Quelle éducation à l'Europe ?

Par Philippe Perchoc | 29 mars 2008

  

Qui connaît le nom du président de la Commission européenne ? Celui de la capitale de la Slovaquie ? C'est un fait: l'éducation à l'Europe connaît une crise et celle-ci pourrait participer à une crise plus grande, celle des démocraties européennes. A l'heure où plus de 60 % du droit des Etats est décidé en commun à Bruxelles, comment négliger de parler d'Europe et des Européens ? Quelles modalités nouvelles de la communication à l'Europe pourraient être imaginées ?

Parler de l'Europe et des Européens

Les Européens font communauté. Cette réalité, largement présente dans les intitulés européens, peine à entrer dans les mentalités. En effet, si les élites européennes ressentent bien cette communauté de partage, les peuples européens s'en sentent parfois exclus.

D'une part, parce que les Européens connaissent mal leurs institutions : un certain nombre de gouvernements européens sont coupables de "faux et usages de faux". "Faux" en prétendant que tout ce qui réussit vient d'eux et tout ce qui ne marche pas "vient de Bruxelles". "Usage de faux" par tendance à nationaliser les réussites et européaniser les échecs. Cette attitude explique en partie que l'éducation à l'Europe ne soit pas ressentie comme une nécessité dans nombre de capitales européennes. Sinon, ce serait la disparition d'un "effet parapluie" bien utile.

D'autre part, parce que les Européens connaissent mal leurs partenaires européens. Or, comment accepter qu'un Estonien semble avoir le droit de décider ce qui se passe chez nous ? Personne ne questionnerait à Paris la légitimité d'un Premier ministre auvergnat à dire le droit pour les Bretons. Pourtant, 60% du droit appliqué en France est issu d'une négociation européenne. Sans créer le sentiment d'une appartenance commune, le processus d'intégration européenne sera de plus en plus critiqué.

Quels vecteurs de l'éducation européenne ?

Nouvelle Europe tente ce mois-ci de donner les éléments d'une réflexion sur les modalités d'une véritable éducation européenne, à l'Europe et aux Européens.

Depuis quelques années, l'Union européenne s'est saisie de dossiers éducatifs qui lui échappaient jusque là, comme celui de la réforme des Universités, dans le cadre du processus de Bologne.

Elle devrait s'impliquer beaucoup plus fortement dans l'éducation non-formelle à l'Europe, l'un des champs non-disputé de son action, par la promotion des échanges les plus divers entre Européens. La multiplication de ces échanges permettrait de diffuser auprès d'un nombre toujours plus importants de citoyens européen l'idée d'une appartenance commune. Lorsqu'un Slovène connaît des Néerlandais, leur mode de vie, leur "habitus", il accepte d'autant mieux que la participation de ces derniers à la législation commune de leur espace cmmun.

Elle devrait aussi prendre toute sa place dans la formation des formateurs, ce que Nouvelle Europe promeut sous le nom de programme HUMBOLDT. En effet, les institutions universitaires de formation d'élites européennes sont nombreuses et de qualité - comme le Collège d'Europe par exemple -, mais leur impact sur les citoyens est très faible. L'Europe doit trouver les moyens d'intervenir au plus près des citoyens et des jeunes.

Seule une action de terrain leur donnera la mesure de la profondeur de l'intégration européenne et pourra rompre "l'effet parapluie" qui décrédibilise l'Europe mais aussi les gouvernements nationaux.

 

Ce mois-ci dans notre dossier :

 

Source photo : © ® Marie C. Cudraz - © ® RdeKV, Heidelberg University Bibliothek stairs
 

 

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