L’ Europe de l’énergie en transition ?

Par Capucine Goyet | 5 mars 2013

  

 

Achèvement du marché intérieur pour l’énergie d’ici à 2014, développement du marché des énergies renouvelables (ENR) ou encore adoption d’une directive sur la sécurisation des activités gazières et pétrolières en mer : telles sont les priorités européennes définies par Günther Oettinger, commissaire européen à l’Energie, lors du premier Conseil Energie sous présidence irlandaise qui s’est tenu le 22 février dernier à Bruxelles. Alors que la nouvelle programmation budgétaire 2014-2020 est encore discutée, quelles transitions et tendances pour l’Europe de l’énergie ? Et quelle rôle pour le citoyen européen ?

Réfléchir à la question énergétique en Europe, c’est tout d’abord prendre en compte deux éléments : la prévalence du principe de subsidiarité, et l’émergence d’un espace de solidarité via la création de réseaux énergétiques. Par-delà l’hétérogénéité des mix énergétiques propres à chaque Etat-membre, on observe une intégration énergétique de plus en plus poussée via la libéralisation des marchés de l’électricité et le développement de réseaux transfrontaliers. Il convient alors d’analyser ces interactions en termes financiers, mais aussi sous l’angle de l’indépendance énergétique et de la sécurité d’approvisionnement. Certains acteurs politiques, à l’instar de Jacques Delors ou de Michel Derdevet, souhaiteraient créer une véritable « Communauté européenne de l’Energie », partant du principe que la création de pôles de R/D communs permettrait de mutualiser les efforts budgétaires autour de certains projets et serait moteur de dynamisme…

Dans le cadre d’« Énergie 2020 - Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre », les Etats membres se sont lancés dans un grand mouvement de transition énergétique afin d’atteindre les « trois fois 20 » (20% de réduction de gaz à effets de serre, 20% d’augmentation d’énergies renouvelables et enfin 20% d’économies d’énergie, i.e. efficacité énergétique). Bien que ce mouvement de transition énergétique soit commun, il est loin d’être homogène et se fait à des rythmes variés. Par exemple, le choix allemand de l’Energiewende correspond davantage à un revirement énergétique qu’à une simple transition (via la sortie du nucléaire notamment). Dans le cas français, le projet est de réduire la part du nucléaire afin d’augmenter celle des ENR, mais de manière plus progressive. En fait,  réfléchir à la transition énergétique, c’est aussi réfléchir à la question de la pauvreté énergétique : sur qui va-t-on faire porter l’effort de transition énergétique ? L’Allemagne a par exemple choisi de reporter les coûts du choix des ENR sur le consommateur, plutôt que sur les entreprises afin d’éviter toute perte de leur compétitivité. Quel va donc en être l’impact social ? Il ne faut en effet pas oublier que la facture d’électricité est un sujet d’intérêt général auquel une réponse politique doit être apportée. Autrement dit, les débats se doivent de n’être pas pure technicité, mais aussi incarnation des citoyens européens et de leurs intérêts…

Dans le dossier du mois :

Source photo : What kind of energy do we want ? par European Parliament sur flickr.

Ajouter un commentaire

HTML filtré

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.