Approche des "Vies urbaines" en Roumanie avec la photographe Elsa Blondont

Par L'équipe | 10 février 2012

Pour citer cet article : L'équipe, “Approche des "Vies urbaines" en Roumanie avec la photographe Elsa Blondont”, Nouvelle Europe [en ligne], Vendredi 10 février 2012, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1422, consulté le 03 février 2023

De deux photo-reportages réalisés en Roumanie en 2002 et 2004, Elsa Blondont a tiré une série intitulée "Vies urbaines". Nouvelle Europe est allée à la rencontre de cette jeune photographe et présente ses captures d'une atmophère bien particulière. 

 

À quelle occasion avez-vous réalisées ces photographies ?

Cette série de 12 photos est extraite de reportages réalisés en 2002 et 2004, en Roumanie. J’avais entre 21 et 23 ans, c’est une période qui pour moi correspond à la liberté, l’envie de vivre des choses spéciales, loin de mon quotidien, de découvrir et raconter ce qui se passe ailleurs.

C’est une destination extraordinaire, comme un saut dans le passé, qui vous chamboule l’idée  que vous vous faites des mots "confort", "organisation", "envie" ou "besoin" !

Quelle est votre manière de traiter le photo-reportage ?

J’aime découvrir le quotidien des autres : que font les gens ? où ? pourquoi ? que mangent-ils ? que fêtent-ils ? …

Ces instants, je les ai récoltés un peu partout, avec beaucoup de respect, sans interrompre la vie qui passe. Je me classe parmi les photographes humanistes, ceux qui considèrent que leur sujet a autant d’importance que le lieu, l’espace, le contexte, dans lequel ils évoluent.

Le sujet et son contexte dépendent l’un de l’autre.

Qu'est-ce qui ressort, pour vous photographe, de cette vie urbaine de Roumanie ?

À travers ma vision de photographe, ce que je découvre, c’est un pays qui ne semble pas vivre dans le stress, malgré toutes les difficultés, personne ne paraît abattu par sa situation. Il règne une sorte de fatalisme.

J’ai constaté que la vie quotidienne était peu programmée. Les gens sont ouverts à l’imprévu, ça ne les perturbe pas, de toute façon ils trouvent des solutions : une personne va adapter son itinéraire à l’endroit que vous cherchez ; une voiture va s’arrêter pour vous dépanner spontanément sur la route ; le vendeur de pastèque va dormir près de ses fruits tant qu’il n’aura pas tout vendu…

L’imprévu fait partie du quotidien, c’est une autre façon d’envisager le présent et le futur proche.

J’ai pris plaisir à photographier la Roumanie, car ce pays était encore en complet décalage avec la France au début des années 2000 : les fils électriques semblaient indémêlables, les trous dans le bitume formaient des flaques d’eau infranchissables après une averse, les charrettes circulaient comme les innombrables Dacia (copie de la Renault 12)… J’ouvrais les yeux sur un présent bien réel et j’avais en même temps une idée du passé dans lequel mes grands-mères ont vécu. C'était pour moi une sorte de privilège.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source photos : Elsa Blondont. Tous droits réservés.