Le livre européen du mois à Sciences-Po : rencontre avec Dan Franck

Par Anonyme | 25 mars 2010

Pour citer cet article : Anonyme, “Le livre européen du mois à Sciences-Po : rencontre avec Dan Franck”, Nouvelle Europe [en ligne], Jeudi 25 mars 2010, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1224, consulté le 28 octobre 2020

Le livre européen du mois est un projet collectif des étudiants du Master Affaires européennes de Sciences-Po. Ce mois-ci, l'équipe de choc a reçu Dan Franck, l'auteur de Boro reporter photographe, un aventurier dans l'Europe de l'Entre-deux-guerres.

 

 

 

Si vous n'étiez pas né Français, quelle nationalité européenne auriez-vous choisi ?

Hongroise

Quel est votre bar ou votre restaurant préféré en Europe ?

La closerie des Lilas

Quel est le cinéaste européen qui a accompagné votre découverte de l'art cinématographique ?

Frederico Fellini

Si vous étiez une ville européenne, laquelle seriez-vous ?

Prague

Vos héros dans la fiction ?

Arsène Lupin

Vos héros dans la vie réelle ?

Je n'ai pas de héros

Vos héroïnes dans l'histoire ?

Berthy Albrecht (résistante durant la Seconde Guerre Mondiale, décédée à la prison de Fresnes en 1943)

Ce que vous détestez ?

La mauvaise foi

Les fautes qui vous inspirent le plus d'indulgence ?

La mauvaise foi

Et celles qui vous en inspirent le moins ?

La lâcheté

Les aventures de Boro reporter photographe sont le fruit d'un travail commun avec Jean Vautrin. Comment peut-on écrire un livre (et même ici plusieurs) à deux?

Quand nous nous sommes rencontré Jean et Moi nous n'avions pas lu nos livres respectifs. Nous avons eu l'idée de Boro, d'un héros avec un handicap qui serait compensé par une très bonne maîtrise de sa canne dont il se servirait comme d'une arme et de femmes. Toutes les femmes aiment les héros. L'idée était de reprendre les bases du roman populaire mais d'écrire des romans politiques et très bien écrits. Avec Jean, nous avons donc écrit un feuillet et nous avons tout de suite trouvé un éditeur. Au début nous nous sommes dit qu'il faudrait écrire chacun de son côté de façon assez blanche et ensuite échanger nos textes. Quand nous avons vu le premier résultat nous nous sommes rendu compte que ça ne marchait pas. Jean Vautrin était incapable d'écrire d'une façon blanche. Les différences de style étaient trop grandes. Jean avait une écriture très passionnée tandis que j'étais beaucoup plus dans la retenue. Au final, nous avons décidé que lui rajouterait des choses à mes écrits et que moi j'en enlèverais des siens. »

Comment vous est venue l'idée de Boro ? Vous êtes-vous inspiré d'une personne réelle ?

Nous voulions un héros vraiment européen. Juif de son père mais pas de sa mère, hongrois de sa mère mais pas de son père, Boro appartient à partout et à nulle part. Son personnage est directement inspiré de Robert Capa, le photographe hongrois. Nous voulions créer un personnage politique et prendre partie sur des questions historiques. 

Dans une interview donnée à Rue 89 vous avez parlé de Boro comme d'un "rétroviseur". Pouvez-vous nous l'expliquer ?

Pour conduire, on a toujours besoin d'un rétroviseur. On doit pouvoir savoir ce qui se passe derrière nous. Connaître le passé c'est ne pas refaire les mêmes erreurs dans le présent. Il s'agit d'un travail de mémoire. 

Question : Vous en êtes aujourd'hui au huitième tome des Aventures de Boro, est-ce que vous ressentez un réel attachement aux personnages ?

Oui j'y suis très attaché. D'ailleurs, dans La Dame de Jérusalem, j'ai dû faire mourir Dimitri, un personnage présent depuis le premier tome et que j'aimais beaucoup et cela a été très dur pour moi . 

Pourquoi l'avoir tué alors ?

Je pense que les personnages, une fois qu'on les a créé, ont une vie propre. Quand j'ai commencé à écrire La Dame de Jérusalem je n'avais pas l'intention de le tuer mais à un moment ça s'est imposé à moi. Toute la vie du personnage a été liée à la lutte contre le fascisme et une fois à Jérusalem tout ça semble être terminé donc sa mort prend tout son sens. J'aurais pu faire en sorte qu'il ne soit que blessé, c'était facile, une balle de revolver n'est pas forcément mortelle, mais le moment pour lui était arrivé. 

En parlant de la mort des personnages, comment pensez-vous que Boro va finir ?

C'est justement un très grand sujet de discorde entre Jean et moi. Jean veut le faire mourir et moi non. Ca ne me déplairait pas si un jour quelqu'un décidait de continuer les Aventures de Boro. Nous ne sommes pas encore arrivé à nous mettre d'accord mais dans le premier tome Jean Vautrin a tout de même fait une ouverture lorsqu'il fait dire à une diseuse de bonne aventure : "Plus tard tu seras l'oeil qui surveille le monde. Tu iras regarder les hommes jusqu'au fond de leur nuit. Méfie-toi alors de ne pas mourir d'une balle en plein front."

Selon vous que penserait Boro de la construction européenne ?

Boro penserait sûrement que l'Union européenne que nous connaissons aujourd'hui n'est qu'une union économique, qu'elle ne permet pas le rapprochement des gens. Je pense donc qu'il s'en moquerait.

Pour vous, l'Europe c'est quoi ?

L'Europe s'est un beau projet. Le problème que j'ai avec l'Europe d'aujourd'hui c'est que pour moi, elle est libérale... Malheureusement, avant d'être un projet humain, c'est un projet économique. Voilà ce que je reproche à l'Europe. Attention toutefois à ne pas vous y méprendre : je ne suis pas euro-sceptique, je pense simplement que l'Europe peut mieux faire. 

Mme Ashton s'est très récemment rendu au Moyen-Orient et en Israël. Pensez-vous que l'Union européenne a un rôle à jouer dans le conflit israélo-palestinien ? Si oui, lequel ?

Oui définitivement. L'Europe a un rôle indispensable dans ce conflit, même s'il reste à définir. Ce qui est certain, c'est que le conflit israélo-palestinien est comme un cactus, peut importe comment vous le prenez, il fait mal. 

L'équipe du livre européen du mois - Sciences Po

Fanny Brûlebois, Antonia Doncheva, Tatjana Stepanova, Maeva Roulette

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