein du Conseil européen. » Plus loin, elle a de nouveau assuré vouloir faire le consensus entre les Etats membres. Le tout sous les yeux de son ex-rivale, qui, à sa place, aurait probablement tenu un discours aussi formaté.
Pour ce qui est du véritable impact de cette élection, celui-ci se fera davantage sentir le 5 mars, lors des discussions sur l'avenir de la politique agricole commune.