|
Les différentes facettes du sujet sont intimement liés.
La Slovénie est le cas doublement exemplaire d'une ancienne république
yougoslave ayant rejoint le coeur de l'Europe : cette année 2008 marque
pour elle l'entrée dans l'espace Schengen, après l'adoption de l'Euro
l'année dernière. Ljubjana fait ainsi partie du cercle restreint des
pays participant aux politiques les plus intégrées de l'Union
européenne.
Cette prise de présidence est donc tout un symbole. Celui d'une
Slovénie ayant réussi une transition économique et politique rapide
dans un espace ex-yougoslave déchiré. Le pays cumulait le double
handicap de la difficile reconversion, comme tous les anciens pays de
l'Est, mais aussi de l'explosion meurtrière du seul espace européen
ayant connu la guerre depuis vingt ans.
Et la Slovénie entend bien ne pas négliger cet
héritage auquel elle a été parfois tentée de tourner le dos depuis le
milieu des années 1990. Elle a placé les relations euro-balkaniques au
coeur du programme de sa présidence. Il faut dire que les pays de la
région connaissent chacun des situations singulières : de la Croatie et
la Macédoine qui ont un statut officiel de candidats au Kosovo, sous
protectorat européen, dont l'avenir est bien incertain.
Pour faire avancer ses priorités, cette présidence slovène est une
chance car l'institution est elle-même en transition : l'adoption du
traité de Lisbonne et sa mise en oeuvre en 2009 devraient créer une
présidence stable de l'UE pour deux ans et demi, ce qui stoppera la
présidence tournante qui permettait à un pays une fois tous les 13 ans
et demi de tenter d'influer l'agenda européen.
Il semble que les Slovènes sauront saisir cette chance.
|