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La Russie est de retour !
La Russie aurait-elle changée subitement avec l’arrivée des élections législatives et les questionnements autour du maintien de Vladimir Poutine au pouvoir ? Non, bien sûr. Le retour de la Russie sur la scène européenne et internationale est un phénomène lent mais constant depuis le début des années 2000. Pourtant, l’environnement occidental de la Russie s’est profondément transformé depuis la chute de l’URSS, beaucoup de pays de sa zone traditionnelle d’influence étant entrés dans l’Union européenne et l’OTAN. Dans la CEI même, les tentations occidentales existent en Ukraine ou en Moldavie. Dans ce contexte, la question d’une analyse des relations d’une Russie revigorée avec ses voisins européens se pose.
La Russie : une puissance comme les autres ?
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Au sortir de la Guerre Froide, la Russie était désorientée, dépecée de
son empire séculaire et sous la coupe d’oligarques qui profitèrent du
malheur de millions de Russes face à la transition.
On l’a souvent oublié, mais la transition économique fut très brutale
en Russie. La « thérapie de choc » importée de l’Ouest fut imposée,
mais elle fut d’autant plus problématique que le pays devait gérer ce
qui fonde son identité même, son immensité.
L’espérance de vie moyenne baissa fortement, tout comme le niveau de
vie des Russes alors que d’autres, souvent déjà favorisés sous un
régime qui ne permettait pas l’étalement public des richesses,
profitaient d’une législation lacunaire pour s’enrichir.
Le secteur énergétique fut une cible privilégiée des oligarques, mais
aussi de compagnies internationales qui profitèrent de la situation
pour signer des contrats très avantageux sur le long terme.
Les atermoiements d’Eltsine donnaient l’impression que la Russie
n’était plus entendue que quand elle suivait la nouvelle
hyper-puissance américaine.
Washington semblait d’ailleurs faire peu de cas de ce que pensait le
Kremlin. L’opposition de Moscou à l’élargissement de l’OTAN, son cri
d’alarme sur la situation des russophones dans l’espace post-soviétique
(et particulièrement balte) semblaient totalement inaudibles. Perte de puissance, perte d’empire, perte de niveau de vie, la Russie
apparaissait aux yeux des Russes comme un pays à la dérive.
Dans ce contexte, l’arrivée de Vladimir Poutine comme Premier ministre
en 1999 puis comme Président de la Fédération de Russie en 2000 est
apparue comme une divine surprise pour les Russes.
L’homme, ancien des services secrets, ne semblait pas résigné au
pouvoir des oligarques, ni au destin de la Russie comme puissance
moyenne sur la scène internationale. La Russie, comme la France et les
Etats-Unis, se sent une vocation universelle et Poutine semblait
vouloir renouveler celle-ci.
Perte d’empire, perte d’influence ?
Il faut distinguer dans l’ex-empire russe, deux zones. La première
était celle d’une domination directe, intégrée à l’URSS ; l’autre,
celle d’un protectorat sur les anciens pays membres du Pacte de
Varsovie.
La CEI a été le moyen de prolonger l’influence russe dans des régions
dominées par elle depuis plusieurs siècles : ensemble Biélorussie -
Ukraine - Moldavie et Asie centrale. Seuls les Pays baltes ont échappé
à ce sort, à force de détermination des élites et d’aide américaine et
européenne. Pourtant, leur indépendance de l’Entre-deux guerre
constituait un intermède dans trois siècles de domination russe.
On a beaucoup insisté ces dernières années sur l’arme énergétique
utilisée par Moscou pour garder les pays de la CEI dans sa zone
d’influence. Il ne faut pourtant pas céder à la diabolisation
systématique de la Russie : l’augmentation progressive des prix du gaz
est aussi liée à la candidature du pays à l’OMC. L’économie de marché,
c’est vendre les hydrocarbures au moins au prix qu’ils coûtent, même
aux amis. Ensuite, tout est question de plus-value.
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Dans le dossier
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De l’autre côté, les anciens membres du Pacte de Varsovie ont presque tous intégré l’Union européenne depuis 2004. Les Pays baltes sont les seules anciennes républiques soviétiques à l’avoir fait.
Derrière le rideau européen, ils tentent de créer de nouvelles relations avec l’ancienne puissance dominante. Ils tentent aussi, avec peu de succès, d’orienter la politique européenne vis-à-vis de la Russie en fonction de leurs intérêts. Le cas de la Pologne est ainsi, emblématique.
D’une stratégie de domination, le Kremlin est passé à une stratégie d’influence dans son étranger proche. En ce sens, on peut penser que ce nouveau mode de relations est « normalisé » : toutes les grandes puissances (et les Etats-Unis les premiers) règlent leurs relations avec leurs voisins sur ce mode.
Pourtant, dans le contexte des dernières évolutions internes russes, la question se pose de la poursuite de cette politique étrangère peu à peu normalisée avec les nouveaux Etats membres de l’Union européenne.
Pour ce qui est de l’espace post-soviétique proprement dit, la CEI, la gestion politique des derniers conflits gaziers semble montrer qu’il ne s’agit pas d’une simple mise aux normes internationales, dans le cadre de l’OMC…
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