Avenir de l'agriculture : les attentes d'un paysan français

Par Eurechos | 18 février 2011

Pour citer cet article : Eurechos, “Avenir de l'agriculture : les attentes d'un paysan français”, Nouvelle Europe [en ligne], Vendredi 18 février 2011, http://www.nouvelle-europe.eu/node/1025, consulté le 06 décembre 2022

Alors que la Commission européenne a engagé, en décembre, la réforme de l'agriculture européenne, un agriculteur de Picardie livre son regard sur la future politique agricole commune.

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Luc Smessaert élève des vaches laitières depuis vingt ans. Cet agriculteur picard, qui cultive aussi des champs de betteraves, de colza et de lin, attend beaucoup de la future politique agricole commune, actuellement au cœur des discussions européennes. Il estime que la régulation est plus indispensable que jamais. Pourquoi l’UE ne mettrait-elle pas en place une aide au stockage ? «Le financement au niveau européen d’un plan silo qui serait progressivement pris en charge par les exploitations », affirme l’agriculteur, qui préside aussi la Fédération départementale des sydicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de l'Oise.

Concernant les outils de régulation des prix, M. Smessaert est plus qu’impatient sur l’issue des délibérations. « Hier, le blé a perdu 15 euros la tonne ! » constate-t-il. Le Commission européenne a pour projet de mettre en place des instruments de gestion des marchés agricoles qui permettront de lutter contre la volatilité des prix. Ce « filet de sécurité » pourrait ainsi garantir aux agriculteurs un prix rémunérateur. Or, pour que ce système fonctionne, « il faudra un budget européen conséquent», met en garde M. Smessaert. Il réclame «plus de transparence, pour que l’on sache enfin qui spécule sur les marchés de l’orge ou du colza ».

Diversité

Depuis 2003, les aides aux agriculteurs européens sont devenues moins liées au volume produit qu’à la surface des terres cultivées. C’est ce que l’on appelle le «découplage». Luc Smaessert, qui exploite la ferme avec son frère, touche environ chaque année 70 000 euros. Soit environ 15% de son chiffre d’affaires. «Mon frère et moi nous payons environ 2000 euros par mois chacun», explique-t-il.

L’agriculteur juge que l’Europe doit continuer à soutenir toutes les productions. « La force de notre agriculture, c’est notre diversité », explique-t-il. Le pire « que les régions se spécialisent dans une production ». C’est pourquoi « il est bon de maintenir certaines filières mal en point ou très concurrencées, comme la pomme de terre fécule », poursuit-il.

Il porte un regard critique sur les règles environnementales que l’Europe lui impose de suivre pour que les subventions lui soient versées.  « Comme tout le monde, les paysans n’aiment pas qu’on leur dicte d’en haut, ou de Bruxelles, la marche à suivre », confie-t-il.