Les Balkans occidentaux : dépasser les tensions

Par Capucine Goyet | 16 novembre 2011

  

« La Yougoslavie a six Républiques, cinq nations, quatre langues, trois religions, deux alphabets et un seul parti. » La fédération yougoslave n’existe plus ; néanmoins cette affirmation du Maréchal Tito est révélatrice des tensions qui ont pu naître dans la région ou qui y subsistent encore. À l’aune du XXIe siècle, les Balkans occidentaux se définissent toujours comme ce mélange d’hommes, de langues, de religions et de cultures diverses. Un véritable pot-pourri de nationalités et de minorités s’y déploie : Croates, Serbes, Bosniaques, Monténégrins, Albanais, Kosovars, Macédoniens, Roms... En raison de cette hétérogénéité, des tensions vives demeurent, et les derniers événements de l’actualité en sont une parfaite illustration.

On peut d’abord penser à la politisation de certains recensements effectués en avril et en octobre derniers dans plusieurs pays de la région et aux boycotts qui en ont découlé. Cette question du droit et de la représentation des minorités est également soulevée au Monténégro, où l’État se livre actuellement à une réforme linguistique non souhaitée par une partie de la population. Les revendications politiques semblent même s’être déplacées dans le domaine du sport, où le hooliganisme sévit, laissant place à une forme nouvelle de « poudrière ». Les relations entre Belgrade et Pristina ne sont pas encore apaisées. Néanmoins, l’arrestation des deux derniers fugitifs, Ratko Mladić et Goran Hadžić, semble clore le chapitre des déchirements belliqueux et des massacres passés et encourage une avancée progressive de la Serbie vers l’adhésion à l’UE. Il ne faut en effet pas oublier qu’au-delà du rôle de surveillance de certaines organisations ou institutions internationales, à l’instar du Tribunal pénal international pour l’ancienne Yougoslavie (TPIY) ou d’EULEX, seuls les peuples détiennent les clefs de la paix et demeurent les acteurs déterminants de la région  balkanique.

Dans La Langue sauvée. Histoire d’une jeunesse (1905-1921), Elias Canetti, l’écrivain cosmopolite d’origine bulgare, écrit que « l’Europe commençait là où finissait autrefois l’Empire ottoman ». Se dégage ici une autre spécificité des Balkans occidentaux : être un carrefour, une zone d’intersection, à la croisée de l’Europe et de l’Asie, du christianisme et de l’Islam. Aujourd’hui, les différents États de l’ancienne-Yougoslavie se tournent vers l’Europe et plus particulièrement vers l’Union européenne, qu’ils en soient déjà membres comme la Slovénie, sur le point de le devenir comme la Croatie en 2013 ou sur le chemin de la candidature… Mais ce mouvement vers l’Europe peut aussi s’accompagner d’un euroscepticisme grandissant. De l’autre côté, des relents d’ottomanisme persistent dans la région, la Turquie développant son influence économique et diplomatique.

Ce dossier se veut donc une exploration de toutes ces différentes problématiques balkaniques.

 

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Secrétaire adjoint de Rédaction pour le dossier de novembre 2011 : Jean-Baptiste Kastel, Responsable du pôle Balkans

 

Souce photo: Mostar Old bridge -Lubitel 2 shot par Anthony Guennegou sur http://www.flickr.com

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